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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 3)

jdd
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Rester chez soi, c’est surfer sur Le Monde un livre à la main. Retour sur les premiers scoops de 2009 et sur ceux de la fin 2008 : Jean-Louis Debré, Jean d’Ormesson, David Abiker, Jacques Généreux, Roger Pol-Droit, Olivier Duhamel, Raphaël Enthoven, Pascal Bruckner, Jean Peyrelevade, Bruno Dive, Fatou Diome, Danielle Thiery, Tonito Benacquista, Daniel Zagury, Jules Grasset s’étaient prêtés avec humour et sympathie au jeu du Calamar lors de la 61e Journée des Dédicaces.

La semaine dernière, nous passions en revue la larme à l’œil les évènements marquants de l’année 2008 avant de passer tout guillerets à l’année 2009, qui se révèle déjà mutine, fidèle à ses promesses. En effet, 2009 c’est l’année du scoop, c’est décidé, c’est la crise, plus de Petit Marseillais Shampooing démêlant Enfants, on nous annonce pêle-mêle que :

  • Ségolène Royal, déjà très chaude pour le prix de l’humour politique, blague en déclarant « oui, j’ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copié ». A noter que Le Monde précise : « Soudain, on lui apporte une enveloppe. A l’intérieur, le ticket béni. Elle ne sera ni au premier rang, ni même au vingtième. Mais elle aura été là, à 200 mètres du lieu ou Barack aura prononcé les mots d’acceptation qui en auront fait le 44e président des Etats-Unis. Elle pourra dire “j’y étais” et se moque bien des commentaires aigres-doux qu’elle pourra susciter, à gauche ou à droite, en France. » A noter que lors de la cérémonie d’investiture en direct à ScPo, Duhamel a interrogé ébahi un 3A situé « non loin » du lieu du crime (euh, de l’investiture). Et oui, un 3A « pas loin » d’Obama, c’est l’hystérie à Sciences Po; une Ségolène Royal « à 200 m » d’Obama, on lui conseille de rester chez elle. Nous sommes ingrats.
  • Très en forme, le Monde toujours rappelle la citation de Sarkozy début Janvier : « Rachida, quand je lui dis quelque chose, elle le fait ». Cette dernière aurait accepté une place de n°2 sur les listes européennes. Étrangement, l’annonce semble plus discrète que celle d’une grossesse ou d’une supposition de paternité…
  • Dans la même lignée, Mesdames, tirez un trait définitif sur vos fous espoirs amoureux, Roger Karoutchi a annoncé officiellement son homosexualité ! Au passage, Voici / Le Monde toujours nous annonce que « Le ministre confie que “le comportement naturel” du président Nicolas Sarkozy, qui invite son compagnon aux réceptions privées et officielles à l’Elysée, au même titre que les conjoints des autres ministres, a “facilité” sa décision de révéler son homosexualité. Le premier ministre, François Fillon, a “le même comportement” pour les invitations à Matignon, explique-t-il. ». Comme d’habitude, on ne passe pas outre l’obligation de désamorcer les possibles accusations d’homophobie. La nouveauté, c’est quand même l’intéressante insinuation d’un Élysée et d’un Matignon salle de fêtes pour politiques las de rester chez eux. On se permet même d’inviter des « secrétaires d’État chargés des relations avec le Parlement ». Mais que fait Bayrou et sa politique de rigueur ?! Ah oui, il reste chez lui, c’est vrai.
  • Celui qui ne reste pas chez lui, c’est évidemment Obama, en charge de sauver le monde. Et ben il est pas rendu. Le Washington Post tire la sonnette d’alarme : pour le nouveau président, « No Facebook to communicate with supporters. No outside e-mail log-ins. No instant messaging. » (Richard Descoings ne pourrait donc pas être président des USA). Pas mal de collaborateurs sans téléphone ni ordinateur, certes, mais surtout, l’équipe habituée à travailler sur Macintosh s’est retrouvée face à des « ordinateurs démodés avec une version de Microsoft datant de 6 ans » (ça s’appelle XP, bonjour). Si leurs projets messianiques louzent, ils auront une excuse. Mais moins que celle des équipes de George Bush : « there were no missing letters from the computer keyboards, as Bush officials had complained of during their transition in 2001. ». Ys, w can.

Mais le début d’année c’est aussi l’entrée dans la période propices aux récompenses. Aussi, Samedi dernier, les habituels NRJ Music Awards se tenaient afin de récompenser les artistes de 2008. Et ben ça a pas loupé : Jenifer et Christophe Maé artistes francophones de l’année, avec un petit bonus « chanson française » pour Christophe, qui, je vous le rappelle, figurait en bonne place sur nos tracts, appelant à l’attacher et à l’abandonner.

Tant de récompense, tant de scoops, c’est évidemment le moment pour se remémorer la « 61e Journée des Dédicaces » de Sciences Po, l’ « événement littéraire » où plus de 100 auteurs avaient accepté de venir supporter quelques heures les allées et venues des pipoteurs à la recherche des stars incontournables, tout en ayant aucun espoir de récompense. Centré sur le polar, joliment décorée par les activistes du BDA, la 61e journée des dédicaces a attiré plutôt moins de monde que l’année dernière, malgré un panel d’auteurs alléchant (pour qui les connaissait).

Le Calamar, présent sur les lieux du crimes, ne fera pas la liste des auteurs présents (pour cela, http://www.bdarts.org/JD/ donne toutes les informations). Il vous fera juste profiter des interviews exclusives qu’il a réussi à obtenir.La question trouvée en 10 minutes fut : « Si vous veniez à Sciences Po, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ? », approved by Roger Pol-Droit.

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Roger Pol-Droit : Celle-ci !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Jacques Généreux : Ah, c’est une question difficile. Mes auteurs favoris sont morts : ce sont Jésus, Freud, Marx. Alors, je demanderais, pourquoi est-ce qu’il écrit ? Est-ce pour la même raison que moi, c’est à dire pour plaire aux femmes ?
CD : Oui, certes, vous plaisez aux femmes qui font de l’économie.
Jacques Généreux : Oui, regardez, j’ai écrit ça. * rires, montre ses livres d’économie*
CD : Donc, vous pensez que Marx a écrit pour plaire aux femmes ?
Jacques Généreux : Oui, probablement.
CD : Et est-ce que Jésus, si tant est qu’on puisse dire qu’il écrivait, faisait de même ?
Jacques Généreux : Et bien, il n’écrivait pas !
CD : Insinuez vous que Jésus ne savait pas écrire ?!
Jacques Généreux : *rires* Ah, mais je n’en doute pas, à l’époque, c’est fort possible.
CD : Bon, alors pensez-vous que Jésus parlait pour plaire aux femmes ?
Jacques Généreux : Et non, car il n’écrivait pas. Je suis cohérent !
CD : Effectivement, CQFD. Merci d’avoir maximisé notre courbe de bien-être !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Tonito Benacquista : Mon auteur préféré c’est Flaubert. Ma question ce serait : à quand le prochain ?
CD : Et vous, à quand le prochain ?
Tonito Benacquista : Pas de pronostics, mais je suis en plein dedans …

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Danielle Thiery : Comment vas-tu ?

Calamar Déchainé *impressionné parce que C’EST DEBREEEE* : Bonjour Monsieur Debré, pourriez- vous nous accorder quelques minutes pour le Calamar Déchaîné ?
Jean-Louis Debré : Pour le Calamar Déchaîné, oui, je connais bien, oui.
CD : Et bien, merci de nous annoncer notre renommée au Conseil Constitutionnel… La question est : si vous pouviez poser une question à votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, laquelle serait-elle ?
Jean-Louis Debré : Quand est-ce qu’on dîne ensemble ? Et puis, qui es-tu ?

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Pascal Bruckner : * hésitation* Probablement « pourquoi écrivez-vous ? »
CD: Et selon vous, quelle serait la réponse ?
Pascal Bruckner : Probablement parce qu’il ne sait rien faire d’autre !

Calamar Déchaîné : Monsieur D’Ormesson, pourriez-vous faire l’honneur de répondre à une question pour le webzine culturel Le Calamar Déchaîné ?
Jean d’Ormesson *me glisse à l’oreille* : Je vais vous faire une confidence. Je n’aime pas trop la culture.
CD *rires* : Oui, mais si vous alliez dans une journée de dédicaces …
Jean d’Ormesson : Je vais rarement aux dédicaces quand ce n’est pas moi qui les signe ! Eventuellement, à une journée des dédicaces, je demanderai à mon auteur “qu’est-ce qu’il fait là” ?
CD : Et vous, qu’est-ce que vous faites là ?
Jean d’Ormesson : Je me le demande !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Jean Peyrelevade : Pour quelle raison écrivez vous ?
CD : Et vous ?
Jean Peyrelevade : Par plaisir !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
David Abiker, entre bruits de bouches et champagne : Je demanderais à Douglas Kennedy pourquoi est-ce qu’il écrit en se mettant à la place des femmes ?
CD : Jacques Généreux nous a avoué écrire pour plaire aux femmes, quelle est votre position à ce sujet ?
David Abiker : Non, les hommes écrivent pour plaire aux lectrices qui font le marché de l’édition.
CD : C’est donc pour ça, la couverture rose de votre nouveau livre ?
David Abiker : Non. C’est mieux que jaune pipi.

Fatou Diome, très sympathique, fut la seule à nous vanner réellement sur le Calamar, et attend avec impatience qu’on lui fasse goûter du Calamar à notre sauce. (rdv l’année prochaine) A notre question, après un silence, elle nous répond :
Fatou Diome : Et bien, je demanderai à mon auteur préféré, comment il se sent après avoir écrit un livre ?
CD : Et vous ?
Fatou Diome : Je déteste terminer un livre, je commence l’autre alors même que je n’ai pas terminé le premier pour toujours avoir quelque chose en cours … Comme je n’aime pas terminer de lire un livre. Mais la question c’est l’écrivain qui aimerait la poser au lecteur. Qu’est-ce qu’il attend ? Ils sont tous différents ! C’est impossible …

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Olivier Duhamel : Et bien, ayant un de mes auteur préféré à côté de moi, je lui ai proposé de faire un projet ensemble, et ça s’est fait.
Raphaël Enthoven (l’auteur en question): Moi j’aimerais poser une question à Olivier Duhamel : pourquoi est-ce qu’il aime autant Martine Aubry ?
Olivier Duhamel fait alors des messes basses …

Avec Bruno Dive, la discussion fut un peu plus centrée sur son livre, Air Sarko.
CD : Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ? Pourquoi Air Sarko ?
Bruno Dive : Je suis journaliste à Sud-Ouest. J’ai donc eu la chance de voyager beaucoup, et d’accompagner Sarkozy sur une dizaine de voyages, comme j’avais pu accompagner son prédécesseur Jacques Chirac. Je me suis donc dit que c’était un bon créneau pour écrire un livre !
CD : Et quel fut finalement, le voyage le plus intéressant ?
Bruno Dive : Il y en eut beaucoup … Le Tchad, l’Afrique du Sud … Pour les récents évènements, pour Mandela, et aussi parce que c’était le 1er voyage de Carla, chose dont on n’était pas au courant. Nous étions donc assez peu à couvrir le déplacement. La Chine, le Vatican ou encore l’Inde, furent tous intéressants. Mais dans l’ensemble, ce sont des voyages éclairs. Celui en Inde s’est déroulé à une période tendue avec la presse, il y eut un briefing très « règlements de comptes » …
CD : Quel fut le voyage le plus décevant pour le moment, de votre point de vue ?
Bruno Dive : Et bien ce fut celui au Royaume-Uni, où il y eu beaucoup de on-dits et de racontards.

Soudain, un certain Gabriel, membre de qualité de l’équipe du Calamar passa par là.
CD : Cher Gabriel, si vous étiez auteur, qu’est-ce que vous diriez aux gens à cette journée des dédicaces ?
Gabriel : Profitez de la lecture, c’est un moment merveilleux !
Guillaume (ami) : Surtout quand il y a des images.

Mais revenons aux vrais écrivains. Daniel Zagury demanderait pour sa part à son auteur préféré des questions techniques, sur des éventuelles incompréhensions. Le thème de la petite discussion avec lui fut sur son sujet d’écriture : les tueurs en série !
Daniel Zagury : J’ai voulu donner au lecteur le fonctionnement psychologique, l’économie psychique qui pousse à, lui faire sentir la réalité et le distancier d’Hollywood.
CD : Pourrions-nous dire qu’un bon écrivain suit cette économie psychique de la série ? Un serial writer, d’une certaine manière ?
Daniel Zagury : Oui, bien sûr. Le terme de « crimes en série » vient lui-même des feuilletons …

Quant à Jules Grasset, il affirme avoir écrit sur Saint Germain parce qu’il y travaille. Voulant donner au livre un cadre réel, essentiel au vu des inventions qui font le reste de l’œuvre, il s’en est donc inspiré.
CD : Vous ne trouvez pas cela vicieux ?
Jules Grasset : Vous êtes plus forte que moi en psychologie …

A la semaine prochaine ! Nous parlerons régimes et soldes …

Un grand merci à tous les auteurs, ainsi qu’à Aude pour m’avoir assistée dans ma mission.

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