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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 4.2b)

pizza hut cheloue

(Suite de l’article 4.2) La « méthode simple », c’est simple : profiter de la vie sans se priver de rien, écrire comme un enfant pré-pubère qui découvre la beauté poétique des jonquilles, mettre des mots en gras et en majuscules pour faciliter la lecture aux analphabètes (ne manque que les images), pour donner un concentré d’instructions purement altruistes. OUI Allen a gagné de l’argent en écrivant 200 pages de « la cigarette je ne vous dis pas d’arrêter mais c’est dégueulasse, quand même », OUI Allen continue de vendre des livres, mais ce n’est que dans un seul but : aider l’humanité à devenir un écureuil.

En effet, je commençais à désespérer de phrases aussi pathétiques que « vous le savez peut-être, j’ai acquis une certaine notoriété en découvrant, il y a quelques années, une méthode qui permet à n’importe quel fumeur d’arrêter sans peine, et même en trouvant ça agréable. Aujourd’hui, je suis considéré comme le plus grand spécialiste mondial de l’assistance aux fumeurs qui souhaitent arrêter. » ou encore « Si vous étiez idiot, vous ne liriez pas ce livre. ». Quand tout à coup, alors que je commençais à sauter de plus en plus de pages emplies de questions/réponses aux allures d’avancées scientifiques (« on aime manger, mais on ne prend aucun plaisir à se bourrer de nourriture »), j’arrivais à la fin du chapitre I, qui se termine par « Je vous ai dit que le secret du contrôle du poids m’était apparu grâce à trois évidences. La première, et la plus importante, je la dois à … L’écureuil »

Là tu te dis, putain, le mec il se la joue spécialiste renommé et il ose terminer un passage de questionnement pseudo-philosophique sur le pourquoi mange-t-on pourquoi se sent-on malheureux pourquoi j’ai gagné de l’argent et pourtant je continue à vous faire chier par L’ECUREUIL en gras et centré à la fin du chapitre. C’était devenu mon idole.

Et la suite valait effectivement le coup : Allen nous explique qu’il en veut à son chat quand il mange un oiseau, et que l’écureuil planque de la bouffe, lui qui reste relativement svelte toute sa vie. Ne vous méprenez pas. Allen ne nous demande pas de faire faire les courses par notre grand-mère atteinte d’Alzheimer pour ne jamais retrouver la nourriture. Il va nous expliquer que 99,99% des animaux ne sont pas obèses (d’où sort ce chiffre, on sait pas) parce qu’ils mangent ce que le constructeur a mis dans la notice. La grande analogie du philosophe Carr, c’est que le corps humain n’est qu’une voiture (imaginez s’il s’appelait Pilloww), et que le concepteur c’est Dame Nature.

Collector, des pages et des pages sur les doutes divins d’Allen : pourquoi tant d’épreuves, pourquoi Dieu nous laisse-t-il pêcher (parce que le poisson, c’est bon ?) ? Allen a la véritable preuve (car preuve est un synonyme de connerie pour Allen) de la non-existence de Dieu : « Mais la véritable preuve, pour moi, c’était qu’on ne commettrait sûrement pas de pêchés si on se croyait constamment sous le regard de Dieu. ». Miam, la débilité avec un filet de philosophie, ça fond sous la langue.

Bref, Allen délire sur Darwin, et une page plus loin t’explique qu’il est évident que nous avons été créés par une force supérieure, la preuve, « si vous trouviez une Rolls-Royce toute neuve au milieu de la poussière lunaire, douteriez-vous une seconde qu’elle ait été fabriquée par un créateur intelligent ? Pensez-vous vraiment qu’une chose aussi complexe qu’une voiture aurait pu voir le jour par le fruit du hasard ? Il faudrait être complètement idiot pour arriver à une telle conclusion. » Idiot. C’est le mot, merci.

On combat la peine de mort, le dépeçage des bébés phoques, la vie chère, mais on se fourvoye, braves gens. L’Homme est victime de l’Homme, d’un lavage de cerveau nutritif ! Alors pour se libérer de ce joug, une seule solution : adhérer à la secte Carr. A la base, tu es un schizophrène qui sait que manger, c’est bon et utile, mais qu’il ne faut pas abuser, et puis t’aimes ça, mais faut pas abuser, et puis zut. Donc tu vas suivre les instructions (recette proposée par un certain « Dieu » : proposer un contrat -avec à la clé une récompense- avec quelques règles courtes et précises à respecter. Pour des raisons de commodité, Allen a remplacé les tables de pierre par des feuilles de papier. Concept repris par le Code Civil, Secret Story, l’entreprise de Bashung qui ne connait pas la crise) dont la première d’entre elle est : « suivez les instructions ! ». On y pense pas assez.

Mais Allen c’est aussi un mec tout plein de bon sens et de culture. Philosophe, il parle de Dieu en citant John Wayne : « mais comme disait John Wayne, « un fusil n’est qu’un outil, ni meilleur ni pire que celui qui le brandit ! » ». Il parle morale, éthique, « a priori »-se à la Kant et donne des définitions à la Spinozouzou « LES APPORTS : Nos apports élémentaires, c’est à dire le volume et le type de ce que nous mangeons. / LES DEPENSES : Nos dépenses énergétiques et les déchets que nous éliminons. »

Et pourtant, modeste avec tout ça : « Pendant des années, je me suis enorgueilli de mon cerveau logique, analytique, d’expert-comptable. La vérité est que je n’avais pas plus d’esprit qu’une moule géante. » (bonjour les F&S). Un homme qui brillera pourtant par sa jugeote et son humour tout au long du livre, dans cette fameuse technique de la question existentielle/réponse improbable : « comment se fait-il que les éléphants vivent plus vieux que les hommes alors qu’ils n’ont ni maison, ni vêtements, ni docteurs, et qu’ils ne peuvent pas emmagasiner la nourriture ? » «  pourquoi cette répugnance quand nous découvrons un asticot dans une pomme ? Après tout, si on va par là, il doit être constitué à 98% de pomme ! » (ouais et donc les 2% ?).

Un homme qui sait admettre les choses simples (« Pendant des années, j’ai été constipé. »), et poser les vrais problèmes, risquer sa notoriété si méritée pour nous : « Imaginez que vous soyez naufragé sur une île déserte. Un pilote de Canadair repère vos feux de détresse, déverse de l’eau dessus et rentre allègrement à la base en se disant : « Encore un problème de réglé ». Vous pensez que je vais trop loin ? ». Ben en fait, je m’en fous.

Le problème principal d’Allen, c’est qu’il ne peut s’empêcher de faire des phrases aussi li(m)pides que : «  parce que nous ne comprenons pas la raison de nos actions instinctives et que nos actions raisonnées sont basées sur des déductions logiques, chaque fois que notre raison contredit notre instinct, nous croyons logique d’opter pour la raison. », de nommer ses chapitres avec des chiffres romains, et de nous flipper à la page 89 en disant : « je vous parlerai du sport dans le chapitre XXXIX ».

Heureusement, comme ce livre est un peu pour les gens qui veulent maigrir et pas découvrir les ressorts profonds de notre psychologie, les chapitres font en général 2/3 pages. Ouf, parce qu’au chapitre XI ont en revenait quand même à la base : « Pourquoi mangeons-nous ? » (sa réponse : parce qu’il le faut. Je déconne pas.) Allen se fait ensuite plaisir en théorisant la longueur du cou de la girafe, la différence entre un termite et une chèvre, le syndrome du saut en plastique (c’est comme si tu mettais au lieu de l’essence dans ta voiture des bouts de saut en plastique et que tu soufflais dessus), la marge de malbouffe …

Il ne nous interdira rien mais nous dira que quand même, on est pas programmé pour manger de la viande (la preuve, « nous mangeons de la vache. (…) Elle est végétarienne. L’éléphant, la girafe, l’hippopotame (…) sont tous herbivores. Si ces prétendus experts nous recommandent de manger du muscle pour obtenir des protéines, logiquement, ils devraient nous conseiller de manger des os et des dents pour nous procurer le fer et le calcium dont nous avons besoin. En poussant le raisonnement un peu plus loin, pourquoi ne mangerions-nous pas carrément de la limaille de fer et de la craie ? Parce que ce serait ridicule. ») ni du lait une fois adulte (la preuve, « même les vaches n’en boivent pas ! ») mais des fruits (la preuve, « le fait est qu’on survit beaucoup plus longtemps sans manger que sans boire. Alors, ne croyez-vous pas que les aliments riches en eau doivent avoir une meilleure valeur nutritive ? » CQFD.). En gros, ça donne des céréales au jus d’orange (oui oui), et la preuve que la viande c’est pas bon : « revenons à ces sauces avec lesquelles nous agrémentons notre viande : avec l’agneau nous mettons de la menthe, avec le porc de la compote de pommes, avec la dinde, des airelles, avec le bœuf, du raifort ou de la moutarde, avec le poulet, une confiture d’oignons et de sauge, avec la viande froide des cornichons … »

Si avec ça, vous ne maigrissez pas en profitant de la vie, prêts à courir dans les bras de l’homme/la femme de votre vie ! Courir plein de phéromones post-valentiniens, évidemment. Qui voudrait faire cet inutile exercice physique (et pourtant, on libère les phéromones par transpiration, qu’il paraît) ? Comme le dit Allen Carr, « on ne voit pas les escargots et les tortues courir dans tous les sens, et pourtant, il n’y a pas de tortues et d’escargots obèses ». Une prise de conscience extraordinaire pour 6€90 en Pochotèque.

Merci et à vendredi prochain pour : « Le monde est-il français ? »

Merci à Aude pour m’avoir permis de découvrir les oeuvres d’Allen Carr 😉

Pour aller plus loin

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 4.2a)

pizza hut cheloue

“The History of every major Galactic Civilization tends to pass through three distinct and recognizable phases, those of Survival, Inquiry and Sophistication, otherwise known as the How, Why and Where phases. For instance, the first phase is characterized by the question How can we eat? the second by the question Why do we eat? and the third by the question Where shall we have lunch?

The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy

Le chef cannibale soulève le couvercle de la marmite de temps en temps, et avec une énorme fourche, il pique le mec qui est en train de cuire !
– M’enfin! lui dit un autre cannibale, Foutez-lui au moins la paix ! On le fout déjà au court-bouillon, alors si en plus on le torture …
– Quoi !? Mais tu ne vois pas qu’il en train d’bouffer tout le riz !

On vous a dit que pour votre santé, il vous fallait pratiquer une activité physique régulière. Pourtant, vous restez sceptique quant à l’effet d’un trajet maison > boulot en vélib’ (en l’absence momentanée de votre chauffeur personnel, un peu malade à force de se nourrir de pâtes matin midi et soir) face à votre déjeuner « Jaune d’oeuf de poule au caviar, golden oscietre*, gelée de pomme acide aux graines d’anis / Noix de ris de veau en écaille de châtaignes fraîches, fragula liée au beurre de truffe blanche / Poire cuite en croûte en sucre au sésame, glace au miel de sapin, feuillets glacés “à la royale” » à 334 € du lundi au vendredi à l’Hôtel Meurice. Si vous ne savez pas exactement qu’est-ce qu’un/e golden oscietre, une gelée de pomme acide (acétylsalicylique ? Et là tout s’explique, pomme aspirine pour Blanche-Neige qui avait ses règles, perte de sang fluidifié en continu, coma.), un ris de veau en écaille (un serpent ?!), une fragula (une araignée ?) ou encore une truffe blanche (Brice Hortefeux a eu un bon bilan), vous êtes peut-être sauvé. Ou alors vous êtes le chauffeur personnel.

Manger, bouger, c’est notre mot d’ordre jusque sur nos écrans, et pourtant  les contradictions sont nombreuses. Tout d’abord, le faire dans la limite  du raisonnable : ne pas se précipiter sur le premier saut à l’élastique  disponible après une orgie de tripes froides sous prétexte que ça y est,  vous avez enfin les tripes pour. Et surtout, ne pas le faire en même temps : à tout hasard, un saut à l’élastique en mangeant une soupe, c’est une  connerie.

L’hiver des chocolats, foie gras, huîtres, dinde se termine, propice à  l’affolement de la balance. Heureusement, c’était la crise, alors soldes ou  pas, vous avez dû revoir à la baisse les engrenages interminables et  douloureux : avouer du 36, commencer par essayer du 38, rentrer dans du  40, acheter du 42 dans la nouvelle collection. Et pourtant, vous êtes peut-être seul(e) et/ou récemment largué(e) (bonne St Valentin !). Qu’est-ce qui cloche avant Pâques ? Votre compte en banque ? Votre réveil (haha !) Votre intelligence/humour ? Votre façon de vous habiller ? Votre poids ? Tout en même temps ? Il faut réagir ! Étudions ensemble ce que la majorité silencieuse propage dans un grondement sourd comme les spécimen idéaux de la race humaine. A noter que la majorité silencieuse étant par définition inaudible/illisible, je pourrais lui faire dire toutes les conneries que je veux, mais je pense qu’il est bien plus Pareto optimal pour moi de relater les conneries des autres.

Selon une étude des Universités de Durham et St Andrews, « [les hommes] avec des traits plus fins, des lèvres arrondies, des yeux plus larges et des sourcils plus incurvés sont au contraire perçus comme de meilleurs partenaires potentiels pour une longue relation. Les hommes apparaissant en bonne santé sont aussi mieux notés en terme de personnalité que ceux ayant l’air moins bien portants. Et les visages âgés sont généralement vus plus positivement que les plus jeunes. »

Du côté masculin, après divers modèles de beauté (une rétrospective ici : http://www.linternaute.com/femmes/beaute/0704-histoire/presentation.shtml) « Le professeur Singh, psychologue à l’université d’Austin au Texas, (…) vient de découvrir que, pour un homme, le véritable critère d’attirance chez une femme est le rapport entre le tour de la taille et le tour des hanches et que le rapport idéal se situe entre 0,6 et 0,7. ». (Le lien vers l’article est disponible en fin de RCV, mais j’émets déjà une critique : ce chiffre devrait prouver un lien entre beauté et nombre d’or. Le problème c’est que le nombre d’or est 1,618 et des poussières. FAIL donc.)

Un homme intelligent vs. une nunuche, ce serait prouvé depuis 2005 par « les chercheurs des universités de Bristol, Aberdeen, Glasgow et Edimbourg [qui] ont mesuré, (…) le QI d’un millier de garçons et filles âgés de 11 ans et observé, 14 ans plus tard, si ces enfants ont réussi à trouver un partenaire. (…) A chaque fois que les hommes obtiennent 16 points de plus, ils ont 35% de chance en plus de trouver une femme. Pour les femmes, leur chance de vivre une relation stable diminue de 40% à chaque fois qu’elles grimpent de 16 points sur l’échelle du QI. ».

Oui mais en attendant, la minceur reste recherchée, à grands coups de régimes plus fous les uns que les autres. St Nicolas, Noël, Épiphanie, Chandeleur, St Valentin sont passés : il est encore possible de maigrir avant Pâques et surtout, avant l’été. Je n’ai pas le timing de la presse féminine, mais je crois que les suggestions de régime spécial été ne devraient pas tarder. Même TF1, grande chaîne d’information, s’y met déjà en proposant ce Vendredi 20 Février un « Manger mieux : le grand jeu » où des célébrités ont dû répondre à ce genre de questions affligeantes que le tout un chacun peut lire toute l’année dans les magazines féminins sus-mentionnés (qui ne sont jamais que des revues scientifiques de santé et de sciences sociales, n’est-il pas), avec la caution nutrition ultime : Jean-Pierre Coffe.

Jean-Pierre Coffe, c’est un peu le Pierre Bellemare poussé à son paroxysme. Pierre revient chaque année avec son almanach et ses « Nouvelles Nouvelles Histoires Inédites qui font peur », Jean-Pierre revient avec ses recettes et ses sélections : les recettes inratables de Jean-Pierre Coffe ont été un succès, qu’à cela ne tienne, on va sortir les recettes de Fêtes inratables de Jean-Pierre Coffe, le tout en BD ! Et tous semblent avoir un succès d’autant plus inexplicable qu’à première vue, Internet est assez performant comme livre de cuisine géant. Après le JPC philosophe (« le vrai vivre », « le bon vivre », et surtout l’extraordinaire « De la vache folle en général et de notre survie en particulier » de 1997), voici le JPC économiste cuvée 2009 : « Le plaisir à petit prix, bien manger en famille pour moins de 9 € par jour ». Ce que je trouve extraordinaire et qui n’a pas été traité dans les interviews que j’ai pu voir de lui, c’est que le même JP a écrit en 2002 « A table en famille avec 15 € par jour » avec un cynisme de toute qualité retrouvé cette année. Un repas à 15€, le livre à 16; un repas à 9€, le livre à 10.

Mais Jean-Pierre Coffe, finalement, ne nous explique que comment bien s’alimenter, pas comment bien maigrir, si ce n’est en sautant un repas grâce à ses ouvrages. Peut-il réellement lutter contre Allen Carr et sa « Méthode simple pour perdre du poids » ? Véritable marque déposée à lui tout seul, Allen Carr nous propose d’abandonner ces régimes idiots et ces privations.

Nous avons tous et toutes dans nos entourages au moins une personne au régime 90% de l’année, se nourrissant exclusivement de sushis au thon (pour être belle) entre 21h40 et 21h52 le mardi et de coca-cola light le reste du temps, alors que euh … elle n’a rien à perdre.  D’autres ont cédé aux appels de Weight Watchers (du 09.69.32.12.21 donc), ou des régimes « à thèmes ». Régimes à thème sympa : le régime préhistorique, le régime « savon » (Histoire de maigrir, cf ci-dessous) ou encore les régimes d’exclusion : que de l’ananas et du pamplemousse, que de la viande, que de la choucroute, ou encore que de la pizza. Disqualifiée, la pizza japonaise ci-contre : « signée Pizza Hut, la pâte est faite de hot-dogs enveloppés de bacon et de petits feuilletés au fromage fondu. La base est composée de hamburgers, de feuilletés au fromage, de saucisse, de bacon, de jambon, de lardons, de champignons, d’oignons, de poivron, d’ail et de sauce tomate. Vous avez en plus le choix entre deux sauces : ketchup ou sirop d’érable. »

Le livre commence par une photo du Maître et sa bio. Tout de suite, la légitimation par les qualifications : « Allen Carr est devenu expert-comptable en 1958 ». Expert-comptable, un métier respectable, admirable, mais Super Allen est un homme comme les autres comme l’annonce la 2e phrase : « S’il s’épanouissait dans sa vie professionnelle (c’était pas une tanche donc, confirmation), la consommation quotidienne d’une centaine de cigarettes le déprimait ». Mais Super Allen ne va pas tarder à « découvrir ce que l’humanité attendait en écrivant The Easy Way to Stop Smoking », et en créant par la suite des centres d’aides type Weight Watchers. La franchise va être déclinée dans d’autres ouvrages, comme « la méthode simple pour prendre l’avion sans avoir peur », ou encore celui qui nous intéresse, « la méthode simple pour perdre du poids ».

Malheureusement, le rêve prend fin : « Allen Carr est décédé le 29 Novembre 2006 ».

D’un cancer du poumon. (Le marketing jusqu’au bout ! Comme quoi arrêter de fumer, c’est bien, pas commencer, c’est mieux.)

Parce que sinon, c’est vraiment trop long : demain, la partie b !

Pour aller plus loin

A propos des articles cités

  1. Des hommes aux traits effeminés : http://www.princecharmant.info/index.php?2007/10/19/199-les-hommes-aux-traits-effemines-juges-meilleurs-pour-une-relation-serieuse
  2. Article sur le nombre d’or et l’étude du professeur Singh : http://cerveaudroit.ouvaton.org/article.php3?id_article=21
  3. Partenaires et QI : http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=199657
  4. Histoire de maigrir : http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/poids/nu_1432_nut_histoire1.htm
  5. Régime paléolithique : http://www.idiet4u.com/diets/prehistoricdiet.html & http://holfordwatch.info/2008/05/13/the-curse-of-the-paleolithic-diet-when-studies-go-bad. Une TV réalité a failli (je crois) avoir lieu : http://www.guardian.co.uk/media/2006/jun/01/realitytv.broadcasting.
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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 4.1)

st valentin

RCV fait le bilan (en deux parties deux sous-parties) des soldes et des régimes pour la St Valentin; fête par excellence pour montrer à son/sa chéri(e) les fruits de ses efforts à perdre plus de fric que de graisse, mais à gagner des compliments de l’être aimé de façon inversement proportionnelle. L’honnêteté dans le couple, c’est important.

Dans un premier temps, je ne t’oublie pas toi qui de ta tour d’ivoire n’entend que les reproches de la PETA-teuse Eve Angeli pour avoir tué autant d’éléphants sans défenses pour leurs défenses et donc INUTILEMENT. Oui, je m’adresse à toi qui est resté chez toi, hurlant à qui voulait l’entendre que cette fête était bien trop commerciale, bien trop inutile, bien trop couteuse, et puis que de toute façon ta copine s’en foutait de recevoir des fleurs, elle préfère passer des moments tendres avec toi, enfin elle préfèrera quand vous serez ensemble. De toute façon, l’amour a été testé évalué débriefé, on en a fait le tour (jusqu’en manège, c’est dire), ses détraqueurs rendent enfin les armes : l’Ile de la Tentation ne reviendra pas l’été prochain.

Doit-on en déduire que l’on peut ENFIN relâcher nos efforts pour être la plus belle pour aller danser-éhééé, puisque les jolies bimbos et beaux mâles ne font même plus effet sur des couples d’autant plus solides qu’ils n’existent pas en réalité ? C’est la crise (Comme chaque semaine. Je vous préviens dès que ça se termine, promis.), mais est-ce la raison d’un succès qui apparait de plus en plus mi-figue mi-raison ? Si un sondage pour MasterCard Canada a révélé que 80% des sondés comptaient dépenser autant voire plus que l’année dernière à l’occasion de cette fête, seulement 17% des habitants du Royaume-Uni auraient prévu de célébrer la fête des amoureux à l’extérieur, selon Captain Crunch (Capitaine Crise !).

Ce dernier conseillait dans The Sun le “home made“, sondages à l’appui. Il semble que le manque d’argent redonne ses lettres de noblesse aux colliers de nouilles et cendriers coquillages, toute proportions gardées. Encore une fois, le Calamar fut avant-gardiste en vous incitant à rester chez vous. Avant, proposer une petite assiette de spaghettis et des fleurs du jardin à sa dulcinée équivalait à se faire taxer d’asocial, d’égoïste, de radin. Maintenant, elles en redemandent, “c’est si mignon et si personnel”.

Sans faire mon Eric Zemmour, je noterai avec Wikipedia et ses estimations à “référence nécessaire” qu'”on estime qu’environ un milliard de ces cartes sont expédiées chaque année à l’occasion de la Saint Valentin,[réf. souhaitée] chiffre battu seulement par le nombre de cartes échangées lors des fêtes de Noël. On estime aussi que 85 % de ces cartes sont achetées par des femmes.“. En plus, le féminisme, soumis inconsciemment au capitalisme, “s’attache d’abord a détruire l’ancien modèle, en niant l’héritage culturel et naturel de la place des sexes dans la société, le but étant de saper les certitudes, et “rejette le désir sexuel de l’homme, qu’il juge barbare et primaire. L’homme ne doit qu’aimer, la distinction entre amour et désir est niée.“*. Merde alors !

Heureusement, grâce à cet outil de gratuité qu’est Internet (quoi le forfait, ça se pirate une réseau WiFi), des milliers de sites se sont replongés dans un trip psychédélique à la Edith Piaf, nous bombardant de graphisme rosifié aux effigies de Cupidons en tout genre. On peut même polluer les pages iGoogle de son/sa Valentin(e), ou le/la spammer avec des poèmes tous plus gneugneus les uns que les autres (ex : http://poeme.boreal.info/?2009/02/08/420-amoureux-saint-valentin).

En fait, l’amour c’est du bla bla, on est d’accord, alors autant que ce soit du bla bla “joliment” imagé. Imaginez la St Valentin de nos ancêtres, les Lupercales, dont Wikipedia nous fait une description alléchante : “Dans la Rome antique, le jour du 15 février était nommé les lupercales ou festival de Lupercus, le dieu de la fertilité, que l’on représente vêtu de peaux de chèvre. Les prêtres de Lupercus sacrifiaient des chèvres au dieu et, après avoir bu du vin, ils couraient dans les rues de Rome à moitié nus et touchaient les passants en tenant des morceaux de peau de chèvre à la main.” A la place des cupidons, des chèvres, et à la place des dîners en amoureux suite à des heures sur Meetic, des parties de cache-cache entre jeunes gens, ceux qui se trouvent se marient dans l’année. Ca c’est du concept ! Alors ouais, paradoxalement c’est moins rom-antique (haha!), mais ça a quand même de la gueule. Et à qui doit-on la disparition de ce joyeux barda ? A Gélase 1er, l’un des trois papes africains (le complot, déjà), qui aurait aussi lancé la Chandeleur. Ce mec était un organisateur de fêtes globales avant l’heure.

De toute manière, depuis 1496 où Alexandre VI, pape de son état, a fait de St Valentin le patron des amoureux (Alors qu’en fait ce serait St Raphael à prier pour trouver son âme soeur ?), nous tombons inexorablement vers la mièvrerie, des mots doux recouverts de cœurs et de dentelles entre “valentins” aux mariages du 14/02 en passant par les records de bisous simultanés (39 897 personnes à Mexico cette année quand même). Heureusement, un peu de piment a été ajouté avec “l’appel aux femmes à se refuser [aux] partisans [de Vladimir Poutine]” par un mouvement d’opposition russe et “l’initiative d’un site internet qui a distribué gratuitement des “sex toys” à Paris” (AFP).

Et si pour nous, la Saint-Valentin ne donne lieu qu’à des critiques bon enfant sur l’immatérialité de l’amour, car ce n’est SEULEMENT que pour tout le reste qu’il y a Eurocard Mastercard, la fête de l’amour est malheureusement révélatrice de certaines privations de libertés dans d’autres pays. Ainsi, l’Arabie Saoudite, a lancé une fatwa contre la St Valentin (les deux uniques fêtes à célébrer étant l’Aïd el-Fitr et el-Adha), mise en pratique par la drastique police religieuse. Au Liban, la St Valentin a servi de prétexte à une manifestation contre la législation rigide libanaise du mariage. En Inde, des hindouïstes extrémistes ont été accusés d’avoir agressé trois couples non-mariés non loin du Taj Mahal… En bref, c’est mignon tout plein pour nous, c’est symbolique, c’est pas si universel que ça finalement. Heureusement, malgré les divergences de pratiques, l’amour l’est, lui qui est si pur ! Encore faut-il se faire aimer à coup de régimes et de fringues dernière mode, s’entend. Ce sera le sujet de la deuxième partie de l’épisode 4 de Restez chez vous

Pour aller plus loin

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Listen to me

emmamorin

« Je veux raconter avec des mots d’une syllabe tout pas très bien mais assez bien, et alors il n’y a pas de rideau car rideau est un mot de deux syllabes »

Salle comble au Théâtre de la Bastille pour la troisième représentation de Listen to Me : le public ne s’y sera pas trompé. Un “hors-série” présenté jusqu’au Vendredi 13 Février qui laisse pourtant entrevoir l’excellente programmation du théâtre de la Bastille, pour qui apprécie de se laisser porter entièrement par les innombrables facettes et possibilités du théâtre, jusqu’à perdre tout repère conventionnel. Un texte écrit et traduit en français par Gertrude Stein, une conception d’Emma Morin, unique actrice dans ce monologue étonnant et déconcertant, et un étonnant jeu de lumières par Laurent Bénard, font de cette pièce un tout à la fois homogène et perturbant, qui finira par nous laisser bouche bée.

« Et maintenant la terre est complètement couverte de gens et personne ne sait à qui personne ne ressemble et alors il n’y a aucune difficulté pour aucun doux William. Doux William dit que assez est assez mais ce n’est pas ce qu’il veut dire. S’il pouvait Lillian serait Lillian serait. »

Un plateau dépouillé (une table, deux chaises, un verre d’eau et un mystérieux écran projetant une pièce blanche et vide) rendent l’attente intrigante. Très vite, les lumières accompagnent les mots de ce texte de 1936, où l’on retrouve tous les indices du mouvement dada. Pour le profane de Sciences Po ou d’ailleurs, l’écoute pourrait faire penser à une plongée dans les sombres pensées d’un John Rawls sous un voile d’ignorance récitant sous ecstasy du Simon Monceau (Ca va se savoir). Pourtant, les jeux de mots, de langue et de sons d’Emma Morin nous plongent doucement dans une valse de mathématiques où les “caractères” se comptent et s’excluent, questionnent leur existence et leur matérialité. Deux personnages, Doux William et sa Lillian se cherchent indéfiniment dans ce monde sans repères où pourtant “personne n’est perdu parce que la terre est couvert de gens et les gens sont des gens”… Les caractères se questionnent dans ce qui semble être une pièce déconstruite, dépecée dans une liste d’actes et de scènes, de phrases, de mots et de caractères, désormais conversants sur l’existence de la lumière, de la Lune, jusqu’à la conclusion que les chiens savent que la Lune n’est pas une lumière puisque les lumières sont partout.

Dans un jeu à la fois simple et complexe, Emma Morin endosse ce texte à bras le corps pour créer une atmosphère étonnante. Un succès mérité.

« Actes tous ensemble  C’est ainsi
Que la terre
Est là
Premier acte      Oui
Premier acte      Oui
Acte tous ensemble    C’est ainsi
Ne pas aller
Mais aller
Et venir
»

Listen to me de Gertrude Stein, interprété par Emma Morin
Théâtre de la Bastille
76 rue de la Roquette, 75011 Paris
Métro : Bastille (lignes 1, 5, 8 )
http://www.theatre-bastille.com ou tél: 01 43 57 42 14

Pour aller plus loin