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Les diablogues de quelqu’un (Du Pain et Des Canards)

diablogues

Solidarité animalesque, ubiquité tentaculaire, le Calamar a couvert le Chœur et les Canards ce mardi soir, après s’être rassasié les oreilles de jolies notes lors du 2e tour de la RSP Star. Rendez-vous en salle Albert Sorel donc pour découvrir la troisième et nouvelle création de l’association Du Pain et des Canards : « Les diablogues de quelqu’un ».

Pendant une semaine, le BDA relève le pari de vous faire voir la vie en vert, en gâteaux de fruits et en robe de récup. A l’inverse de la sur-médiatisée Comédie Musicale (retardataires, filez la voir lors des représentations supplémentaires qui se profilent), vous avez cependant pu passer à côté de ces rebelles de volatiles, planqués dans l’anonymat de la non-communication. Pas d’affiche, une jolie typo (“Les diaboliques de quelqu’un“) dans le programme du BDA (ce qui n’aura au final attiré qu’assez peu de satanistes) … On pouvait légitimement craindre une pièce jouée à huit-clos (heureusement, il y avait au moins les douze comédiens). Ce ne fut pas le cas et le contraire en eût été même dommage ! La troupe de théâtre à visée “sociale” a en effet offert à la cinquantaine de personnes présentes un joli moment de rire, malgré le décor aussi austère dont peut être capable la salle Albert Sorel. Une scène dépouillée, dans un décor quelque peu inapproprié, mais dont la troupe aura su tirer les avantages, jouant avec les entrées possibles : depuis l’extérieur, depuis le public … On déplorera l’absence d’entrée en hélicoptère par la terrasse, peut-être le seul point noir (quoi que, on dit “rouge” depuis la Nouvelle Star, non ?) de la représentation.

Quel bonheur que de voir cette troupe amateur prendre autant de plaisir à nous parler de “quelqu’un“, à nous rappeler que “quelqu’un, ce n’est pas personne”, dans un enchaînement mêlant astucieusement trois textes pourtant éclectiques, de Roland Dubillard, Patrick de Bouter et Jean-Michel Ribes. Une jolie cohérence, surprenante sur le papier : bravo !

[Mon père] m’a dit : “D’abord, bats-toi le moins possible. Et puis s’il faut que tu te battes, choisis ton terrain, tout est là.” Et ça c’est vrai : si vous vous laissez aller à combattre en haut d’un escalier de cinq étages, ce n’est pas votre adversaire qui vous fera le plus de mal, c’est l’escalier.

Comment résumer néanmoins ces 80 minutes ? Il serait dommage d’aplatir le(s) texte(s) en résumant les trames des différentes saynètes, alors autant lancer quelques mots-clés dans la mare (ça ne mange pas de pain ! haha !) :  espions, Georges, perruque, rêve, amour, quiproquos, lettre anonyme, bière, clés, peluche et bien sûr … quelqu’un.

Malgré de belles prestations pour l’ensemble des comédiens, tous plus hilarants les uns que les autres, je me permettrais une mention spéciale à l’inénarrable Jean-Michel Ribes (Il est venu le temps de la critique, parce que ça va là le dithyrambisme, je suis assez consensuelle pour être journaliste au Figaro : j’oserai donc un “quand on sait pas quoi faire, on fait du Ribes”, mais quand on aime on ne compte pas) glissé dans le spectacle et joué avec brio; ainsi qu’à la talentueuse fausse espionne russe.

Courrez vite voir les Canards Vendredi de 13h30 à 14h30 dans le petit hall, pour une petite séance de rattrapage, ou de re-vision pour les mordus (enfin, les pincés. Ceci était un message du comité contre les utilisateurs de la discriminante expression “quand les poules auront des dents“. Ben ouais, les canards non plus ils en ont pas, est-ce qu’ils en font tout un fromage tels des corbeaux ? Ben non. Voilà.).

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