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Confessions d’une accro du shopping

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Je suis masochiste. C’est la seule raison que je vois. Qu’est-ce qui autrement aurait bien pu me pousser, moi, à souffrir 1h46 devant Confessions d’une accro du shopping ? Je déteste le shopping. Je ne comprends pas le shopping. Je hais les couleurs, mais pas autant que les soldes. Je suis effarée devant 99% des fringues « à la mode ». Quand j’étais petite, j’appelais les défilés des grands couturiers des défilés de déguisements.

Au passage, je n’apprécie pas la compagnie de ce genre de fille. Celle qui essaie du 36, avoue faire du 38 « en hiver », et commence à respirer dans du 40.

Superficielle, prête à tout pour s’acheter un de ces vêtements que j’exècre. Mais comment ces filles qui s’extasient devant des CHAUSSURES peuvent-elles exister ? D’autant plus qu’elles se sentent obligées de faire ce petit cri perçant pour signifier leur excitation, de préférence en sautillant partout.

Ben ça a pas loupé. Un jeu d’acteur particulièrement pourri, une musique nulle, des effets comiques à revoir … Même ceux qui ont lu le livre seront déçus. Et oui, j’avoue, j’avais lu (et fait une fiche de lecture) sur ce livre en Terminale pour mon cours d’anglais. Ça m’avait permis de dire du mal du shopping sur deux pages, j’étais heureuse (il m’en faut peu).

Le problème c’est que dans ce film à la saveur désagréable, le scénariste a tenté de faire preuve d’originalité. Le livre en lui-même n’est pas extraordinaire, mais plutôt sympa dans le fond néanmoins. En fait, compte tenu de mon aversion au thème, le fait que je le trouve « plutôt sympa » va dans le sens de la masse je suppose, qui en a fait un best-seller. L’auteur en a alors tiré deux ou trois suites. Reste que dans la version cinématographique, l’histoire a été changée, du début à la fin. Preuve que la seule motivation pour tourner ce film était bien de surfer sur la vague « Le Diable s’habille en Prada ». Et bien ça ne suffit visiblement pas à faire un film inspiré.

A la base, Rebecca Bloomwood vit à Londres. Ici, c’est une journaliste de jardinage passionnée de mode qui vit à Manhattan… Son rêve : rentrer dans une grande rédaction de mode. Finalement, elle va se retrouver journaliste à Successful Savings, où elle tient une chronique permettant d’expliquer à la pauvre lectrice qui n’y comprend rien que la vie est comme un manteau en cashemire.

Ou quelque chose dans le genre.

Mais à la fin tu comprends qu’acheter c’est mal. D’ailleurs, Becky Bloomwood, qui devient  une journaliste reconnue avec une seule pauvre chronique sur les cartes de crédit des grands magasins (la vraie vie), est couverte de dettes du fait de son addiction : le shopping. Si on n’avait pas bien compris rien qu’avec le titre, le film est plein de monologues effrayants sur les sensations délirantes procurées par l’action de composer son code de carte de crédit.

Les bonnes idées et les gags efficaces sortent du livre mais ont perdu de leur saveur au passage. Isla Fisher réussit à rendre l’héroïne stressante et antipathique, malgré ses tentatives de grimaces. L’histoire qui ne volait pas bien haut est rendue lourde et lente. L’inévitable love story de Becky restant le summum de la guimauve (et du cheveu sur la soupe). En bref, un film formaté jusqu’aux ongles french manucurés. Que dire de ces mannequins qui appellent la jeune femme de leurs charmes pour la faire céder aux sirènes du luxe ?

Rien si ce n’est : au secours.

Pour en savoir plus

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Adhésion à l’UE : loukoums ou geysers ?

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Le Traité de Lisbonne donne encore des sueurs froides aux politiciens et des soupirs aux Irlandais fatigués de voter jusqu’à ce qu’ils tombent sur la bonne réponse. Et bien été ou pas, vacances ou pas, pas de répit pour l’Union Européenne qui a reçu une nouvelle candidature à l’adhésion le Jeudi 23 Juillet 2009.

Et tout le monde s’en fout.

Pourtant c’est le début de la fin des harengs. Après des années à proclamer leur indépendance économique, politique, sociologique, linguistique etc-tique à qui voulait bien les entendre (pas grand monde donc), ce sont les ISLANDAIS qui se décident à faire valoir leur statut d’européen et espèrent une adhésion à l’horizon 2012 ! Raison : ils seraient scandinaves, les bougres.

Totalement effarée par une telle injustice envers les Turcs, je me suis empressée de demander leur avis à mes meilleurs amis virtuels globaux du plus beau réseau d’information de l’univers après la CIA, le Minitel et Frédéric Lefebvre : Facebook.

Alors sur la Turquie, on est radical : 3581 membres dans le groupe Non à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, seulement 60 pour l’ouverture dans le débat : « Non aux Turcs ds l’UE jusqu’a qu’ils ns débarasse de leurs chiotes à la con ». Et personne ne proteste quant à l’adhésion Islandaise. Après tout, les deux font partie de l’Eurovision et de l’EURO de foot. Pourquoi une telle réticence ?

C’est décidé, je milite anti-Islande européenne.

  • Parce que les Islandais sont des opportunistes. 
    Combien de fois les Islandais se sont-ils vu refuser leurs demandes d’adopter l’Euromais sans adhérer à l’UE ? Ça, c’est chercher le beurre et l’argent du beurre, un peu comme la Turquie cherche l’Europe sans les Droits de l’Homme et les Français l’Europe sans les plombiers polonais.
    L’Islande, pour faire comme tout le monde, aimerait bien d’une Europe qui ne vienne pas trop bidouiller dans ses arrangements de pêche en eaux territoriales. De toute façon, Sarkozy est en repos alors que craindre ?
  • Parce que l’Islande c’est une île trop loin, trop petite (bon, trois fois plus grande que la Belgique), trop vide : moins peuplée que Malte avec seulement 320 000 habitants. Le problème c’est que l’île peut être résumée à l’équation volcans + glaciers. La moitié des habitants de l’île habitent … Reykjavik. Et où est Reykjavik ? Sur le plaque nord-américaine, et non sur la plaque eurasiatique. CQFD.
  • Scandinaves, oui, mais quelle Scandinavie ? Les Danois nous ont envoyé Andersen et Lars Von Trier, les Suédois IKEA et les Krisprolls, les Norvégiens les Fjords (miam), et les Islandais, ils nous ont envoyé quoi ? Bjork. CQFD.
  • Quand on regarde l’islandais, c’est pas plus choquant que le turc concernant la proportion lettres/tréma. Mais surtout, « l’occupation danoise de l’Islande de 1380 à 1918 n’a eu quasiment aucune influence sur l’évolution linguistique de l’islandais » (Wikipedia). Et t’appelles ça de l’intégration européenne ? CQFD.
  • Et puis d’ailleurs c’est pas comme si Danemark = Europe, hein. CQFD.
  • On dit à la Turquie de se contenter du Conseil de l’Europe. L’Islande fait partie en plus de l’AELE, l’EEE et l’espace Schengen. Et ben voilà. Gourmands. CQFD.
  • « Geyser », « désert », « Dunkerque », chacun sa particularité géographique, on en fait pas tout un plat hein. CQFD.

Si l’Islandais semble conservateur (exemple : il peut lire un texte du 12e siècle sans aucun problème), il n’en est pas resté pour autant au temps des Vikings. En effet, l’Islande n’a pas toujours été dans la merde, avec un PIB qui devrait se contracter de près de 10% cette année. Récemment encore, elle pouvait se targuer d’une excellent 4% de croissance par an. Le problème c’est que leurs actifs du secteur bancaire ont représenté jusqu’à 11 fois leur PIB … Coquin, l’Islandais faisait mumuse avec la « hot money » depuis son cocon arctique.

La crise est passée par là et l’islandais a du parler de gjaldþrot, þjóðnýting et de atvinnuleysi (faillite, nationalisation, chômage. Enfin, je crois.). Et là, l’Islandais ditnei (non). Le gouvernement démissionne et le Parti de l’Indépendance perd le pouvoir après 18 ans de règne sans partage (conservateur qu’on a dit).

Et voilà donc les sociaux-démocrates qui prévoient un retour à l’équilibre budgétaire en 2013, mais surtout, une adhésion à l’Europe. Et pour cela, ils sortent l’armada classique du pays-qu’on-aimerait-dans-l’Union-mais-qui-ne-veut-pas : la flopée de sondages « pour ou contre l’entrée dans l’UE ? ». Le problème c’est qu’en Islande, 800 personnes font un échantillon représentatif. On arrive donc facilement à près de 70% d’islandais favorables à une candidature (contre 48,9 en Septembre 2007) et 70% souhaitant un référendum sur l’entrée du pays (probablement les mêmes).

70% de 800 personnes, ça te fait pas forcément gagner un référendum.

Chez les grands chefs à plume de l’Europe, on s’excite déjà de se voir enfin reconnaître ses vertus de stabilité et d’avoir converti un non-convertible (car l’Islande n’est pas la Suède IKEA). « Je pense que la candidature islandaise renforcera la dimension nordique de l’Europe » affirme M. Bildt, ministre des Affaires Etrangères de la Suède (qui préside l’UE). Latins, révoltez vous ! Le froid va-t-il s’abattre sur l’Europe avec une future adhésion de la Norvège ? Le ver est dans le (sorbet de) fruit islandais : placée pile sur un rift, l’activité volcanique ne cesse de faire grandir l’île … Et si demain elle accueillait plus d’habitants et avait la majorité dans l’Union ? Tout ça au nom du contact avec l’Arctique, région importante pour l’environnement (et les ressources naturelles, au passage).

T’avais qu’à pas voter Europe Ecologie, mon gars.

Finalement, c’est quoi l’Europe ? L’islandais, entre deux parties de surf sur des geysers, délaisse sa baleine domestique pour nous donner sa définition de européanisme. « L’Islande est plus européenne que nord-américaine, car elle estlibérale par rapport à l’alcool, au sexe et à la laïcité. ». C’est donc ça l’Europe libérale…

En fait je crois que je préfère l’Islande à la Turquie.

Crédit photohttp://perspectivesgeopolitiques.files.wordpress.com/2008/11/islande2.jpg

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 5)

MICHAEL_JACKSON

Mesdames et messieurs les (par)jurés, si la vengeance est un plat qui se mange froid, il ne fait pas bon attendre que les accusés soient eux-mêmes froids pour les défendre. Or c’est justement ce qui se passe ici, et je crie au scandale (Ô SCANDALE). On a accusé Monsieur J. (anonymisation) d’au moins 349 maux terrestres (randomisation numérique) et non des moindres (victimisation) : trop de génie, trop de chirurgie, trop de blanchisserie, trop de pédophilie.

Et là, trop de mort tuant la mort, trop de présence médiatique. Les irréductibles allant jusqu’à voir dans les images tournées par la CNN le fantôme de la star revenue hanter ses vieux locaux de Neverland. Et quoi, une maison hantée dans les parcs d’attraction, c’est choquant maintenant ? Bref, Michael aurait décidé de nous saouler jusqu’au bout, gâchant jusque notre début des vacances d’été.

Et bien non, je dis NON, Michael a juste décidé de mourir pile au bon moment pour nous sauver des tubes de l’été, et éviter des drames humains comme l’apparition dans nos vies de Las Ketchup, Ilona Mitrecey ou encore de Lorie et de son fichu air latino. Michael est arrivé pour heal the world : tout de suite après sa mort, « l’écoute des musiques de Michael Jackson sur le web ont augmenté de 949% ». Vers un artiste de l’été unique, mondialement globalisé ? Vite, vite, une piqûre de rappel Europe Ecologie-José Bové, ouf, ça va mieux là où ça allait pas bien.

Pour être honnête, je me fous un peu de Michael Jackson, j’aime bien sans être particulièrement fan. Le monde perd un grand artiste, je ne perd pas un Dieu. En plus, je n’ai ni âme ni valeurs, j’applaudirai toujours une équipe de foot turque gagnant un match à la dernière seconde même si « quand même, tu vois, c’est un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme, quoi ». Oui mais je suis désolée, en bonne beauf de base je ne peux pas faire une dissertation sur les droits naturels quand la ba-balle bouge dans la petite boîte Sony, mon cerveau fait de la fumée sinon et ça me gêne pour ouvrir ma bière. En conséquence, je dissocie généralement l’artiste de sa vie, aussi polémique soit-elle. Quand il y a matière à dissocier, bien sûr. Exemple : on ne dissocie pas Paris Hilton de sa vie polémique. Ah pardon, on avait dit artiste.

Mais là, ce mardi 7 Juillet 2009, on parlait quand même de l’enterrement de Michael Jackson. Et quand le monde(.fr) te dit que t’as rendez-vous avec l’Histoire avec sa grande hache (copyright Georges Perec et non pas Joey Starr), et qu’EN PLUS tu peux le faire en restant chez toi, et ben tu t’exécutes (non, pas avec la hache, tu comprends rien là). Moins de 10 000 places effectivement distribuées au Staples Center vs. le reste du monde = fortes probabilités d’être dans le camp des gagnants, celui des pantouflards.

C’est donc parti pour une cérémonie de folie sur nos chaînes hertziennes. Joie, une bonne poignée de chaînes font du live-burial. Pour être exact, le monde entier est en blackout total, fixé sur Michael. Et c’est là que tu te dis, mais où sont tous ces bons vieux terroristes, ils ont champ libre et ils ne profitent même pas. C’est comme ça que ça veut nous faire bouffer notre occidentalité, hein ?! La musique adoucit les mœurs, je suppose.

Mais commençons par TF1 où l’éternel Jean-Claude Narcy officie. Il m’avoue dans un soupir que ce serait « le plus impressionnant événement télévisuel depuis la création du petit écran », « le plus grand événement de l’histoire des médias » qu’on me confirme sur ‘Ternet ! Jusque là, j’étais jeune et bête, je pensais futilement que l’Homme sur la Lune, la guerre du Golfe, l’investiture d’Obama ou encore 9/11 avaient eu leur importance, mais non, M.J = artiste du millénaire, adieu à M.J = cérémonie du millénaire. Okay okay.

A cérémonie exceptionnelle, organisation exceptionnelle, non ? En effet : « non ». TF1 t’explique en 6 étapes comment perdre toute crédibilité, attention ça va vite, c’est parti.

Etape 1 : Faire du lyrisme, avec J-C. Narcy (3e minute d’émission) : « nous célébrons dans une même communion le roi de la pop qui rejoint dans l’éternité Elvis Presley et les Beatles ». Paul McCartney te fait un bisou.

Etape 2 : Remplacer Brice Teinturier, très bon pour donner des pourcentages d’élections mais très chiant pour parler moonwalk, par une vraie dream team.

  1. Nikos Aliagas. (les nouveaux mots de Nikos) qui s’est automatiquement transformé en Astrid Von Busekist* de la musique, avec le namedropping/agedropping le plus fou du cosmos : Diana Ross « la femme de toutes les fidélités » (Donc toi t’as résolu des millénaires de problèmes conjugaux. En fait, il y a plusieurs fidélités, UNE POUR CHAQUE FEMME.), Beyoncé, Justin Timberlake … (M. Pokora, Jenifer, Lorie, Arielle Dombasle ?)
  2. Pierre Lescure. Ouais toi non plus tu sais pas ce qu’il fait là, tu as peur quand on le légitime par le fait qu’il soit « fin connaisseur des américains », mais il est sympa. Le problème c’est qu’il doit répondre à des questions comme « ahlala, ces américains ils associent spectacle et émotion, c’est américain, non ? », ou encore « ils font forts les américains là, non ? » (intéressante pancarte de manifestant d’ailleurs : “Stop using my dollars for millionnaires“). Forcément Pierre n’a rien d’autre à répondre que « oui ils font fort parce qu’ils ne savaient pas par quel bout le prendre, en plus ce garçon habitait Neverland, c’est-à-dire nulle part. Haha ? ». Le mythe s’effondre, Mickael SDF.
  3. Oh putain Roberto Alagna.
  4. Et quand finalement, après avoir vu que sur FR2 on avait invité super Christian Audigier et que sur M6 on associait Laurent Boyer à Philippe Manoeuvre, tu découvres le 3e membre de la team TF1, tu ne peux plus zapper, c’est fini. Et oui, Laurence Ferrari te salue par un grandiose « bonjour, aujourd’hui à Lchoncho, hum à Los Angeles » (en lice pour le cafouillage le plus rapide de l’histoire du JT), la cérémonie de Mickaël et pas Michael à l’US (plus ça va, plus tu crois qu’elle va se craquer, elle va demander MAIS C’EST QUI CE MEC), qui a trois gosses dont « Prince Michael Un et Prince Michael Two, c’est ça ? ». Et là, re-namedropping puis « tous sont venus pour leur ami ». Haha, bienvenue sur TF1 Christian Audigier.

Etape 3 : Donner l’impression que le réalisateur est bourré ou alors que c’est tellement l’anarchie dans la régie que tout contrôle est définitivement perdu. En effet, Narcy est dans la merde : il est à l’antenne, il a présenté tout le monde, il a fait parler Lescure d’universalité, la productrice invitée à noté que « le Staples Center c’est comme Bercy mais … plus sophistiqué », il a ramené Gilles Bouleau envoyé permanent aux USA pour avoir le classique problème technique, en gros Jean-Claude meuble comme un IKEA en soldes après une inondation dans la baie de Somme, il en est au point d’introduire « mais regardez, à l’époque, avec Claude François … » avant de faire face aux rires hystériques sur son propre plateau avec un viril « MAIS JE COMPARE PAS ».

Et là, la régie prend les commandes et envoie des images au hasard, sans prévenir Jean-Claude qui se retrouve à observer une synchronisation son/image qui se câle pile à la fin du discours qu’on a deviné être celui de voici-un-message-de-ceux-qui-n’ont-pas-pu-être-là-ce-soir (oh, Ruquier). Soudain, le drame.

Etape 4 : Lol la mort. TF1 envoie les images de Thriller, pour jouer aux 7 différences en cas d’exposition du corps. Puis Nikos parle de Ptolémée (nom du cercueil), en bon expert grec, qui a volé des trucs aux Dieux et « en a souffert toute sa vie, il n’a jamais trouvé le repos éternel ». Nikos cherche le repos éternel pendant sa vie. Intéressant.

Etape 5 : Se la jouer infos d’insider/de cultivé. James Brown est mort et Madonna fait du play-back !!! Quelqu’un dit « Madonna travaille alors que Michael s’envole », tout le monde le gratifie d’un « c’est beau ».

Etape 6 : Donner l’impression que les traducteurs sont bourrés ou alors que c’est tellement l’anarchie dans la traduction que tout contrôle est définitivement perdu. Traducteurs perdus, en retard, qui finissent par dire « dans les villes du Ghana : Johannesburg et Pittsburgh » et par s’embrouiller pour expliquer que Michael Jackson ramassait les balles de base-ball et que quand il chantait il était heureux; mais quel rapport avec les balles de base-ball ? Bon ok l’histoire était étrange à la base.

 

Alors qu’apprendre que Michael Jackson était humain, rigolo, et mangeait du KFC, ça nous paraît normal maintenant. Obama aime M.J, il l’a dans son iPod. Sarkozy aime M.J : d’ailleurs il « [gardera] toujours un souvenir de l’émotion la première fois {qu’il l’a] vu faire ce pas de danse où… c’est pas qu’il marche mais il recule… vous voyez… en glissant.». (Étrangement, pas de déclaration de Berlusconi.)

Tout le monde aime Michael, mais Dieu plus, d’ailleurs Stevie Wonder l’a dit : « Dieu avait sans doute davantage besoin de Michael que nous ». Cotisons-nous pour offrir ‘Ternet à Dieu là, ça devient plus possible. MSN, Skype, Facebook, Twitter : c’est fini l’ère du face-à-face et il trouve le moyen de continuer à convoquer. D’un autre côté, il faut bien partager, et on a des réserves. Michael aurait enregistré plus de 200 titres jamais sortis. Et c’est là que c’est beau. Du vivant de Michael, c’étaient des daubes. Maintenant, ce sont des collectors.

Saluons pour terminer l’initiative de Sheila Jackson Lee et de sa résolution 600, avec pour but d’établir officiellement le statut de légende de M.J. Et le pire, c’est qu’ils sont capables de la voter, et quand on demandera des visas, après « Avez-vous retenu hors des Etats-Unis un enfant mineur américain dont la garde avait été confiée à ses parents par un tribunal américain ? Avez-vous voté aux Etats-Unis en infraction à la loi électorale ? Avez-vous renoncé à la nationalité américaine pour échapper au fisc ? » on aura droit à « honorez-vous M.J ? Avez-vous acheté l’intégrale de ses tubes et la méthode du moonwalk ? ABJUREZ JOHNNY HALLIDAY, HERETIQUES !!! ». Ce serait pas du luxe non plus, remarque.

A fort bientôt, morts et vivants connus et inconnus.

* (prof d’Enjeux Politiques à SciencesPo.)

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