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L’école du rire.

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Les gens sont prévisibles. Annoncer à un quidam quelconque qu’on va passer un an à Seattle (alors qu’en fait, c’est autant de la bullshit que de dire qu’il y a trois trimestres dans une année) donne invariablement lieu à une de ces réactions :

– “Hey Seattle, un peu comme dans Grey’s Anatomy, WOUAH, tu vas voir Dr Mamour !” (version fan de série)
– “Hey Seattle, Kurt Cobain ! WOUAH, tu vas te tirer une balle dans la tête” (version grunge)
– “Hey Seattle, mais c’est pas genre, là où il pleut ?” (version taggle toi)
– “Hey Seattle, STARBUUUUUUCKS” (version Anne-Lyne)
– “Hey Seattle, y a pas un film dessus ?” (version j’ai une culture ciné mais pas trop)
– “Hey Seattle, c’était ton premier choix ?” (version on me la fait pas, moi aussi je suis à Sciences Po et je vais en 3A)

Toi aussi, tu veux du rêve, de la motivation et des cris de joie. Tu n’attends qu’une chose, que je te vende Seattle comme du bon cognac qui fait rire sans faire siffler le soleil et les alcootests. Enfin non, là tu chantes “ça fait rire les oiseaux” de la compagnie créole et tu te demandes depuis quand le soleil siffle. Il n’a jamais sifflé mon pauvre, mais je m’en fous, il aurait pu. Aux dernières nouvelles, une abeille ça chante pas plus.

Bref. Revenons ensemble sur le pourquoi du comment de Seattle. Par “ensemble” je veux évidemment dire “moi et moi”. Je ne pense pas d’ailleurs que l’expansion des blogs en parallèle de celle de la maladie d’Alzheimer soit fortuite. Enfin.

Pendant longtemps, j’ai hésité entre une multitude de destinations. Ici, je respecterai les commandements du grand chef de l’Ordre de l’Alphabet.

  • Amsterdam : c’est beau et j’aime le néérlandais, mais il pleut, il fait froid, et WTF le néerlandais.
  • Athènes : oui mais WTF le grec, que je ne parle pas d’ailleurs. Quoi que, d’autres l’ont fait et j’ai fait du grec ancien. Mais bon, baser une carrière fructueuse et enrichissante sur le grec, c’est rare. Même sur le grec moderne, hein.
  • Buenos Aires : oui mais je suis sensée parler espagnol, et je suis pas sûre que ce soit vraiment le cas. *peur*
  • Edinbourg : oui mais il pleut et il fait froid (bis).
  • Inde (en général)
  • Le Caire
  • Turquie : et merde, y a pas d’échange avec Istanbul ?

Et là les gens, vous cherchez Seattle. Ben on trouve pas. C’est bien ça le problème. Mais comme je suis une cérébrale (comprendre : la dernière fois que j’ai fait du sport, j’étais pas née), je me suis dit qu’il fallait devenir totalement bilingue en anglais (t’arrête, je suis pas conformiste). De là restent donc les Etats-Unis (qui ne m’ont jamais attirée), le Royaume-Uni (qui est quand même trop près de Paris), l’Australie et le Canada (qui ne m’attirent pas non plus), l’Afrique du Sud (oui mais là j’ai pas compris si on a vraiment des échanges ou pas avec eux), l’Inde, et d’autres pays comme les Pays-Bas ou la Scandinavie qui ont compris qu’offrir un cursus anglophone n’était pas une mauvaise idée. Les deux dernières catégories ont été éliminées pour cause de froid, l’Australie et le Canada pour cause de syndrome “euhvraimentpasenvie”. Et puis au fil du temps, je me suis dit, autant tenter une université pas trop merdique aux Etats-Unis, assurer l’académisme. Assurer le salaire pour plus tard me payer une année sabbatique autour du mooooonde.

Ouais mais j’avais oublié que je voulais être journaliste et donc que j’aurais jamais de salaire. FAIL.

Ensuite j’ai tergiversé sur tous mes choix, et j’ai fini par faire une liste improbable sur le projet “journalisme+pitié une grande ville quand même”. La liste devait être rendue à minuit, et à quelque chose comme 21h, j’ai décidé de mon 5e choix. Seattle. Déjà, parce qu’une amie m’avait dit que si elle devait choisir une université, là, tout de suite, Seattle aurait été dans la liste. Et puis aussi parce que l’université à Seattle s’appelle University of Washington, et que dit comme ça, on pourrait croire que c’est Washington D.C.. “Sur un malentendu, ça peut marcher”. Ça me fait toujours rire, tiens. Et puis aussi, le sacrosaint classement de Shanghai dit que c’est la 16e meilleure université du monde, alors FUCK LES GENS. Tiens je le mets en gras tellement que j’y crois pas : 16e meilleure université du monde.

A la base, j’étais un peu déçue vu que bon. C’est un choix, certes, mais un cinquième choix. Et puis heureusement, au lieu d’aller me petit-suicider dans la Seine une guitare électrique et une teinture blonde Schwarzkopf à la main, y avait quelqu’un qui allait à Pittsburgh (<3). Non, plus sérieusement, j’ai découvert qu’ils avaient sur leur site une simulation du campus avec un petit husky qui courait, qu’ils avaient formé Bruce Lee, Ted Bundy et le premier black vainqueur de Survivor. En gros, c’est une université COMIQUE.

Et ça, j’aime.

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Sept Vies

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Dépressifs, passez votre chemin. Sept Vies s’ouvre sur un Will Smith au visage inhabituellement creusé appelant pour signaler un suicide : le sien.

Pour peu que l’on n’ait pas trop porté attention au synopsis avant de se lancer dans le visionnage, les 3 premières minutes permettent de détester ce personnage qui ne quitte sa sobriété que pour insulter au téléphone un aveugle … Mais évidemment, dans cette fable moderne, il ne faut pas se fier aux apparences.

Ben Thomas va en fait s’engager sur le chemin d’une curieuse quête : trouver sept vies à changer radicalement. Offrir une nouvelle chance, un nouvel avenir, à de « bonnes personnes ». Donner sa moelle épinière, un bout de son foie, son appartement, cet agent de recouvrement fiscal ne recule devant rien pour … pour quoi en fait ? Pour sa rédemption (rien que ça).

Certes, l’intrigue ne tient pas longtemps, et c’est probablement déplorable, bien que j’admette qu’il y a un moment où, quand même, faut cracher le morceau (qu’on passe le message aux scénaristes de LOST). D’autant plus que le film souffre d’un début un peu lent voire totalement embrouillant, où les questions s’amoncellent dans notre tête, à force de blacklister le mot « réponse ». Pourquoi s’évertuer à faire le bien ainsi ? Pourquoi sept personnes ? Et pourquoi celles-là ? Sur quels critères ? Pourquoi se suicider ? Le film s’ouvrait sur « En 7 jours, Dieu créa le monde. En 7 secondes, je détruisis le mien. ». Mais … pourquoi vous faites ça ?

Et soudain, le scénario lâche brutalement assez d’indices et d’informations pour que l’on comprenne instantanément et sans nul doute la destinée du personnage (à un détail près, selon moi). Fin de la tentative de préserver dans une atmosphère mystérieuse et ralentie le secret du personnage, le secret de son passé comme le secret de son avenir pourtant déjà scellé.

Saluons les performances des acteurs, Will Smith et Rosario Dawson en tête. Une histoire triste, une fin prévisible-ment déprimante, pour un personnage devenu altruiste … par la force des choses. Un mélo tire-larmes, une belle histoire de don de soi, voire un acte d’égoïsme transformé en improbable acte extrême d’héroïsme; faites-vous votre idée par vous-même avec Sept Vies, désormais en DVD !

Pour en savoir plus

* Le site du film : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=130769.html
* Le film sur Allocine : http://www.septvies.fr/

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Schumi, Schumi, Schumi revient (parmi les freins)

schumacher_hockenheim_1997

Il y a des choses qui ne se comprennent pas. Pourquoi s’acharne-t-on à demander la date de ses adieux à Michel Galabru alors que personne ne décourage les acteurs de RIS police scientifique ? Pourquoi Aznavour se sent-il de faire ses adieux (régulièrement) alors que Christophe Maé persiste dans le métier et que 97% des anciens star-académiciens n’a même pas eu le temps de dire « bonjour » ? Pour être rappelé probablement. De Gaulle, en son temps, avait joué cette carte avant de découvrir le désert (ce qui a sans aucun doute été d’une grande aide dans le traitement postérieur de la guerre d’Algérie).

Et voici donc pas que, crescendo dans le drame, Johnny fait sa dernière tournée, Michael Jackson ses dernières volontés, Lost son ultime saison. Et Pierre Desproges est toujours mort. Le monde va mal.

Heureusement, le cercle vertueux de la vie continue : les jeunes loups remplacent les vieux éléphants (enfin, presque partout), et qui va à la chasse perd sa place. Sauf : des fois.

C’est en effet la grande mode des retours, plus ou moins gagnants. Ressortis du placard, Patrick Sabatier, La roue de la fortune ou encore Le juste prix font les choux gras des chaînes de télévision. Larusso et Ophélie Winter ont tenté d’amorcer leur come-back. Sur la scène politique, Balladur Rocard et Juppé, qui avaient en leur temps gagné la Prime Minister Academy, ont décroché la présidence de commissions de réflexion pour le gouvernement. Sans parler des cris d’exposants en colère au salon de l’agriculture : Chirac 2012 !

Mais c’est surtout le monde sportif qui s’illustre. Chacun à leur époque, les footballeurs ont toujours su partir pour mieux revenir, tel Zidane, revenu sauver la France et régler ses comptes à Materazzi. Cet été, Lance Armstrong a repris son vélo et Michael Schumacher sa tu-ture. Manque de compétition ? Manque de sous ? Besoin de relancer la ferveur parmi les fans ? C’est en tout cas un « service amical » que Michael ne pouvait pas refuser, en tant que conseiller de Ferrari, et en tant qu’emblème à la renommée éternellement liée à l’écurie italienne. Pourvu qu’il ne faille pas trouver un remplaçant au remplaçant suite à un mauvais accident …

Faut-il rêver, alors, en ces temps de crise, d’un appel massif à des retraités moins chers mais expérimentés pour aider la croissance malade à se relever ? Si certains retours sont gagnants, alors tous ont le droit à leur chance. Y a pas que TF1 qui a le droit de relancer Jean-Luc Lahaye, qui se fit un plaisir de garnir les rangs de la RFM Party 80. Alors à quand une tube de l’été d’Yvette Horner, un tour de France entre Poulidor et Merckx, un nouveau record d’athlé de Carl Lewis, un match de boxe Muhammad Ali vs Mike Tyson, un blockbuster avec dans le rôle phare Kirk Douglas, un match de le foot avec Raymond Kopa capitaine, une course de Formule 1 gagnée par, une Présidentielle gagnée par Valéry Giscard D’Estaing qui nommerait Pierre Mauroy pour premier ministre ?

Avant de regretter nos morts, il serait sage de profiter de nos vivants, non ?

Credit photo : Creative Commons / Cord Rodefeld