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UFC Que Choisir – Classement USA 2010

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Nadine de Rotschild a dit, avant les résultats d’affectation (avant la remise des listes en fait) :

“Je pense, très chers amis, qu’il y a juste deux conceptions tooootalement radicaaaales. Il y a ceux qui vont aux “States”, afin d’assurer une réelle carrière, et “les autres” qui vont se dorer la pilule au soleil, hihihi passez moi l’expression, mais non, espèce de gueux, avec l’autre main et en faisant une révérence.
Dans l’imaginaire du monde, des français donc (pléonasme), de toute façon, il n’y a que ce classement, et vous devez absolument le respecter si vous ne voulez pas finir en chômeur ou journaliste (pléonasme).

1 – Les Ivy que tout le monde connaît : Columbia, Harvard, Princeton, UPenn
2 – L’Ivy dont tout le monde se fout : Cornell
3 – Les univ qu’on croit être Ivy : Duke, Georgetown, Berkeley
4 – Les univ trop bien parce que quand même, c’est une grande ville : Boston College/Univ, New York Univ, Univ of Chicago, UCLA, Univ of Pittsburgh
4ex – Les univ trop bien parce que “je connais pas la géographie des USA”: University of Washington, Washington University
5 – Les univ trop bien parce que quand même, il est connu le mec : George Washington University, John Hopkins University (bénéficie de la renommée de son cousin, Anthony), Hamilton College (quand même, ce petit Lewis, il y va fort), Condolezza Rice Univ
5ex – L’univ à qui on pardonne de reprendre le nom d’un État parce qu’il fait chaud + bonus grande ville pour certaines : Univ of California

—–LIGNE DE RESPECTABILITÉ—–

6 – Les univ “bien tenté, un personnage censé être connu mais on le connaît pas” : Sarah Lawrence College
6ex – Les univ “sur un malentendu ça peut passer mais pas forcément sur un CV” : Howard University prononcée comme Harvard, & University of Missouri à Columbia. Bon ok Columbia Missouri mais Columbia quoi.
7 – Les univ pourries parce que reprenant les noms des États : Univ of Arizona, Illinois, Michigan, South Carolina, Virginia, Wisconsin
7ex – Les univ nulles mention “vas-y on me la fait pas en géographie” : Hampshire College (même pas dans le New Hampshire), Vanderbilt University (aux Pays-Bas), Oberlin College (même pas à Berlin), Vassar College (en Suède, chez les Vasa)
8 – Les univ qu’on connait pas : American Univ, Middlebury College,  Tufts Univ, Tulane Univ, Wesleyan University
9 – Les univ de bonnes soeurs : St Mary’s College of Maryland, Univ of Notre Dame, Univ of North Carolina at Chapel Hill
9ex – Les colleges pour lesbiennes : Barnard College, Bryn Mawr University, Mount Holyoke College, Smith College, Wellesley College
10 – Le froid : Northwestern Univ
10ex – CLARK GABLE (est tjrs mort) : Georgia Tech, Emory Univ
11 – Les crocodiles : Univ of Florida (oui, quand même)
11ex – Les petits dinosaures : University of Denver
12 – Les universités à jeux de mots foireux
– L’université des boulets : Boulder, Colorado
– L’université du marketing (copyright) : Marquette Univ
– Hamilton College à Clinton ! lol
13- Louze : Programme trilatéral Northwestern/Panamerica/et surtout ScPo Paris.
14 – Le reste.

Puisse la ligne de respectabilité dissiper les brumes de ton ignorance, jeune 2A en quête d’une lumière rassurante dans les ténèbres jetées dans ton coeur par le Cédric Prunier menaçant.

BONUS : comment faire une vraie liste.

  • Si tu veux les USA, ne mets que les USA (hein Cédric).
  • Si tu veux une univ aux USA, ne jamais prononcer le mot “stage” dans l’enceinte de ScPo et a fortiori encore moins dans ta liste. Ce mot doit être banni de ton vocabulaire et de celui de tes proches au même titre que “University of Arizona” (à moins que tu ne veuilles vraiment y aller, mais cela ne me regarde pas).
  • Je ne suis jamais allée voir Matthew Thomas, je suis à Seattle. Tirez-en les conclusions que vous voudrez. Personnellement, je considère qu’on s’est tous les deux économisé du temps perdu, et sinon c’était pas correct vis à vis de ceux qui le cherchent. Sachez néanmoins que chaque année, gueuler après les résultats d’affectation permet de changer considérablement ces mêmes résultats (mais faut pas le dire fort).
  • La DAIE n’est pas bienveillante. La DAIE se fout de ton projet personnel (raison de plus pour en inventer un). La DAIE n’est intéressée que par le sien : se débarrasser de son seul boulot de l’année le plus vite possible afin de passer à la partie fun, la partie où elle rapatrie des morts de Colombie et des expulsés des USA. Ce qui signifie que ton sort sera probablement scellé non pas par une personne dotée de sentiments mais par une fonction random avec pour variable “y a t’il dans cette liste une université dont personne ne veut”.
  • Pour cette même liste, je ne saurais trop te conseiller de lire le forum scpo, qui se chargera de t’expliquer que ta liste est très bien mais que toi par contre t’es trop nul. En bonus, les anciens gonfleront le classement de leur université, et les élèves posteront de fausses listes qui te feront changer la tienne une bonne quinzaine de fois. Tu crois qu’on t’a parlé des asymétries d’information pour rien en 1A ?

Bonne chance.

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Alerte au Malibu(,) Banane.

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La vie est faite de plein de petits choix à la con. Tu te lèves le matin et déjà tu es assailli de questions existentielles, la première d’entre elle étant “gngngn il est quelle heure ?“, la deuxième étant invariablement “mais pourquoi ?“. Notez que l’on passe très vite de la question con à la question théologico-astrophysique, probablement parce que le cerveau vérifie un peu le matos au démarrage. Un peu comme le Mac et son sourire rassurant début 90s [/geek].

Mais la vie est une pute, elle te passe la pommade et ensuite elle t’enfonce. Bon en quoi je m’habille ? C’est vraiment utile un petit-déjeuner ? Est-ce que je dois me dépêcher ? Je veux dire, arriver tous les jours en retard, c’est à la fois un signe de régularité et de motivation (vu que je viens au final). Et puis une fois en retard, c’est un accident. Plusieurs fois, c’est probablement qu’il y a une raison sous-jacente, un aura de mystère et d’excitation s’installe, tout de suite on quitte le monde de l’impertinente je-m’en-foutiste pour imaginer des doubles vies trépidantes. Oui, j’y crois.

Au cours de la journée, plusieurs fois tu devras choisir ou renoncer petit Padawan. Manger une pomme ou une pizza japonaise “signée Pizza Hut, la pâte est faite de hot-dogs enveloppés de bacon et de petits feuilletés au fromage fondu. La base est composée de hamburgers, de feuilletés au fromage, de saucisse, de bacon, de jambon, de lardons, de champignons, d’oignons, de poivron, d’ail et de sauce tomate. Vous avez en plus le choix entre deux sauces : ketchup ou sirop d’érable.” ? (autopub : photos RCV 4.2a sur le Calamar)

phd030609sGlander ou t’avancer dans ton PhD en mécanique des fluides ? Chapitre 1 : où l’on apprend que l’eau ça coule. Annexe : le feu ça brûle, mais comme on enlève tout de suite sa main on en sait pas plus sur la mécanique des feux depuis une certaine Jeanne d’Arc qui est TRES EN RETARD pour la remise de son rapport merci. Mais aussi : traverser sur ou en dehors du passage piéton (grand fou) ? Sortir sous la pluie avec ou sans parapluie ? Être riche ou être pauvre ? Beau ou moche ? Avoir pour animal de compagnie un lombric ou un chat ? Parler anglais ou ughyur ?

Et c’est là qu’un mec, qui s’appelle en général Jacques, se pointe et décide de t’expliquer un truc parce que Jacadi la loi des séries. Si ce mec est sympa et Généreux, il te fera des bouquins sauveurs de l’humanité étudiante en éco et discutera avec toi de Jésus.  A l’extrême opposé et sans passer par la case “Jacquot à la Ferme célébrités”, tu trouveras l’Attali, bien capable de t’expliquer la vie en 12 minutes en plaçant les mots “coup d’opportunité”, “théorie des vases communiquants”, “Laurent Ruquier” et “aversion au  risque”. Je rajouterais bien “leader de Heinrich Freiherr von Stackelberg” mais c’est mal de se moquer.

Ah, une question d’Ignare de Loyola, qu’est-ce que l’aversion au risque. Et bien en gros, c’est quand on te dit viens Choupinet, mais si, viens je te dis, c’est pas parce que des petites filles crient dans ma camionnette et que je m’appelle Emile qu’il faut avoir peur. Voici 10 euros. Tu les as les 10 euros, arrête de courir. MAIS voici un dé, 20 faces, truqué pour qu’il reste en équilibre sur un coin, un dé de base quoi. Tu me rends les 10 euros, je lance le dé (allez, un dé normal soyons fous), si tu tombes sur un nombre pair  je te donne 1000 euros. Sinon, c’est 0 la tête à Toto (hihi).

Bon ben là Choupinet a priori, sauf s’il a besoin de ces 10 euros dans les 3 minutes pour racheter sa vie à Tony Morbihan (tin din din le Morbihan, le Montana françaaaaais), il va se rendre compte qu’il a 1 chance sur 2 de multiplier sa mise par 100, il joue. Pas averse au risque, mais bon d’un autre côté, le risque est faible.

Par contre si on lui dit “en fait il faut que tu aies deux fois un 3 en deux lancers avec un dé de 20 faces PAS TRUQUE SUR LE 3”, Choupinet reprend sa moto et son étiquette “averse au risque”, se barre sans casque avec ses 10 euros dans la poche, rêvasse à … paf l’accident, la mort, les 10 euros qui ne suffisent pas à combler les dettes consécutives à l’enterrement dans un casino célèbre, la famille décomposée jetée à la rue décharnée, la fermeture de l’usine du père et du club de tuperware de la mère… Conclusion : l’aversion au risque, non berk pas bien (sauf si tu travailles dans les assurances).

L’exemple de la roulette russe (ou encore de la roulette belge, avec un revolver automatique) étant sympa aussi puisqu’il permet d’occuper une énième cellule de crise économique pendant des années sur l’existence de choix rationnels, à la recherche du prix Nobel perdu. “Pourquoi Dieu a-t-il créé l’économie ? Pour que les prévisions de la météorologie soient prises au sérieux.

Tout ça pour dire quoi ? Et bien pour dire que je suis pessimiste, que la vie est pute, mais que visiblement à l’university of Washington on est tellement jaloux de ne pas avoir de faille de San Andreas qu’il faut en permanence flipper comme un dauphin épileptique (qu’est-ce que tu dis Flipper ? Que tu captes le modem 56k du voisin ?).

  • L’alerte Fahrenheit 451
    On 8/12/09 at approximately 11:17 p.m., UW Police, Seattle Police, and the Seattle Fire Department responded to two separate fires in Seattle’s West Campus at 12th Ave N.E. and N.E. 41st Street. Both fires occurred on the exterior of two wood-frame UW buildings which were unoccupied. The initial investigation indicates the fires were set intentionally by an unknown suspect(s).”
    – “approximativement 11:17pm” : wouah.
    – “UW police, Seattle Police” : nous avons donc une police rien que pour l’université. Bientôt les appariteurs armés à ScPoPoint-eurintégré.
    – les pompiers arrivent après la police en cas de feu. Pizza Hut est en fait première sur les lieux mais chut.
    – “two separate fires” : à Seattle, nous avons aussi des feux siamois où plusieurs feux ne sont pas séparés.
    – “wood-frame UW buildings” : donc en fait ils sont pauvres.
    – “The initial investigation indicates the fires were set intentionally by an unknown suspect(s).” : le mec ne sait RIEN mais il se sent obligé de te dire que le(s) mec(s) qu’il ne connait pas savait ce qu’il faisait.
  • L’alerte Huggy les bons tuyaux
    Case study : “Around 2:30 a.m. on August 21, 2009, two UW students walking eastbound on N.E. 45th Street from University Way, N.E. noticed they were being followed by three males in a dark colored vehicle. As they neared 16th Avenue N.E., two suspects exited the vehicle and demanded the victims’ wallets. The victims were subject to assault as they attempted to run to their apartment and managed to escape serious injury. The suspects fled in an unknown direction.”
    Là UW se dit et si on rajoutait quelques conseils bien sentis, parce que  là c’est quand même la louze. Les gens qu’on connait pas sont partis dans un endroit qu’on connait pas, c’est pas vendeur pour les stats. Vu qu’UW ne peut pas envoyer aux agresseurs un e-mail “euh c’est pas très gentil quand même ce que tu as fait”, ils nous l’envoient à nous.
    Prevention tips for incidents such as this:
    * Be aware of your environment and alert for possible danger. (Oh oui, soit aware.)
    * Remove yourself from potentially dangerous situations as soon as possible. (putain moi en général je tape la discute et récupère le nom de mes agresseurs, on s’ajoute sur Facebook, c’est trop génial. Chacun son moyen de sociabilisation, zut.)
    * Walk with a group. (tu veux dire un peu comme les victimes là ?)
    * Call 911 to report suspicious activity or persons to the police. (“excuse-me but … well yeah I’m doing fine and you ? yeah it’s a little bit rainy but we get used to it ! Well, nothing special, I just wanted to tell you guys that there was someone  waiting next to me for the traffic lights to change, and that he was kind of suspicious-looking. No no thanks, he’s now pointing a gun at me but it was nice chat ! Yeah see ya Dude !”)
    * Call Husky NightWalk: 206-685-WALK (9255) for a security guard escort to various locations on campus and within a one-mile radius off campus.  The hours of operation for these uniformed guards are 6:00pm-2:00am, 7 days a week. (Toi aussi, achète toi des amis konpapeur).
    * Contact the University of Washington Police Crime Prevention Unit at 206-543-9338 for additional crime prevention information. (oh moi je pensais qu’ils étaient déjà à leur max là)
  • L’alerte Tortues Ninja (non je n’expliquerai pas, faut du background. Tortues Ninja Tortues Ninja x3, KOWABUNGA le cri des ninjas !)
    1. “She was pushed to the ground by two unknown males in their 20’s, who then took the victim’s football ticket from her rear pocket.  Both suspects fled toward the North Plaza entrance to Husky Stadium and entered the facility.  Responding Officers were unable to locate the suspects among the crowd.” (Vous imaginez si les gars se sont assis à la place de la fille, et que la police n’ait juste pas pensé à vérifier ?)
    2. “SPD Officers contacted two victims and two witnesses who reported being accosted by a group of 10 males. One of the male suspects asked the victims for pizza and when refused became agitated. The victims attempted to run away but were chased and then assaulted by the primary suspect.” Mythique.
  • L’alerte beware of the Stabilo Boss in your back
    “A male victim not affiliated with the University reported that while walking in the area of N.E. 47th Street and University Way, N.E. a male approached him from behind, pressed a hard object into his back and demanded his property.”
    Cette alerte s’accompagnant d’un nouveau conseil “Avoid confrontations with suspects if possible.”. Mais pourquoi ils me disent ça à moi, ils m’ont prise pour Béatrice Dalle ou quoi ?
  • Mais maintenant c’est plus drôle, les suspects volent des fraternités et réalisent avec brio des vols à main armée.

En tout cas c’est à se demander qu’est-ce que le niveau au-dessus de tous ces mails. A chacun d’entre eux on nous rassure que non, ce n’est pas une UW Alert. Mais moi je veux savoir ce que c’est !! Probablement l’apocalypse ou l’anéantissement pur et simple du campus (connerie de labo de chimie). La différence avec Sciences Po étant qu’à Seattle, quand un mec éternue à côté d’un ordinateur sur le campus de Menton, il fait pas sauter l’intégralité du système de Pipo, forçant Stéphane Auzanneau à nous envoyer des mails “VDM à ScPo”.

  • “èLundi dernier, en début d’après-midi, une fibre optique, élément essentiel constituant notre réseau, a été malencontreusement arrachée lors d’une phase de déblaiement.” : Lundi 16h, alors qu’on arrivait au boulot, un cable, élement pratique, a été arrachée par la femme de ménage qui balayait. (note : oui, le è remplaçait la liste)
  • Le bâtiment du  56, rue des Saints-Pères a alors été brutalement privé de réseau et de services informatiques, d’accès à l’internet, etc.Le mardi matin, le réseau était restauré au bâtiment du 56, rue des Saints-Pères.: étrangement, une fois débranché, ça marchait plus, ni le réseau, ni ‘Ternet, ni la machine à café. Mardi 11h on a rebranché sans faire exprès, et là …
  • è Cette rupture brutale (le pauvre) de fibre a cependant endommagé des équipements réseaux optiques au sein de notre principale « salle serveurs » (oh ouais c’est un gros terme de geek à mettre entre guillemets ça), ce qui a entrainé dès mardi midi des effets en cascade de perturbation des services wifi, réseaux, fonctionnements de logiciels sur site ou via internet sur la totalité des campus.” : on a quand même tenu 3min42, mais le Guinness book n’a pas de catégorie Hussein Bolt du bide informatique.
  • Des actions ont été immédiatement lancées mais la complexité de ces phénomènes a nécessité un temps d’analyse relativement long, ce qui explique également que certains services étaient encore perturbés les journées de mercredi et jeudi.” : help on y comprenait rien
  • “(…) Lors de ces incidents, nous en avons en particulier constaté un disfonctionnement concernant plus spécifiquement le réseau wifi de Sciences Po.” : lors de cette phrase nous avons aussi constaté un dysfonctionnement concernant l’orthographe.
  • Une action permettant de préciser les causes et d’engager le correctif nécessaire est en cours auprès de nos partenaires intégrateurs et constructeurs des éléments de notre réseau.” : c’est bon, ça marche pas plus, mais on a transféré la faute sur les autres !!!!
  • è Enfin et pour finir (huhu), nous avons fait l’objet d’une attaque de variantes du virus « Qbot » vendredi dernier qui a profondément perturbé les postes de travail de beaucoup de personnes à Sciences Po, et ceci en dépit de l’action de nos anti-virus” : grandiose. Crescendo. Je vois bien en conclusion “et en plus en rédigeant ce mail je me suis renversé mon café sur ma chemise neuve VDM”.
  • (les anti-virus parfaits n’existent malheureusement pas).” : Stéphane a fait 2 semaines de médecine dans le sous-sol d’un magasin rue Montgallet, alors il le sait, ok ?

M’en fous, même pas peur. (Attention les cardiaques.)

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Des bisous des bisounours.

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Je comprends pas.
On m’avait vendu du rêve.

On m’avait dit, tu verras, aux USA ce sont des chiens, des chiens de capitalistes libéraux (oui je Skype beaucoup avec Lénine), ils vont te sucer jusqu’à l’os (à moelle), ce sont tous des avocats qui ont fait un PhD en Global Business prêts à se jeter sur toi la chaise électrique entre les dents au premier gamin renversé par ton 4×4 grand luxe. (Alors qu’en France, on est d’accord, on se formalise pas pour une telle connerie, allez, il est où le fun.)

On m’avait dit, tu verras, les USA ce sont des bureaucrates cent Foi cent Lois, tu vas pas boire une goutte d’alcool pendant 1 an, tu vas vivre une vie faite d’ascétisme et d’hamburgers distillés, alors que d’autres se murgeront joyeusement la gueule entre deux readings de 137 pages tout en japonais sur “les perspectives économiques d’introduction de la tronçonneuse chez les Amish : étude des retombées cinématographiques possibles“.

Mon sang n’avait fait qu’un tour. Je me suis dit “bordel de nom d’un petit bonhomme sans manches !”. Mais comment je vais faire, en bonne polonaise que je suis, pour ré-équilibrer ma formule sanguine si on ne me donne pas d’alcool ?! Je me voyais déjà condamnée à louper ces spectacles de déchéance humaine, de filles pulpeuses toutes de dentelle vêtues, en train de lentement manger des fraises trempées dans une fontaine de chocolat, le tout dans une position d’autant plus équivoque qu’il pleut du champagne.

Je tiens à dire à mes lecteurs masculins que dans ma bouche (j’ai bien envie d’arrêter la phrase là) ces mots ne correspondent pas du tout à la catégorie “fantasme absolu” mais “image de débauche dans une fraternité”.

Mais alors que faire, apprenti gringo en manque de sensations typiquement américaines ? Une fake ID ? Oui mais là aussi, je m’imaginais devoir me glisser dans le ghetto de Seattle, à 2h31 du mat, avec une longue cape, donner à un grand black baraqué un mot de passe improbablement approprié (“looney toons”) pour accéder à la pénombre d’une cave dans laquelle je devrais signer de mon sang une reconnaissance de dettes qui me permettra d’acquérir ma vraie fausse identité (Robert, 54 ans, camionneur dans le Massachussetts).

Je me préparais déjà à reprendre l’avion vers un pays à ma mesure (un pays qui FERAIT PAS CHIER par exemple, comme l’Afghanistan) quand tout d’un coup la vérité m’apparut.

Les américains sont gentils.

Et c’est exactement le mot qui convient.

Ils sont gentils “nice” et gentils “con-cons”.

Après plus de treize ans passés à  Paris, je suis habituée à ce qu’on veuille me tuer. “Bonjour une baguette de pain et un ticket pour aller me faire foutre s’il vous plait“, “bonjour oui tout ce qu’il y a dans le caddie et une tronçonneuse pour assouvir mes pulsions meurtrières parce que ça fait 15 fois que tu appelles Raymonde à ta caisse, ELLE VIENDRA PAS ELLE VIENDRA PLUS avec un nom comme ça elle est même probablement mooooorte” (vie stressante),  “bonj … pardon, au temps pour moi.  Allez, fuck à toi aussi mon frère.” etc etc. Un Parisien, c’est forcément une personne qui a eu une mauvaise journée, prévoit une mauvaise soirée, et déteste l’idée de se lever le lendemain pour une encore pire journée de merde. Le Parisien étouffe du matin au soir, car il n’a d’autre alternative à son air pollué que son fameux air arrogant.

Tout ça donne un parisien accro aux anti-dépresseurs et à la machine à George Clooney, un parisien qui ne doit son salut qu’au fait que la RATP fait grève bien trop souvent pour qu’on prévoit dignement de se jeter sous le métro. Bien heureusement, les automobilistes prennent le relai, sans même qu’on le leur demande en fait. Aux USA, impossible de te suicider sereinement. Où que tu sois, quoi que tu fasses, ils te laissent passer. T’es au milieu de la route, plein de sang et un cadavre sur les épaules, ils te font un petit regard moraliste mais ils te laissent passer. Probablement en se disant que “wouah, quand même, ils sont forts ces américains (ah oui hihi c’est nous les américains) pour filmer CSI : Miami à Seattle et sans caméras”.

La fake ID je pensais qu’on craquait des fichiers à la CIA pour les avoir, mais que dalle, scan/photoshop/impression/plastification, et le tour est joué. Bon ok, c’est la Californie, et je suppose que là bas le flic a toujours le Soleil dans les yeux alors techniquement tu pourrais lui montrer le carnet de vaccination de ton chien, mais sur le principe ça me sidère.

Et puis tiens, moi qui suis asociale primaire, qui déteste qu’on m’alpague au plein milieu d’une rue (nominément rue de la Huchette) pour me proposer le meilleur gyros du monde, enfin de Paris, et puis tiens, le meilleur gyros de l’histoire de la salmonelle allez vazysitiplémamoiselle. Comment je fais moi avec des gens qui me demandent à tout bout de champ “hey how are you doing ?” ? Mais euh, tu serais pas en train de ranger les tomates là, pourquoi ma vie t’intéresse ? T’as peur que je te fasse un procès pour snobisme ? Trop de gentillesse. Je fond  tel un gothique coincé devant une rediffusion d’un spectacle de Chantal Goya en plein soleil.

Quant à l’alcool, je dis “lol” (lol). La vie ici est une vie de débauche, entre les beer pongs et les flip cups, les “hey want a beer” (en français : “salut, tu veux un peu de ma merde en bouteille coupée à l’eau qui te ferait bien passer ton winter break en Belgique ?”) et les “wouah this sangria is so great”. Parait qu’Halloween n’est qu’une occasion pour les filles de s’habiller en chaudasses. Pourtant, à ce que j’avais cru comprendre, elles ont pas réellement besoin d’occasion. Il fut une époque pas si lointaine où je passais mes soirées à parler aux portes (j’étais con, je faisais un peu de dyslexie entre porte et pote). Aux USA, c’est pas possible. Non pas qu’ils n’aient pas inventé la porte (on déconne on déconne, ils ont pas de sonnette, et ça se sent qu’ils ont pas eu Napoléon non plus, parce que j’ai tjrs pas compris le système de numérotation des maisons), mais ils ont pas inventé la mémoire. Ainsi, hier un mec que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam m’a reconnu très chaleureusement. Des mecs que je ne connaissais pas plus prennent d’étranges libertés pour pousser délicatement les jeunes filles (pour les connaisseurs, c’est encore PIRE que le jeu du touche-fesses dont je parlais dans mon rapport de stage). Et j’attends avec impatience mardi prochain, jour où je reverrai mon prof d’allemand croisé bourré dans une soirée. Ahlala, croiser ton prof qui t’avoue entre deux rires débiles qu’il ne connait qu’une phrase en français (apprise en Allemagne, la louze) : “je veux bouffer  de la chatte”. Tout en finesse.

Heureusement, certaines personnes me veulent du mal. OUF, une bonne vieille théorie du complot judéo-franco-maçonnique.

  • Déjà, il est pas net le caissier de SafeWay qui chante la BO de Superman quand j’y fais mes courses.
  • Ensuite, la prof de “Shakespeare after 1603” qui au lieu de t’expliquer pourquoi 1603 s’auto-excite toute seule sur l’ami William avec une voix à faire éclater un tympan à une chauve-souris.
  • Et évidemment, 90% de la ville. En effet, UW se fait un plaisir de nous envoyer régulièrement les headlines de la criminalité avec un style en dehors du cosmos. Y a pas de raison que vous n’en profitiez pas, mais ce sera au prochain article.
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A Serious Man

aseriousman

Oyez oyez, le dernier des Frères Coen est arrivé. Les maîtres de l’absurde se sont appliqués à imprégner le digne successeur de Burn After Reading d’humour noir et de religieuses philosophies aux accents cyniques, le tout dans un contexte où sagesse et humour juif se renvoient la balle. Un véritable coupable régal que de suivre, impuissants, les aventures de Larry Gopnik, professeur ès vie de merde.

Car il s’agit bien ici de se plonger, après un prologue frisant le génie, dans les années 60 pour y observer un acharnement si parfait qu’il en devient presque mystique : la transformation en drame du quotidien de Larry Gopnik (Michael Stuhlbarg), tranquille professeur de physique quantique à l’école Bnai Abraham, marié, père de deux enfants.

Du jour au lendemain, l’ordre cosmogonique semble l’avoir pris en grippe. Sa fille lui vole de l’argent pour se refaire le nez, son fils préfère écouter la radio que les cours le préparant à sa Bar Mitzvah, et surtout sa femme Judith le quitte pour leur ami Sy qu’elle veut épouser. La sentence est immédiate : Larry doit quitter le domicile conjugal pour s’installer dans un motel avec son éternel squatteur de frère, Arthur, qui griffonne sur des pages et des pages des signes kabbalistiques.

En parallèle de cette histoire de famille qui s’écroule se profile une réflexion sur le judaïsme, la religion, les croyances, la communauté, la vie et son sens. En effet, Gopnik, désespéré, se résout à consulter trois rabbins différents dans l’espoir de se voir proposer la solution à ses problèmes personnels comme professionnels. Car, pour parfaire le tout, alors qu’il est sur le point de se voir accorder sa titularisation, Larry fait l’objet d’une véritable persécution par un étudiant coréen pour qui acheter une note semble tout à fait légitime…

Le délire absurde dans lequel nous plonge les frères réalisateurs est servi par une brochettes d’acteurs inconnus, ce qui ne fait que mettre l’accent sur leurs personnages dramatiquement croqués à la perfection par les scénaristes, du couple de futurs divorcés à la voisine nymphomane sous substances, en passant par le golfeur Sy, qui vient réconforter l’homme à qui il a volé la femme … Un film comique et métaphysique, épatant.

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Ik heb hem niet vermoord.

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(c’est beau le néérlandais hein ?)

Plus tard, je voudrais être James Bond. Enfin non, plus tard je voudrais être Maurice Olivari, l’envoyé spécial de TF1 en Italie (pitié pitié). Mais je ne crois pas que le fait que mon numéro d’étudiant à U-dub se termine en 007 soit un hasard. Il ne fait que concrétiser ma vocation et me donner la légitimité de dispenser aujourd’hui devant vos yeux ébahis mon premier cours CIA 101 : Going to USA for dummies (et après, a priori, j’aurai rattrapé mon retard et je pourrais critiquer ce que j’ai vu depuis que je suis arrivée).

Les Etats-Unis souhaitant garder ses frontières ouvertes mais sûres (…), ils n’ont rien trouvé de mieux que nous faire répondre à des questions totalement improbables pour être sûr de notre bonne foi. En suscitant immédiatement d’autres :  que se passe-t-il si on répond “oui” à ces questions ?  des personnes répondent-elles vraiment oui ? les américains ont-ils mis en place un système perfectionné déterminant notre stress en fonction de la gueule de notre croix dans la case “nonnonjelejurec’estpasmoi” ? nous observent-ils ? sont-ils parmi nous ?!?

En tout cas pour être parmi eux, faut en vouloir. Surtout dans certains cas, présentés ici par ordre des questions, et donc je suppose par ordre de gravité.

  • Le proxénète / la prostituée
    Raison supposée : pas de travail illégal, merci de demander une Green Card.
  • Le dealer
    Raison supposée : trop de concurrence interne, relent de protectionnisme.
    ATTENTION : il faut bien lire la question. Il ne faut pas avoir été impliqué dans un trafic/une vente de stupéfiants. Les consommateurs sont néanmoins chaleureusement sollicités à aider nos amis dealers en ces temps de crise.
  • L’atteint d’Alzheimer
    Questions : “L’entrée aux Etats-Unis vous a-t-elle été refusée, ou avez-vous fait l’objet d’un interrogatoire dans le cadre d’une mesure d’expulsion? Avez-vous tenté d’obtenir un visa ou d’autres avantages liés à l’immigration (ou aidé un tiers) par des moyens illégaux ou frauduleux ou de fausses déclarations? Avez-vous, sous couvert d’un visa F, fréquenté un établissement primaire ou secondaire public, après le 30 novembre 1996, sans avoir remboursé cet établissement ?
    Raison supposée : pure sadisme, bonne chance pour répondre aux questions.
  • Le terroriste qui avoue trop facilement
    Questions : “Avez-vous l’intention de contrevenir à la réglementation en matière d’exportations, de vous livrer à des activités subversives, terroristes ou autres activités illégales? Êtes-vous membre ou représentant d’une organisation terroriste définie comme telle par le Secrétaire d’État Américain?
    Raison supposée : le gouvernement américain est heureux de vous offrir un stage de redéfinition de carrière professionnelle avec toute l’équipe du Guantanamo Center.
  • Les nazis et génocidaires
    Questions : “Avez-vous participé à des persécutions nazies? Avez-vous participé à un génocide?
    Raison supposée : cher Monsieur Nazi, voyager à votre âge n’est pas très sain.
  • Le récidiviste trop honnête
    Questions : “Avez-vous enfreint la législation américaine en matière de visas, séjourné illégalement ou été expulsé(e) des Etats-Unis?
    Raison supposée : gain de temps, pas de visa du tout cette fois.
  • Les gens un peu cons qui enlèvent des enfants dont la garde avait été confiée à leurs parents par un tribunal américain alors qu’une garde confiée par un tribunal tchèque ou sans aucun tribunal ça passait.
    Questions : “Avez-vous retenu hors des Etats-Unis un enfant mineur américain dont la garde avait été confiée à ses parents par un tribunal américain?
  • Les gens qui ont la grippe, la varicelle et/ou la peste bubonique
    Questions : “Avez-vous contracté récemment ou non une maladie contagieuse constituant une menace pour la santé publique?
    Raison supposée : ben si c’est pour mourir on fait très bien ça ailleurs aussi.
  • Les gens qui relativisent tout
    Questions : “Etes-vous atteint de troubles physiques ou mentaux graves?
    Raison supposée : non là quand on est l’homme tronc et qu’on est schizo, il faut le dire là.
  • Les gens qui fument
    Questions : “Etes-vous (avez-vous été) toxicomane ou avez-vous fait usage de stupéfiants?
    Raison supposée : en fait c’est par politiquement correct, dans la vraie vie vous avez votre visa plus vite.
  • Les gens qui n’ont pas la liste des passagers de l’avion à l’avance
    Questions : “Merci de noter les noms et relations des personnes qui vous accompagnent“.

Et si à tout hasard on te donne ton visa quand même, et que tu réussis à prendre l’avion sans avoir de billet de retour (wouah), tu devras remplir une feuille de douane où tu indiqueras si tu apportes ou non :

  • fruit, vegetables, plants, seeds, food, INSECTS
    (à noter que food c’est différent de fruits, vegetables and so on)
  • meat, animals, animals/wildlife products
    Moi j’ai mon chien dans la soute, je coche quoi ?
  • disease agents, cell cultures, snails
    Moi j’ai un virus de compagnie, il s’appelle Ebola, je coche que j’ai un animal ou un disease agent ?

Et même une fois posé le pied sur le plancher des arbres à steak hachés transgéniques, tu n’es pas à l’abri. La rumeur de l’existence d’une incompréhensible loi interdisant l’esclavage aux USA étant arrivée jusqu’à mes oreilles, j’ai cru bon de ne pas emmener ma mère avec moi. Aussi en suis-je réduite, voyez-vous, à acheter de quoi faire des (brrr) tâches ménagères, moi qui jusque là étaient habituée à faire (avec assiduité et brio) uniquement des taches.

Ben qu’est-ce qu’est pas écrit sur le Mr Clean ?

Que c’est un crime fédéral que de l’utiliser pour autre chose que prévu. Et ouais, carrément. Je me demande bien combien de lois je suis actuellement en train de violer, en ce moment même, surtout dans cette liste :

http://www.bored.com/crazylaws/

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Ces fonctionnaires, tous les mêmes !

Husky Logo 1

Ça fait des années qu’on me fait chier à tout comparer. Dans quelle mesure la Révolution de 1830 est elle plus libérale que la révolution de 1789 ? Dans quelle mesure la Chine a-t-elle plus de chance de conquérir le monde que les îles Sandwich du Sud ? Dans quelle mesure les femmes sont elles plus chiantes sous De Gaulle que sous Strauss-Kahn ? Dans quelle mesure mais putain va t’acheter une règle et arrête de me saouler.

Néanmoins je crois qu’ici il serait de bon aloi de comparer ici les réalités administratives de quelques pays, au nom de la science toujours.

Plantons le décor. Georges-Robert, jeune homme dans la force de l’âge, beau grand fort drôle intelligent riche et qui ne porte pas de jogging, n’a rien à foutre de ses vacances. Aussi se dit-il « tiens, et si j’allais me faire un passeport algérien ». En effet, les parents de Georges-Robert s’appellent Germaine-Malika et Marcel-Mohammed. Notre ami Georges-Robert peut donc prétendre à recevoir ce délicat feuillet vert qui se lit à l’envers qu’est le passeport algérien.

Grâce à Google Analytics outil performant et pertinent, je sais que 74,3% de mes visiteurs se situent entre 18 et 24 ans, qu’ils surfent sur Firefox, qu’ils aiment le vert, qu’ils sont en général assis quand ils visitent ma page, et surtout, qu’ils sont français. Le reste se constituant essentiellement de brésiliens (vraiment).

Georges-Robert, rassurez-vous, jusqu’à chercher son consulat algérien à Nanterre, ne savait pas plus que vous qu’est-ce qu’était un passeport algérien nouvelle génération. Son dernier passeport remontant à 1994, il espérait que ce ne serait plus ce passeport rempli à la main et signé par son père.

Aussi arrive-t-il un samedi d’été, plein d’entrain, dans une petite maison fort coquette, et se dirige-t-il vers la personne qui se trouve à l’entrée de cette maison, derrière une vitre blindée. A peine a-t-il murmuré le début d’un mot qu’on lui donne violemment un ticket de boucherie. Georges-Robert s’étonne mais ne s’affole pas et commence à sortir les appareils électroniques de ses poches afin de ne pas sonner sous le portique. Éclat de rire de Monsieur Ticket de Boucherie, qui lui annonce hilare que « mi non Misieur ! c’i pas la peigne ici ». Qu’à cela ne tienne, Georges-Robert passe, prêt à entendre le bip accusateur de la machine, qui ne vient pas. La machine n’étant pas branchée, Georges-Robert voit presque du bon sens dans l’attitude de son nouvel ami.

Il s’assied alors, parmi ses compatriotes, et attend. 14 numéros sont avant lui, il sait que ça va être long. Très long. Son père qui l’a accompagné se lève alors d’un bond, et annonce solennellement et audiblement : « Bon, je vais fumer une clope. ». Georges-Robert s’enfonce dans son siège alors que l’imam en face de lui le fusille du regard en plein Ramadan.

2 heures plus tard, après quelques arrivées tonitruantes de personnes qui connaissaient mieux le consul que ceux de la salle d’attente (en fait la phrase “je connais le chemin” doit être un mot de passe), le numéro de notre héros s’affiche enfin. Il s’assied au guichet indiqué et apprend qu’il faut revenir la semaine prochaine, car il manque dans le dossier le ticket du bus qu’il a pris pour venir, lui qui est arrivé en voiture.

Mais il s’estime chanceux le Georges-Robert, car derrière lui pleurs et cris se font entendre. Un jeune marocain-algérien a besoin de faire son passeport dans la journée. Cela fait trois fois qu’il vient. Aujourd’hui il manque l’acte de nationalité original de sa mère (si si). Son « C’est beau la solidarité du Ramadan hein ! » déclenche les foudres. On mélange pas la religion et l’administration qu’il paraît (haha). Les gens du consulat essaient de le dissuader, il serait marocain. Mais non rétorque-t-il, je suis algérien ! « Il ne faut pas renier votre race ! » lance le chef des consuleux, vaillamment.

Gêné, Georges-Robert observait ce qui se passait aux autres guichets. Ceux-ci commencent logiquement au numéro 2. Au numéro trois, imperturbable, le préposé après avoir fini de recopier sur l’ordi ce qu’il avait écrit à la main sur une jolie pochette jaune, sue à grosses gouttes. Il faut appuyer sur « entrée ». Sa main tremble. Finalement, il appuie. « Chtoumb ». Il reappuie. « Chtoumb ». Il re-re-appuie « re-re-chtoumb ». Il recommence tout à zéro, c’est plus sûr.

Mais Georges-Robert, pendant la semaine qui le sépare de son nouveau rendez-vous doit aller faire son visa à l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Son rendez-vous est à 8h, il se présente à 7h30, quasiment en tenue stérile avec uniquement ses papiers permettant de prouver sa naissance, son domicile, son nom, ses parents, son revenu, ses raisons de partir, ses raisons de revenir, encore un peu et il leur amenait son certificat de décès.

Premier guichet, une dame qui récupère quelques papiers (représentant 1/5 de ce qu’avait apporté Georgie) dont notamment une partie détachable du numéro du ticket de boucher américain. On y revient donc toujours. Ah oui mais non parce qu’en fait quand tu arrives au guichet au consulat algérien, tu montres pas ton ticket. On considère que si personne t’a lynché, c’est que c’est ton tour (même, t’insiste pour lui montrer, il s’en fout le mec).

Bref, tu donnes ton enveloppe Chronopost pleine de paperasse. D’ailleurs, par beau temps dans le petit parc qui jouxte le consulat, on peut voir un péquenot à vélo tirer une grosse remorque Chronopost. Et on s’étonne qu’ils soient lents, tiens. Donc il te faut maintenant numériser tes empreintes digitales. Georges-Robert pose son pouce, mais ça ne marche pas. Après avoir rapidement éliminé l’option « il est bionique », la guichetière lui donne un petit torchon crade comme on les aime et lui demande de nettoyer l’appareil. Georges-Robert s’applique mais ça ne donne rien. La guichetière agacée lui dit « mais non, là où il y a du produit ! ». Le produit. Le meilleur mot de la Terre, qui te permet de mettre n’importe quoi n’importe où et de donner l’impression que c’est super compliqué et super efficace comme formule. Georges-Robert il en a marre il se transforme en fée du logis et il frotte. « Mais non, ça ira ! » rigole la guichetière (qui sait pas ce qu’elle veut donc). Et G-R retourne s’asseoir, seul, entre deux rabbins.

Il attend. Longtemps. Très longtemps.

Quand soudain c’est son tour il se lève d’un bond et d’un autre atteint le guichet. « On va prendre vos empreintes ». BEN TROP TARD je pensais que c’était déjà fait je me suis coupé les mains. Qui est le con qui a décidé dans le protocole que Ben Laden aura mis de fausses empreintes la première fois et soulagé aurait décidé de les enlever avant le 2e guichet ? Qui est le parano qui pense que j’en avais marre et que je me suis barrée avant de me faire remplacer par un mexicain caché sous le plancher de l’ambassade ?

Ben les ricains je crois.

« veuillez poser votre majeur »
*pose*
« euh non ça c’est l’index »
*honte*
« euh mais là vous appuyez trop fort »
*rohjamaiscontentlui*
« si c’était un examen vous l’auriez loupé »
*rire bête*

Au consulat algérien, rien de tout ça. Tu arrives, tu balances la paperasse, le monsieur recopie tout, imprime ça sur des bouts de cartons de couleurs, tu fous les doigts dans l’encrier Rinoldz, et le tour est joué. Tu retournes t’asseoir et tu attends qu’ils impriment sur le passeport les infos. Ainsi, dans la salle d’attente, un père peut dire à sa fille :

« Tu as vu, en Algérie, tu as ton passeport le même jour. Le même jour ! Même les Etats-Unis ils font pas ça ! ».

On se demande pourquoi tiens.

Signé Georges-Robert.