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A Serious Man

aseriousman
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Oyez oyez, le dernier des Frères Coen est arrivé. Les maîtres de l’absurde se sont appliqués à imprégner le digne successeur de Burn After Reading d’humour noir et de religieuses philosophies aux accents cyniques, le tout dans un contexte où sagesse et humour juif se renvoient la balle. Un véritable coupable régal que de suivre, impuissants, les aventures de Larry Gopnik, professeur ès vie de merde.

Car il s’agit bien ici de se plonger, après un prologue frisant le génie, dans les années 60 pour y observer un acharnement si parfait qu’il en devient presque mystique : la transformation en drame du quotidien de Larry Gopnik (Michael Stuhlbarg), tranquille professeur de physique quantique à l’école Bnai Abraham, marié, père de deux enfants.

Du jour au lendemain, l’ordre cosmogonique semble l’avoir pris en grippe. Sa fille lui vole de l’argent pour se refaire le nez, son fils préfère écouter la radio que les cours le préparant à sa Bar Mitzvah, et surtout sa femme Judith le quitte pour leur ami Sy qu’elle veut épouser. La sentence est immédiate : Larry doit quitter le domicile conjugal pour s’installer dans un motel avec son éternel squatteur de frère, Arthur, qui griffonne sur des pages et des pages des signes kabbalistiques.

En parallèle de cette histoire de famille qui s’écroule se profile une réflexion sur le judaïsme, la religion, les croyances, la communauté, la vie et son sens. En effet, Gopnik, désespéré, se résout à consulter trois rabbins différents dans l’espoir de se voir proposer la solution à ses problèmes personnels comme professionnels. Car, pour parfaire le tout, alors qu’il est sur le point de se voir accorder sa titularisation, Larry fait l’objet d’une véritable persécution par un étudiant coréen pour qui acheter une note semble tout à fait légitime…

Le délire absurde dans lequel nous plonge les frères réalisateurs est servi par une brochettes d’acteurs inconnus, ce qui ne fait que mettre l’accent sur leurs personnages dramatiquement croqués à la perfection par les scénaristes, du couple de futurs divorcés à la voisine nymphomane sous substances, en passant par le golfeur Sy, qui vient réconforter l’homme à qui il a volé la femme … Un film comique et métaphysique, épatant.

admin

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