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Les chèvres du Pentagone

neweartharmy
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Improbable titre, improbable casting, mais pourtant irrésistible, « the man who stared at goats » a été le coup de cœur de la fin 2009 pour le Calamar aux USA, un véritable croustillant d’absurdité dans un feuilleté politique. Basé sur un roman de Jon Ronson révélant les expériences de l’armée américaine à la recherche de techniques paranormales, ce film délirant de Grant Heslov nous prévient d’entrée : « more of this is true than you would believe »…

Tout commence en 2003 quand Bob Wilton (Ewan McGregor), reporter du Michigan au cœur brisé, décide d’oublier son chagrin d’amour en faisant du journalisme, du vrai, en trois mots comme en cent : du reportage en Irak. Mais c’est un autre sujet qui va s’offrir à Bob lorsqu’il rencontre un certain Lyn Cassady (George Clooney), qui va lui faire découvrir les secrets de son unité très spéciale. Formée par Bill Django (Jeff Bridges) après la guerre du Vietnam avec pour mission de changer la guerre telle que nous la connaissons, la New Earth Army prépare ses recrues à utiliser leurs pouvoirs psychiques pour faire la guerre sans autre violence que celle issue de leur esprit. Au menu pour ces apprentis « guerriers Jedi » (jolie résonance avec le passé d’Ewan McGregor) à l’intuition surdéveloppée : cours de danse et passages à travers les murs, invisibilité et façonnage de nuages, rien que ça ! Autant de capacités surhumaines qui mène la paire Clooney/McGregor sur les traces d’un Django apparu en vision à son protégé Cassady, convaincu que malgré une terrible malédiction qui pèse sur lui, il a reçu la mission d’aller secourir son mentor..

Mais que viennent faire les chèvres là-dedans me direz vous ? Et bien elles représentent le tournant dans la vie de Lyn. Forcé d’utiliser ses pouvoirs contre l’une d’entre elles, il claque la porte de son armée de hippies, convaincu que de telles capacités ne peuvent être utilisées pour faire le mal. Une vision totalement opposée à celle de Larry Hooper (Kevin Spacey), l’ennemi maléfique, aujourd’hui devenu responsable d’une équipe de recherche privée sur les … pouvoirs psychiques et paranormaux.

Excellente comédie satirique aux allures de film des frères Coen, Les chèvres du Pentagone fait mouche à chacun des gags tous plus improbables les uns que les autres, servis par un hilarant George Clooney en grande forme, un convainquant Jeff Bridges dans une de ses meilleures performances, un Ewan McGregor impeccable dans le rôle du faire-valoir incrédule, et un Kevin Spacey délicieusement méchant. Les plus intellectuels verront une critique mordante de la guerre et de ses méthodes (qu’on pense seulement à Guantanamo ou Abu Ghraib), de l’idéalisme, du patriotisme américain, ainsi qu’une jolie mise en images de l’histoire du First Earth Battalion de Jim Channon. On regrettera que le film ne dure qu’une heure trente (bien que mieux vaut un film court bien ficelé qu’un film fleuve dilué) !

admin

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