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P-sicko-pathes.

huskyplate
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Dr House me manque. Les housisms, évidemment, mais SURTOUT, SURTOUT : le catalogue de maladies que je peux avoir. Grâce à Dr House, je me suis autodiagnostiqué avec succès 2 tuberculoses infectieuses, 1 petite pneumonie nasale, 1 syndrome de Münchausen, 2 narcolepsies, 19382 schizophrénies, 3 cancers de la prostate et 1 syndrome du membre fantôme (-10% sur le total avec la carte Monoprix-QFC-Club Dorothée).
L’hypocondriaque est rigolo. C’est le seul qui ne se voile pas la face, il revendique son hypocondrie : ça fait une maladie de plus, OUAAAIS !

Depuis que je suis arrivée j’ai été vraiment malade deux fois, dont ces derniers jours. Mais bon, mercredi ça allait un peu mieux, je me croyais sortie de l’auberge française, j’étais perdue au milieu de mes pensées (pardon, de ma pensée,  faut pas déconner) à me dire que quand même, la fièvre/toux/nez qui coule, c’était pas si grave, au moins j’aurais pas eu la conjonctivite (ah elle est bien n°2 sur le classement des maladies chiantes que j’ai déjà eu c’te pute).

Ben tu le vois venir Elvire, qu’est-ce que je me tape pas jeudi matin ? Une petite CONJONCTIVITE. Et là je pense à mes lecteurs qui trouvent que  quand même, les explications qui sentent bon la Soupline  lavande sont toujours “un peu trash”. Afin de leur éviter d’aller chercher par eux-mêmes les tenants et aboutissants de tout ça, je vais leur expliquer en deux mots. Les mots sont : LA et MERDE. Tu te réveilles, tu te demandes si t’as rêvé ou si la veille tu pouvais encore ouvrir tes mignons petits yeux. Ben là, non. Alors tu descends de tes combles via tes escaliers à faire pâlir un chamois (médaille) d’or de descente montagneuse, tu considères l’option “(faire) installer une barre de pompiers”, et tu te rends compte une fois dans la salle de bains qu’en fait, tes yeux ont décidé de s’inonder d’une sorte de morve bizarre. Et ça colle. Errrrk. D’ailleurs la nature trouve ça dégueu aussi, alors plutôt que coller jusqu’à la fin des temps, ça sèche. Heureusement une fois que tu t’es arraché les cils, t’as plus de problèmes.

Bon ben cette fois-ci on me la (re)fait pas, je suis à l’étape “début des emmerdes”, je me rends direct à la pharmacie la plus proche la moins éloignée à la pharmacie quoi, et je me la joue française.

En France tu viens dans une pharmacie, tu dis “bonjour, j’ai une conjonctivite”, le pharmacien te répond “ah oui, je vois” en se foutant de ta gueule parce que t’as le regard d’un rat de laboratoire dans les phares d’une bagnole (c’est Minus et Cortex Cortex Cortex), et il te donne ta collyre antibiotique. Emballé c’est pesé.

Aux USA tu regardes un peu les produits, tu prends de la Visine, tu dis “bonjour, j’ai une conjonctivite”, le pharmacien te répond “oh yeah, I see that. I’m so sorry.” (ah c’est donc toi qui me l’a refilée ?). Et il te rajoute l’air de rien que ce que tu veux prendre sert à rien, ce sera même pire, la seule solution c’est d’aller au Health Center se faire prescrire les fameuses gouttes. Et puis de toute façon “it’s going around, many people are getting it these last days“. Bon ok, c’est parti on y croit, on retraverse le campus direction le HC.

Ben fallait pas y croire.

Etape 1 : le dossier. Nom prénom numéro de téléphone adresse assurance (“ben en fait euh j’ai une assurance mais PAS TROP…”), choix d’un contact sur place au cas où TU DÉCÈDES, sur le billard je suppose. Pour une conjonctivite. Et au Health Center de l’uni. En plus j’imagine tellement une salle d’opération sousterraine (jolie ortho) pour étudiants, la faute aux restrictions de budget, qui opèrent sur de vraies tables de billard entre deux beer snooker.
Ou alors décès dans les salles d’attentes, parce que c’est vrai que tu poireautes tellement longtemps qu’à côté de la sortie y a un stand  d’huile d’olive première pression pour l’extrême onction. En fait ce dossier CIA ça a beaucoup de gueule mais ça vaut que dalle. Déjà parce qu’elle a quand même mis que mon année de naissance était 1979. Et ça l’a pas choquée, merci (ça a plus choqué le médecin qu’à 30 ans je sois undergrad. Différence culturelle là aussi, car en France un étudiant en médecine de 30 ans qui retape sa 3e année en Roumanie, c’est normal.). Ensuite, parce que j’ai dit “bonjour je veux juste une ordonnance en fait, j’ai une CONJONCTIVITE”  et en bonne CAP Secrétariat médical elle m’a dit “oui ok vous allez voir une infirmière”. D’un autre côté le prochain rdv avec un médecin disponible était Lundi prochain. Pas de veine (huhuhumour de médecin).

Etape 2 : la signature du dossier. Tout électronique, tu sais pas ce que tu fais mais alors les décharges (y compris la décharge pour te laisser examiner MALGRÉ le fait que tu sois venu de ton plein gré) tu en signes. Tout ça pour que ce soit plus simple la prochaine fois. Oui mais tu as droit de venir qu’une fois par trimestre. Hinhin.

Etape 3 : la salle d’attente au fond du couloir, mais pas celle des tuberculeux swine flu. Ceux qui toussent ont droit à un masque bleu trop cool, toi tu as droit à ceux qui toussent aussi mais qui sont pas là pour ça, donc on considère que c’est pas grave. On est gentil on se concentre sur sa maladie, on ne disperse rien d’autre que ses microbes.

Etape 4 : WEEE quelqu’un.
Moi : Bonjour j’ai une conjonctivite. (au bout d’un moment y en a un qui va croire que c’est mon nom)
Pas moi : Ah ben il faut que voyiez un docteur l’infirmière en chef enfincétoupareilhein.
Moi : Ah oui mais non j’ai mon BTS médecine je sais que j’en ai pas besoin.
Pas moi : Fuck.
Moi : ok.

Etape 5 : Attente du rdv à 15h40. 16h. Toujours personne.

Etape 6 : un infirmier arrive ! Et là, on peut juger l’excellence des cours 101 how to make a patient feel relaxed : “when did it start ?”. Ce matin. “WOUAH”. Ah oui fais moi plaisir mec. Le gars écrit en majuscules sur son ordi “PINK EYES”. Oui il faut savoir qu’ici tu as les yeux rouges mais ils sont roses, tu es roux mais tu as les cheveux rouges (alors qu’en fait c’est orange on est d’accord), tu traverses au vert mais le feu est blanc… Et tu fais des examens sur des “blue books” qui sont des cahiers appelés en espagnol “libros verdes”. Il y a donc des langues encore plus cheloues.

Etape 7 : “I’m gonna check your vitals !” Mais je t’ai dit que j’étais pas en train de mourir, j’ai juste besoin de mes putain de gouttes pour les yeux !!!
Prise de température. L’infirmier me gratifie d’un “good job“. Idem pour la tension. Ouais je sais je gère.

Etape 8 : Il se barre en marmonnant “A doctor will come.” MAIS PUTAIN.

Etape 9 : observer la salle, être tentée de piquer une boîte de pétri et quelques seringues au cas où (c’est pas écrit DO NOT TOUCH). Et ben apprenez qu’un test de grossesse c’est 40$ pour une mauvaise nouvelle, un test “l’intégrale des hépatites” c’est 160$ la mauvaise nouvelle, le moins cher c’est un test sur la syphilis, seulement 17$ HT, les économies d’échelle tout ça.

Etape 10 : le médecin arrive, s’excuse du retard (30 minutes). “You are ?”. Ben I am passablement énervée avec mes “pink eyes” (et je DÉTESTE le rose). Et là elle montre mes yeux, elle prend sa respiration et elle me dit “vous êtes là pour ça ?”. BEN NON Ducon, mes yeux rouges sont assortis à mes pieds bleus, c’est le fait d’avoir deux oreilles qui m’inquiète.

Et à la fin, 2h30 après ton arrivée sur place (pendant lesquelles tout le monde est passé, même les gens arrivés après toi. ‘Ai pas compris.), tu termines dans une pharmacie cheloue où ils ont du prendre 31 personnes depuis le début de la journée selon leur ticket de boucherie à récupérer à l’entrée.  Et ça recommence, entre deux vérifications d’identité. “Vos gouttes, vous comptez les mettre dans les deux yeux ?“.

RAAAAAAAA donnez moi de l’arsenic qu’on en finisse.

admin

One Comment

  1. Mauvaise idée de lire ton blog pendant mon cours d’Am lit: je suis en train de me marrer alors qu’on parle de gens qui se font arnaquer et qui meurent.

    Je crois que je suis grillée. HAHAHAHAHAHA

Commentaires