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Into the Wild Wild West

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C’est une loi qui semble se vérifier, plus on va au Sud, et plus on est con.

Comme je suis un peu du Sud quand même, quand j’ai rien  à faire je me balade sur 123weather et je regarde la météo (non je ne le fais pas vraiment, mais ça sert l’article). Ainsi, j’ai déjà repéré un Londres et un San Francisco en Argentine. Mais alors question San Francisco (dont je  reparlerai ultérieurement sous peu) le record absolu est détenu par le Mexique, qui joue sur le malentendu. Probablement ils se sont dit que si ils donnaient les mêmes noms à leurs villes que les ricains ça passerait mieux pour les papiers. “Allez s’il vous plait mon nom, ma date de naissance et mon adresse changent pas, juste vous mettez nationalité américaine. Comment ça dégage avec ton sombrero ?

San Francisco Cahuacua, Mexique
San Francisco Cajonos, Mexique
San Francisco Chapulapa, Mexique
San Francisco Chindua, Mexique
San Francisco Huehuetlan, Mexique
San Francisco Ixhuatan, Mexique
San Francisco Jaltepetongo, Mexique
San Francisco Lachigolo, Mexique
San Francisco Logueche, Mexique
San Francisco Nuxanol, Mexique
San Francisco Ozolotepec, Mexique
San Francisco Sola, Mexique
San Francisco Telixtlahuaca, Mexique
San Francisco Teopan, Mexique
San Francisco Tlapancingo, Mexique
San Francisco de los Romos, Mexique
San Francisco de Borja, Mexique
San Francisco de Conchos, Mexique
San Francisco del Oro, Mexique
San Francisco Del Rincon, Mexique (San Francisco du coin. Carrément)
San Francisco del Mar, Mexique

Ca donne pas envie d’aller au Mexique, hein, ils ont l’air plat, sans idées. J’aime l’originalité. Et puis je suis aux USA là, alors autant y rester. Amis lecteurs, voici en exclusivité mondiale MON FUTUR ROAD TRIP (quand j’aurais une voiture, le permis, de l’argent, et beaucoup beaucoup beaucoup de temps libre). Objectifs à réaliser dans un ordre quelconque.

  • Être sur la route de Memphis.
  • Aller dans un Whiskey Bar en Alabama.
  • Aller à Lovely dans le Kentucky pour dire “oooh how Lovely” et me barrer avec une (bide et) musique “tin-tin-tin-tin-tiiiiin”.
  • Aller à Paris, TX pour parler français avec un accent texan.
  • Aller à Dallas rencontrer un gars qui s’appeler J.R.
  • Faire le trajet Washington DC/Washington pendant 2 jours et 21h en bus rien que pour faire toute une série d’escales dans des villes comme  Saint-Roger.
  • Aller dans l’Idaho attendre qu’on me demande où est la grande ville la plus proche et répondre “Salt Lake City, Utah”.
  • Aller à Walla Walla lancer un cheval au galop et hurler WALLA WALLA.
  • Prendre un bain avec un grec à Eureka, WA.
  • Aller demander mon chemin à Florence, Oregon avec une carte de Florence, Italie dans les mains.
  • Aller à Loveland, Colorado expliquer que l’amour n’existe pas, et que donc la ville non plus.
  • Faire un excès de vitesse à Rapid City.
  • Avoir froid à Thermopolis.
  • Jouer au poker à Scottsbluff.
  • Réunir Phil Collins, Richard Collins (resp langues à scpo), un dictionnaire et un poisson pané à Fort Collins. Monter un Collins Band.
  • Aller à Scott City demander où crèche de Scott (raconter que j’ai fait du poker avec lui).
  • Demander avec un accent espagnol un billet de train Laurel-> Hardin (transformer le in en y).
  • Aller faire la paix au Havre, Montana. (Aimer Le Havre.)
  • Vomir à Beulah, North Dakota.
  • Aller à Grand Forks demander si eux aussi ils ont des vampires et des livres qui font de mauvais films.
  • Aller à Sioux Falls et demander si il s’est fait mal
  • Faire un action ou vérité à Truth or Consequences, New Mexico (oui oui ça existe).
  • Demander avec un gros accent français si il y a un express pour Hell, Michigan sous prétexte qu’on m’a dit de “go to hell” tellement de fois que je commence à me dire que ça peut être bien. En cas de refus, demander un remplacement pour la ville de Disappointment.
  • Acheter des antidépreseurs à Wahoo, Nebraska.
  • Demander compulsivement comment s’appelle la ville de No Name, Colorado.
  • Aller me suicider à Bitter End, Tennessee.
  • Aller douter à Uncertain, Texas. Y lire Descartes.
  • Acheter un couteau et un flingue à Cut and Shoot, Texas.
  • Demander un visa à l’ambassade US de Paris habillée en burka, mettre comme motif : “aller à Mecca, California en pèlerinage”
  • Faire un scrabble à ZZyzx, California.
  • Ecrire à Richie Descoings et demander une annexe de SciencesPoPoint à Big Point, Mississipi parce qu’il faut voir grand.
  • Célébrer Christmas à Christmas, Mississipi un 12 Avril parce qu’à Christmas, c’est Christmas tous les jours !
  • Faire un emprunt à Money, Mississipi après avoir écouté Abba.
  • Demander un docteur à Doolittle, Missouri, pour faire une visite à domicile à Frankenstein, Missouri toujours
  • Démarrer un bordel à Love Ladies, New Jersey.
  • Aller à Nowhere, OK. Demander si ils sont OK que je qualifie 80% des villes aux USA de “Middle of Nowhere”.
  • Faire un reportage sur la bonne entente des juifs et des palestiniens à Jérusalem, Utah.
  • Acheter un Hot Chocolate à Hot Coffee, Mississipi. NO PASARAN.
  • Aller à Sugar City, demander un diagnostic du diabète.
  • Demander à un taxi de faire un petit détour par Grand Detour, Illinois.
  • Boire/fumer/me droguer/jouer au casino/blasphémer à Hell for Certain, Kentucky.
  • Puis filer demander un Miracle à Miracle, Kentucky.
  • Aller à Monkey’s eyebrow, Kentucky. Se demander comment on peut en arriver là.
  • Et évidemment, finir par le Lake Chargoggagoggmanchauggagoggchaubunagungamaugg, Massachussetts.

Qui en est ?

USAroadtrip

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Pourquoi j’aurais du choisir le sud du Bénin en 3A.

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Premier d’une série d’articles qui devrait en comporter “approximativement 200” selon Hubert Védrine.

Ici, la réponse est simple :
1. Parce que le Bénin, ça fait pas de mal.
2. Pour ne pas avoir Internet.

Ok, Haïti s’est tout pris dans la gueule. Ok, ça fait bobo à la population et c’est pas cool. Ok Rousseau nous a pondu un blabla sur la pitié et la compassion très intéressant (n’est-ce pas la définition du blabla ?). Donc forcément, les internautes se prennent d’une envie d’informer tous leurs amis de cette catastrophe. Jusque là, pas de problème, on fait ce qu’on peut, et relayer l’information c’est important [/bla bla de wannabe-journaliste].

Bon, et puis après on a un tous un contact un peu plus émotionnel que les autres, qui rejoint des groupes à capital politique fort pour QUE LA SYRIE RENDE DES PROVINCES et que les PALESTINIENS ARRÊTENT DE SOUFFRIR et puis je trouve que la GUERRE ÇA FAIT DES MORTS (oui, capital fort parce que majuscules = il faut crier le nom du groupe quand on le rejoint, ça fait de la pub). Parfois, quand on a de la chance, on a un autre contact qui fait une dizaine d’envolées lyriques sur l’horreur de la chose.

Bien bien bien.

J’ai quand même un peu de mal à voir quelques 80 000 gars qui deviennent fan de “une pensée pour Haïti”. Sans compter que dans le même temps, des mecs se lancent des défis de folie comme rassembler 100 000 bretons en moins de 48h (et y arrivent, merci à la mobilisation des plouc’hs de Geek-alec’h dans le Mort-bihan). En fait, concrètement, Facebook a inventé la branlette solidaire, où tout le monde montre une indécente compassion tout aussi virtuelle que sa participation. (oh, des rimes en -tion, KASSDEDI SARKOZY) Limite, j’en viens à préférer les sur-émotifs aux gens qui font juste semblant de pas s’en foutre.

De toute façon même quand Internet s’emballe dans des mouvements de prévention du cancer du sein, ça se termine en sécession de la Facebamitié. “Celles qui postent la couleur de leur soutif” vs. “ceux qui rejoignent tous les groupes de ceux qui s’en foutent”. Quand Internet s’emballe pour twitter virtuellement depuis l’Iran lors des dernières élections, le courant alternatif de la solidarité change de sens pour se tourner vers la mort de Michael Jackson. Et fuck les iraniens. (hey, dédicace Georges W. Bush !)

J’ai du mal à prendre Facebook au sérieux. Et je me demande si il y a des gens qui sont anti-Facebook aux USA. A une soirée, un mec s’est exclamé “how come we’re not Facebook friends ?!” tout en sortant son Blackberry pour m’ajouter. C’est vrai, c’était étonnant, c’était quand même la deuxième fois qu’on se voyait. Pas très sociable, le mec.

Mais maintenant qu’on a en commun l’impressionnant Facebook, on peut se faire des concours des groupes les plus cons. Attention, dans cette liste, des groupes rigolos se sont cachés (mais la grande majorité permet de se poser quand même des questions sur l’espèce humaine)

  • La mort de Johnny ? J’ai du mal à me faire Hallyday
  • 5 fuits/légumes par jours : Autant boire du Punch !
  • Si demain je viens à disparaître, sachez que je suis pour qu’on me retrouve
  • POUR TOUTS LES FILLES QUI SONT PLUS CAPBLE DE LEUR CHEVEUX x)
  • “ceux qui aiment regarder GULLI ronfler…”
  • 20ème anniversaire de la mort de force jaune! Souviens-toi!
  • A l’heure qu’il est, faut être honnête, je me fais chier
  • A tous ceux qui savent que soleil en Aout signifie pâté en coûte…
  • Admirateurs de l’élégance vestimentaire de Pascal Praud
  • ah ouais ouais ouais, ça c’est beau, je dis oui: julien lepers fan club
  • BRICE HORTEFEUX EST L’HOMME LE PLUS MOCHE DU MONDE
  • C’est de la soie sauvage !
  • ceux qui cherchent des traductions exactes des chansons des vengaboys
  • Ceux qui en ont marre d’être amis avec des points d’interrogation
  • Ceux qui n’aiment pas trouver des miettes dans le Nutella.
  • ceux qui sont degoutés parce qu’on peut pas faire de titre long pour les gr
  • Ceux qui voient le juge Van Ruymbeke partout !
  • ceux qui vont exploser la tronche du gars qui à pécho le Tmax jaune de jobi
  • Club de ceux qui pensent que toutes les chansons de Lorie sont pas géniales
  • Comment instancier un réseau SMTP par approche topologique du modèle OSI?
  • Comité de lutte contre les pigeons qui prennent trop la confiance
  • Comité de soutient pour le mec qui n’a plus sa photo sur les Kinder
  • COMMENT ON FAIT POUR S’INSCRIRE SUR FACEBOOK SI ON EST NE LE 1 JANVIER 1910
  • Contre la reproduction des castors lapons hermaphrodites
  • Contre les clowns nains qui fouettent des filles nues
  • Fédération Française du Feu de Broussaille (FFFB)
  • Françoise de Panafieu a un caniche albinos mort sur la tête
  • groupe pour le retour de Jacques Martin à la télé
  • Il m’arrive de quitter l’imprimante en faisant le Moonwalk
  • J’ai eu un pinguin sur le net…
  • j’ai les orteils qui grattent le soir en me couchant
  • j’ai mangé du sable à la récré
  • J’ai toujours rêvé d’un doigt lumineux
  • j’ai un prénom que même mon père n’arrive pas à écrire
  • J’aime contempler les moteurs à ailettes
  • j’élève mon cochon et je le bouffe
  • j’essuie ma vaisselle avec ma serviette de bain!
  • Je cherchais mon nom ds le générik du Club Dorothée mais gt pas membre
  • Je dis “Zidane” sans raison particulière
  • Je mets du gruyère sur les pâtes mais je les préfère sans
  • Je n’ai pas besoin de sexe : l’état français me nique tous les jours !
  • Je ne comprends pas à quoi ça sert que Ducros hisse des carcasses
  • Je ne m’apelle pas Nadège, et toi?
  • je ne pense pas donc je te suis
  • Je ne rebouche jamais le dentifrice et ça m’enerve
  • Je suis mes copains pour aller en cours sinon je suis perdu
  • Je suis une femme… Et je c’est ce qu’est un Hors Jeu !!
  • je tiens l’alcool!!!! c’est la CIA qui efface les souvenirs de mes soirées!
  • Je veux habiter ds le 15e parce que Bernard Ménez peut en devenir le maire
  • L’Européenne de Calembours et Jeux de Mots vaseux
  • la ligue des chiens justiciers qui vaincra la racaille inter-galactik
  • Le Cercle Vicieux de la Raclette Permanente (CVRP)
  • Le groupe du mec tout seul
  • Ligue Internationale Contre le Beurre dans les Spaghetti
  • Merguez Trophy ……….un sport extreme !
  • Mieux vaut rire de tout, que de vomir partout.
  • Moi, j’ose le potage tomate Selecta
  • Nous faisons des oeufs et pouic pouic ils se retournent
  • On ne chie pas impunément dans un plat à tajine
  • parfois, je me trouve tellement géniale que je m’auto-drague.
  • Pas de bras, pas de tecktonik
  • PÉTITION POUR CHANGER LES RÈGLES DU LANCER DE TONG
  • PLUS BELGE LA VIE
  • Pour inoculer la lêpre à ceux qui tapent trop fort sur leur clavier.
  • Pour l’execution des squatteurs de gauche dans les escalators
  • Pour l’inversion des lettres A et B dans l’alphabet occidental
  • Pour la fusion Miss France/Téléthon et qu’on élise le plus beau myopathe
  • Pour la reconcilliation des oeufs brouillés
  • Pour plus de pouvoir d’achat pour les chats
  • Pourquoi le métro qui va dans l’autre sens arrive toujours en premier ?
  • Quand j’ai une galère, je passe en mode Jack Bauer
  • Quand je pisse dans mon froc, je n’ai pas chaud bien longtemps
  • Qui a déjà vu un bébé pigeon?
  • Rien a fout de la grève, j’ai acheté un A 380
  • Si les vaches conduisaient, choisiraient elles : intérieur en cuir d’homme
  • Sylvie Noachovitch est mon modèle politique
  • Tous les soirs en m’endormant, je fantasme secrètement sur Dominique Rizet
  • Viens au prochain concert de Nirvana!
  • Vomir c’est repartir

Facebook, ça permet également, voire uniquement, de faire des concours de “qui a le nom le plus con”. Le gagnant est (à dire avec l’accent chti) Paaaaatrick Duveeeet de Dunkerque ! En fait il y en a un sur Facebook, qui n’a que 10 amis (comment ça c’est la honte “bidule est ami avec Patrick Duvet” ?), qui ne ressemble pas du tout à Patrick Juvet (déception). Mais ce qui a craqué le lieu de résidence ce n’est pas Facebook. Ce sont les pages blanches. D’LA GNOGNOTTE FACEBOK.

Dédicace à Haïti, évidemment. On se tient au courant sur Skype hein.

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Cosas que dejé en la Habana

CosasQueDeje

Petite pause dans les sirènes du box-office, le Calamar sait aussi plonger dans des films datant du siècle dernier. Les énigmatiques « Choses que j’ai laissées à la Havane » de l’espagnol Manuel Guttiérrez Aragon avaient intrigué et conquis le monde hispanophone en 1997. Encore considéré par la majorité des spectateurs comme un film de qualité ayant su s’imprégner de la mélancolie et de la nostalgie des cubains exilés en Espagne, c’est pourtant un arrière-goût d’inachevé qui nous est laissé …

La recherche d’un meilleur avenir, le tiraillement existentiel entre la résignation à perdre ses repères et l’espérance d’un futur en lequel avoir -finalement- confiance, est le thème sous-jacent d’une multitude de films à la trame similaire.

Cette amère découverte des difficultés d’adaptation dans un pays dont on peut pourtant parler la langue sans pour autant se faire comprendre complètement, n’en est pas moins difficile à traiter cinématographiquement. Guttierrez Aragon, en tentant un tableau exhaustif de l’immigration cubaine, n’a finalement réalisé qu’une étrange juxtaposition d’amour, d’identité, de famille et de culture, saupoudrant l’œuvre finale d’une dose de clichés tout particulièrement croustillants.

Que dire des personnages, stéréotypés à l’extrême ? La tante Maria, qui accueille à Madrid ses trois nièces Nena, Ludmila et Rosa, pour mieux les exploiter dans sa boutique ou les marier au fils homosexuel d’une de ses amis; Azucena qui tombe dans le piège de Igor, latin lover aux dents longues…

Au sein du trio féminin, les rôles sont aussi répartis à la manière d’un casting de télé réalité : Nena est la jeune et belle actrice qui suit ses passions et ses folies, Ludmila est la cubaine au tempérament de feu qui sait ce qu’elle veut, Rosa est la sœur-mère au sens du sacrifice surdéveloppé. En jouant sur la série amour/famille/identité/culture, Manuel Guttierez a tenté de réaliser un film poignant et réaliste.

Au final, le scénario tombe dans les limbes du triangle amoureux et de l’absence total de suspense, ce qui une fois couplé au manque d’originalité, commence à faire beaucoup de mauvais points…. Malgré des pistes intéressantes, Cosas que dejé en la Habana s’échoue dans une mélancolie peu crédible ramenée à la possibilité d’un amour véritable entre deux personnes de même origine seulement. Film d’amour et d’immigration, cet hybride

En résumé, sur un sujet qui donne du fil à retordre aux écrivains et scénaristes depuis des décennies, Cosas que dejé en la Habana s’est cassé les dents malgré des pistes intéressantes. Ni film d’amour ni un film sur l’immigration, l’hybride de Manuel Guttiérez Aragon s’est perdu sur la route de ses souvenirs, dans une Havane qui n’existerait pas … ou plus.

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¡Maldita su estampa!

huskyplate

Je commence à penser à concevoir l’éventualité d’être … maudite (ce qui serait cool, à vrai dire. Ça me donnerait un côté atypique et original qui manque à mon personnage.) Vous allez me dire « ben c’est pas trop tôt, t’en as mis du temps à t’en rendre compte ». Oui mais parfois, je peux pas m’en empêcher, j’ai de l’espoir. Ça me rappelle toutes ces années de cathé tiens, où on t’expliquait que l’espoir c’était bien, mais que l’Espoir c’était mieux. Et ils étaient tous persuadés qu’à l’oral, t’entendais vraiment la différence qui ne porte au final que sur la majuscule et quelques guerres de religion.

Tuer pour Dieu, ça reste quand même un peu tiré par les cheveux de Francis Lalanne, sosie officiel de Jésus. Blasphème, j’imagine pas les cheveux de Jésus comme potentiellement très propres. Le Saint-Suaire, c’est pas un peu dégueu quand même comme idée ? Est-ce qu’un mec qui utilise Axe et Head & Shoulders laisserait de telles traces sur ses draps ? NON. Ben voilà.

Je suis plus à un outrage près remarque. Un jour, dans ma prime enfance (genre en 10ème) on m’a demandé de réfléchir à « pourquoi est-ce que sur la croix, Jésus dit à Marie « Mère, voici ton fils » (elle montre Jean), « Jean, voici ta mère » ? ». Mon explication, simple et précise, c’était : à mon humble avis, un mec dont on a cloué les mains et les jambes a le droit de perdre un peu la tête. Ils ont pas aimé, les « chrétins ».

Sans compter que je ne fais pas confiance aux gars qui naissent approximativement un 25 Décembre An approximativement 0 (JC, né en 6 avant JC. BEN CA COMMENCE BIEN.) pour mourir approximativement en Avril de la même année. Et après on me sort que « Dieu sait que bla bla ». Et ben si Dieu sait, qu’il le dise, merde, parce que là on est dans le flou calendaire artistique, ça me perturbe. Fini de parler à l’échelle du quartier, de la région, du pays, bientôt les habitants de la planète X42FZ demanderont quelle est la date et l’heure sur la Terre. Réponse pratique : « Ben tu vois, il est 14h17 à Paris mais pas pareil à Moscou ou à Caracas. Et puis d’ailleurs 2010 mon oeil, chez les musulmans on est en 1431, chez les juifs en 5770, chez les arméniens en 1459 (lol), chez les chinois on est dans le cycle 78, année Ji-chou». Et voilà. Le bordel. Ça nous mène à quoi ça ? Ben tous en string peints en bleu sur Avatar. (disclaimer : je l’ai pas vu, je sais pas si c’est bien)

Bref. Je conçois mal cette notion du sacrifice pour une idée tout aussi approximative (c’est donc une habitude). C’est un peu comme si j’allais me jeter du haut du ministère des finances parce que Chri-chri Lagarde aurait dit que la croissance serait approximativement stable. Traduction : OUH SHIT, la stabilité dans la nullité. La continuité dans le changement comme disait Pompidou (« Ah oui mais on change rien. Ah ben continuons ! »).

M’apparaît bien plus sensé le don de soi pour une chose aussi matérielle que du poulet tandoori ou une carte Flying Blue Platinium.

Tout le reste dans la vie n’a que peu d’importance.

Le problème c’est que je suis éternellement rejetée. J’adore les ordis, mais ils ne m’aiment pas. J’adore les avions, mais ils ne me le rendent pas non plus.

Exemple. Mon vol est à 13h45. Parce que je suis une buse et que j’aurais bien assez de la mort pour dormir, je me prépare à aller dormir à 6h. Là, je reçois un mail d’Air France « ah ben non, ton vol il est à 15h40 ». Et là, le drame. Tu checkes sur le mail : 15h40. Tu checkes sur le site d’Air France, 15h30 (mmh). Tu checkes sur l’aéroport de SeaTac où tu vas quand même rentrer dans l’avion, hein, c’est quand même un lieu important pour la bonne réalisation de tes vacances, et par extension pour ta santé psychologique. Et bien sur le site de SeaTac, paf, 1h45pm on time. Fuck.

J’ai donc officiellement le premier billet où c’est écrit embarquement : 14h55, départ : 13h45. Sont forts chez Air France !

Au final tout est bien qui a commencé mal, je trouve le guichet d’Air France qui doit dater de l’âge de Mathusalem -alias מְתוּשֶׁלַח- où les inspecteurs d’hygiène contrôlaient encore les kebabs de la rue de la Huchette. Au passage, j’ai testé les hot dogs à l’aéroport (l’amour du risque tinninninininninninnin), et fait la connaissance de Seid, qui s’appelle en fait Mohammed (euuuh), et qui restera à jamais la seule personne à kiffer ma main de Fatma dans un aéroport.

Mais venons en à l’avion, où je suis accueillie par une hôtesse à la voix de Marie-Thérèse Porchet (drame n°1). En fait, j’aimerais qu’on m’explique. Est-ce que c’est moi qui cherche les trucs improbables, ou est-ce que c’est tout le temps comme ça.

  • Chef de cabine avec un accent du sud à découper au couteau (« vingtsécatre ») : « C’est votre chef de cabine. *silence* Nous sommes en train de compter … afin de. Silence. Partir. » ET OUI il a cherché une raison autre que « pouvoir décoller », c’est ça le professionnalisme.
  • « Merci de rester assis et de ne pas quitter votre siège ». NON moi je reste assis mais je quitte mon siège, t’as un problème avec les gens qui sortent de leur corps, hein, C’EST CA ?
  • « Le comptage est terminé, on peut fermer les portes ! MERCI ! » = Enthousiasme.
  • L’accent le plus parisien du cosmos : « BONJOUR jmappelle Marc, et on va à Paris. Moi-même et votre commandant de bord Monsieur Frein … ». = Oh noes.
  • “Merci d’avoir choisi ce vol opéré en coopération avec nos partenaires et AMIS Delta Airlines !”. = Bisounous.
  • L’accent le plus français du cosmos : « sorry for the delay, due to the poor condition due to the snow. In Paris, euh, we expect snow, and we expect … delay. »
  • “By the way, we expect turbulence during approximately 1 hour after departure and 1 hour before arrival. I wish you a very pleasant flight”. = lol.

Là moment de la vidéo de démonstration produit au cas que tu meurs. Tout d’abord, mais pourquoi tu les habilles comme ça les hôtesses ? Pourquoi ce petit foulard à la con qui dépasse ? Moi ça me perturbe, j’écoute plus. Je ne note plus que la tête des gens qui reçoivent le masque à oxygène « en cas de dépressurisation ». Ça se sent qu’elle a lieu y a longtemps la dépressurisation, parce qu’ils ont l’air pétés. Et même pas inquiétés par « les portes seront ouvertes par l’équipage ». Ou pas j’ai envie de dire. Y a des fois, elles s’ouvrent toutes seules, ou avec l’aide d’un autre avion. Ou d’un terroriste, ça dépend.

Tiens, ils réitèrent. « Merci de maintenir votre ceinture attachée quand vous êtes assis ». C’est vrai que si on la maintient quand on est debout, on va pas loin. Et pourtant moi j’aimerais bien fuir. Drame n°2, le mec qui flippe en avion.

  • Wherrrre arre you ?
  • Euh, dans l’avion, mais à la base assise à ton siège, ducon. Alors pousse-toi ou je m’assied sur tes genoux. Ah zut, souviens toi, tu es en société. Well, I should be seated right where you are, but it doesn’t matter. (SIIIIIII CA MATTER, si j’ai réservé CE SIEGE précisément en NOVEMBRE Coco, tu crois bien que JE LE VOULAIS, ALORS DEGAAAAAAAAAAGE).
  • Thank u verrrry much.

Mais surtout, drame n°3. Il se met en tête de me parler. Et merde. Me voilà donc coincée à côté d’un mec, qui fait grec, mais le mec tu le grilles à environ, pffft, 7053 pieds d’altitude. Il décide de me raconter qu’il vient de Patra « au sud de la Grèce » (moi j’appelle pas ça le Sud mais bon), qu’il fait un changement à Paris terminal 2E, qu’il flippe parce qu’il est jamais allé là-bas, qu’il aime beaucoup Polytechnique (j’ai dit Sciences Po hein, mais bon, Sciences Po, Sciences Polytechnique, on finira tous par faire de la plomberie hein -surtout moi-), qu’il aimerait bien dormir (BEN VAS-Y JE TE RETIENS PAS) mais qu’il y a de la lumière (toi avoir masque dans pochette, toi prendre toi dormir toi pas faire chier) blablablablabla. Et puis après, il aurait pu mettre l’un des extraordinaires 81 films proposés par la compagnie. 81 films dont la Marche de l’Empereur, le Perroquet Rouge, Goodbye Lenin et Love Actually. Mais non, il a passé en boucle Like a Virgin de Madonna.

J’aurais vraiment dû aller en Grèce.

Après, ce sont peut-être mes perceptions qui sont perturbées par la carte d’Air France. Elle t’affiche les villes importantes : Chartwell, Brighton, Dunkerque, Gant, Calais, Paris (wééé), Fontainebleau, Thoiry. On en déduit donc que Fontainebleau est dans les 5 villes les plus importantes de France.

Tu t’éloignes, tu t’attends à une série de capitales. Et ben non : Mulhouse, Dijon, Luxembourg, Limoges, Nantes, St-Hélier (oui, on cherche loin là), Manchester, Lille, Rotterdam. Paris et Londres vont donc se faire voir.

Méga zoom out : Paris est de retour, Montpellier (devenue 2e ville de France. Si ils suivent les résultats de la L1, je cherche Bordeaux là), Porto, Séville, Tel Aviv, Addis Abebba, Oran, Sfax.

Air France, vous ne vous perdrez plus avec nous par hasard.

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Ave MMX ! Ceux qui vont clamser t’emmerdent.

huskyplate

Les articles se font rares, certes. Mes excuses, plates et sincères (la sincérité est-elle relative à l’épaisseur ou à la noirceur de nos âmes ? Bonne question, Bernard-Henri.). Il n’est pas facile d’amuser les gens en continu. D’autant plus qu’on ne dirait pas, mais il n’est pas si facile que ça de me faire réellement rire.  Donc si ce que j’écris me semble être nul, je ne le publie pas.

Problème : tout ce que je fais me semble nul, donc je ne publie rien. Parfois je m’inquiète, j’ai l’impression d’être fade. Alors je regarde vers mes idoles. Ceux qui illuminent ma vie, ceux qui me servent de guide à travers les épreuves de ma triste existence. Pierre Desproges (PIEEEEEERRE !!), Dr House (GREEEEEG !!), ou encore les chauffeurs du RER A (PUTAAAIN !!!) .

J’arrête donc ici la grève du blog pour vous souhaiter une très bonne année à tous. Qu’elle soit moins pire que les précédentes et un peu mieux que les prochaines. Et oui, tout est relatif. C’est tout bonnement impossible que chaque année soit meilleure que la précédente. Soit on accepte que les années d’après seront merdiques, soit on accepte de dire que souhaiter la bonne année ne sert à rien. Au final l’année aura été considérée comme assez mauvaise pour souhaiter de nouveau une meilleure (prochaine) année.

Voilà voilà.

Bonne année hein.

Bon, après, on peut se réjouir que cette année, plus personne ne meurt vu qu’ONVATOUSMOURIR en 2012 (ou en 2034,  tout dépend de la construction de morgues de 3e ou de 4e génération on sait pas trop). Moi j’y crois, à fond même. Pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi. Parce que 2010 est l’année européenne de la lutte contre la pauvreté ET la date-butoir de l’UE pour stopper l’érosion de la biodiversité. Europe qui a probablement prévu de stopper la guerre, la maladie et la sécheresse en 2011; puis sur la dernière ligne droite de stopper le trafic  de drogue, le lait qui sort de la casserole, ainsi que les lipdubs de l’UMP en 2012. C’est ballot, l’UE avait prévu de stopper la mort en 2013.

ÇA CACHE QUELQUE CHOSE TOUT ÇA.

Sinon, globalement, on va se faire chier. JO de Vancouver, inauguration de tour à Dubai, des éclipses (qui permettront, comme à chaque fois, à des cons de se rôtir les yeux avec des lunettes artisanales made in papier d’alu), peut-être le PS qui sortira de son éclipse aux régionales (qui permettront, comme à chaque fois, à des cons … non la liste est trop longue là), et enfin, la coupe du monde de foot en Afrique du Sud. “Ah mais oui, mais la France a pas passé le premier tour parce que euuuuh c’est l’hémisphère Sud. C’est l’hémisphère Sud DONC l’eau tourne dans l’autre sens, euh, ben les français avaient peur de marquer contre leur camp, donc euuh, ils ont préféré pas marquer du tout. Mais ça n’enlève rien, bien entendu, au talent de nos joueurs.”.

D’aucun dirait que le charme de la nouvelle année réside dans le fait de chercher à tout prix le changement. Une tradition dans ma famille consiste à porter quelque chose de neuf le 1er janvier. J’ai vaguement entendu parler de vagues de résolutions. J’ai aussi vaguement entendu parler d’un mouvement contestataire, pseudo-rebelle, du type “nooon moi j’en prends pas ça sert à rien, je les tiens pas”.

C’est vrai. On les tient pas. Pire : on s’en souvient pas. Je serai incapable de vous dire mes résolutions de l’année dernière si je ne me souvenais pas que je n’en avais pas prise. La flemme de me remettre en cause probablement. Alors cette année, en bonne geek, c’est Internet qui va me remettre en cause avec le générateur de bonnes résolutions  (http://moninavelarde.com/newyears/) !!! C’est parti.

20. Realize none of us are strangers. « Nous venons en paix » (pour commencer la guerre)
19. Start or actually update my blog. A force de côtoyer Internet, Internet me connait bien.
18.
Enjoy every minute de ma vie de merde.
17.
Be positive. Bon ok ma vie c’est pas de la merde.
16. Believe. Putain comment Internet il sait quand je blablabullshite.
15.
Give up a bad habit. J’ai pas de bad habit, résolution éliminée.
14. Look up at the sky. Ah, ben au final on va dire que je give up la bad habit de look up at the sky.
13.
Be productive. Aha, heureusement que j’ai arrêté de regarder le ciel.
12. Take a nap. La résolution d’avant est pas prête d’entrer en vigueur, en fait.
11.
Make. More. Money. Je m’enfonce dans l’enfer des résolutions qui s’auto-annulent.
10.
Win the lottery. Ah ben tout s’explique. BRAVO LA MERITOCRATIE.
9.
Grow basil. Oui mais il faudrait dans ce cas là que j’enlève mes plants de cannabis, ça m’aide pas à gagner plus d’argent c’t’affaire. Je pense qu’il y a quand même plus de potentiel financier dans le commerce avec les drogués qu’avec les amateurs de tomates-mozza.
8.
Frost cupcakes. Spacecakes, amigo. Pourquoi se priver d’un débouché ?
7.
Flip pancakes. Désolée moi je fais que du flip cup.
6.
Donate my time. Dégage, c’est le mien.
5.
Hold the door open for others. Et la lâcher dans la gueule de certains.
4. See the good in people. J’ai jamais dit que ceux qui se sont pris la porte le méritaient, ils n’étaient qu’amour.
3.
Be on time. Et merde.
2. Love. Et re-merde.
1.
Spread joy. Si je spread de la whipped cream à la place, ça marche aussi non ? En plus j’ai failli m’appeler Joy. C’est con ça, j’aurais rien eu à faire qu’à m’auto-étaler. Et ça, j’ai plus de 20 ans d’expérience.

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Qui a peur de Virginia Woolf ?

Virginia Woolf

« Who’s afraid of Virginia Woolf, Virginia Woolf, Virginia Woolf ! ».

Musique obsédante et entraînante, ébauche de comptine rappelant que le « big bad wolf » originel se cache peut-être là où ne l’attend pas… Pas besoin de suivre le Calamar à San Francisco pour voir cette pièce d’Edward Albee, célèbre tant par sa qualité que par l’acclamation des critiques. Détentrice du Tony Award de la meilleure pièce (1963) et sélectionnée pour recevoir le prix Pulitzer la même année, Who’s afraid of Virginia Woolf ? se vit refuser ce dernier en raison de l’utilisation de thèmes contraires à la moralité de l’époque.

L’histoire peut sembler d’une banalité presque inoffensive, elle se révèlera dangereusement inquiétante pourtant. Il est professeur d’université. Elle est la fille du doyen de ce même établissement. Ils sont mariés depuis plus de vingt ans, eux, les quadragénaires. Et ils vont se déchirer.. Improbable affrontement qui remet sur le tapis deux décennies de vie commune, faite d’alcool, de soirées, de rires, de jeux, de déchirements et de non-dits; le couple passe du discours cru aux remontrances cruelles, et joue avec la violence pour tirer vers la démence.

Pour servir le texte et cette intenable plongée dans les troubles relations humaines, l’Actors Theater de San Francisco proposait les prestations de Christian Phillip, magistral dans le rôle d’un George hésitant entre passivité et réactivité face à sa femme Martha, interprétée par une Rachel Klyce aux prises avec l’exubérance de son personnage. Tour à tour insupportable et attachante, vulgaire et philosophique, sûre d’elle et désespérée, la pièce vit aussi au rythme des émotions de Martha, sans pour autant tomber dans une folie simplificatrice. Le spectateur cherche entre les lignes et les répliques la clé des mystères évoqués, la solution aux tourments de ces êtres. Pourquoi est-ce que ce couple, alternant complicité et affrontement, inviterait-il un jeune couple d’inconnu à prendre un dernier verre après une soirée pourtant terminée tardivement ? Pourquoi les impliquer si intensément dans une dynamique auto-destructrice ? Nick, professeur de biologie, et sa femme Honey, se retrouvent pris dans une spirale dans laquelle ils s’évertuent à surnager.

Dans cette cynique comédie du chaos où chacun tente de prendre l’avantage sur l’autre par son intellect et sa ruse, les maîtres du jeu George et Martha éclipsent les deux autres personnages pour les projeter dans l’éternel souvenir de l’inconfortable affrontement dont ils ont été témoins et parties. Tout a changé, rien n’est plus pareil, et pourtant tout redevient si calme que l’on en oublierait presque d’avoir peur de qui que ce soit.

Attention : Ne pas se laisser décourager par la longueur de la pièce (près de 3h)…