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Cosas que dejé en la Habana

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Petite pause dans les sirènes du box-office, le Calamar sait aussi plonger dans des films datant du siècle dernier. Les énigmatiques « Choses que j’ai laissées à la Havane » de l’espagnol Manuel Guttiérrez Aragon avaient intrigué et conquis le monde hispanophone en 1997. Encore considéré par la majorité des spectateurs comme un film de qualité ayant su s’imprégner de la mélancolie et de la nostalgie des cubains exilés en Espagne, c’est pourtant un arrière-goût d’inachevé qui nous est laissé …

La recherche d’un meilleur avenir, le tiraillement existentiel entre la résignation à perdre ses repères et l’espérance d’un futur en lequel avoir -finalement- confiance, est le thème sous-jacent d’une multitude de films à la trame similaire.

Cette amère découverte des difficultés d’adaptation dans un pays dont on peut pourtant parler la langue sans pour autant se faire comprendre complètement, n’en est pas moins difficile à traiter cinématographiquement. Guttierrez Aragon, en tentant un tableau exhaustif de l’immigration cubaine, n’a finalement réalisé qu’une étrange juxtaposition d’amour, d’identité, de famille et de culture, saupoudrant l’œuvre finale d’une dose de clichés tout particulièrement croustillants.

Que dire des personnages, stéréotypés à l’extrême ? La tante Maria, qui accueille à Madrid ses trois nièces Nena, Ludmila et Rosa, pour mieux les exploiter dans sa boutique ou les marier au fils homosexuel d’une de ses amis; Azucena qui tombe dans le piège de Igor, latin lover aux dents longues…

Au sein du trio féminin, les rôles sont aussi répartis à la manière d’un casting de télé réalité : Nena est la jeune et belle actrice qui suit ses passions et ses folies, Ludmila est la cubaine au tempérament de feu qui sait ce qu’elle veut, Rosa est la sœur-mère au sens du sacrifice surdéveloppé. En jouant sur la série amour/famille/identité/culture, Manuel Guttierez a tenté de réaliser un film poignant et réaliste.

Au final, le scénario tombe dans les limbes du triangle amoureux et de l’absence total de suspense, ce qui une fois couplé au manque d’originalité, commence à faire beaucoup de mauvais points…. Malgré des pistes intéressantes, Cosas que dejé en la Habana s’échoue dans une mélancolie peu crédible ramenée à la possibilité d’un amour véritable entre deux personnes de même origine seulement. Film d’amour et d’immigration, cet hybride

En résumé, sur un sujet qui donne du fil à retordre aux écrivains et scénaristes depuis des décennies, Cosas que dejé en la Habana s’est cassé les dents malgré des pistes intéressantes. Ni film d’amour ni un film sur l’immigration, l’hybride de Manuel Guttiérez Aragon s’est perdu sur la route de ses souvenirs, dans une Havane qui n’existerait pas … ou plus.

admin

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