1

From Paris with Love

from-paris-with-love-from-paris-with-love-17-02-2010-17-02-2010-7-g

Il y a forcément un moment où la longue liste des bons films s’arrête et où on termine par aller voir une daube. Le craquage, l’erreur bête. Et bien nous y voilà. Après Taken (2008), Pierre Morel récidive avec la réalisation d’un nouveau film « parisien » sur un scénario de Luc Besson. Il est bien loin le temps de Léon ou du Cinquième Élément. Bien que l’on sentait déjà le goût prononcé du français pour les scènes d’action et la baston au ralenti, From Paris With Love frise l’antiperfection en nous offrant un vrai non-scénario comme les films d’action peuvent en proposer par moments.

Devait-on en attendre autant néanmoins ? Probablement pas. L’intrigue repose finalement sur l’éternelle recette du duo mal assorti. Malheureusement, le pince-sans-rire Charlie Wax (John Travolta) écrase le mono-expressif James Reece (Johnathan Rhys-Meyer) par son ton cynique et décalé, professionnel de la violence a-moralisée. Pour résumer, Reece rêve d’être un agent secret surbooké. Dans la vraie vie, il n’est qu’assistant de l’ambassadeur américain à Paris … le type de boulot qui fait de vous le candidat idéal pour aller récupérer l’électron libre Wax à l’aéroport. Évidemment, les deux vont faire la paire et alterner dialogues improbables et scènes dignes d’un Chuck Norris moderne armé jusqu’aux dents, le tout dans un film aux allures d’éternelle course-poursuite. Certes, le rythme y est, et certaines scènes sont filmées avec beaucoup d’originalité et de brio, mais suffisent-elles à combler la pauvreté du scénario « oulala les méchants terroristes qui menacent le sommet international ah oui mais ouf on a un superhéros en la sainte personne de John Travolta » ? Assurément pas.

Pour tous les experts des gunfights et de John Travolta. A vivement déconseiller à tous ceux qu’un film d’action ennuie, qu’un vase chinois cassé font hurler, ou qui tout simplement n’ont pas goût aux clichés du genre.

0

“I’m an exchange student … in exchange, you know.”

huskyplate

Chers les gens qui me demandent si Seattle, c’est cool.

Ben franchement la vérité, ça rocks sa maman tellement y a … une tour et des souterrains. Parait qu’il y a des statues cheloues, et j’ai moi-même de mes yeux vus le quartier sympa de Pioneer Square. Ça n’empêche pas le monde entier de dire du bien de Seattle. Objectivement, c’est très beau comme environnement. Y a de la verdure et des écureuils, des montagnes et des lacs.  Et parfois, le ciel est d’un bleu profond et enjouant. Moi qui suis une méditerranéenne dans l’âme et qui ne supporte pas les températures inférieures à 37°C, donnez-moi une voiture et je serai heureuse. Et puis tiens, soyons fous, donnez-moi le permis de conduire dans la boîte à gants et je considérerai même l’option “utiliser la caisse au lieu de la revendre” pour faire mon bonheur.

Bref, Seattle, c’est cool, mais faut pas abuser. Et puis en plus, ça faisait longtemps que j’avais pas vu un tel vide abyssal dans la scène théâtrale d’une ville (ici, mauvaise foi, parce que je soupçonne ce phénomène d’être généralisé aux Etats-Unis). Allez, rien de rien (à foutre), c’en est fini, je repars sur la route, je vais en échange … depuis l’échange. En plus ça fera les pieds à la DAIE, on va pas se priver.

J’en déduis du mail reçu de UW il y a déjà quelques temps que c’est tout à fait possible. En gros, tu postules à un programme où tu passes un trimestre à l’étranger à étudier des trucs plus ou moins improbables et déconnectés de tout lien avec le pays dans lequel tu te trouves.

Alors certes, je peux comprendre qu’on va en Australie pour étudier l’outback geology. Pour étudier “Health in the Himalayas” (programme de rêve), le Népal est en effet un bon choix. Idem pour le programme d’été en Afrique du Sud sur la coupe du monde de foot. Je vois un intérêt à étudier le surréalisme en France ou la justice internationale aux Pays-Bas. Les bons vieux classiques “langage et culture” ou “culture & communication” peuvent très bien se faire en Chine et en Argentine.

Mais y a quand même des programmes, c’est juste délectable à qui sait apprécier cet art doux qu’est le cynisme.

  • Cambodia :  Children’s Rights Law & Business (j’adore la juxtaposition, et oui, le business d’enfants)
  • Chile : Public Health
  • Georgia : History, Culture & Conflict (ça résume bien)
  • India : Women’s Leadership; Health (un pays modèle)
  • Italy : Art; Astronomy; Cinema; Design; Public Health, Law (le bordel italien)
  • Micronesia : Culture & Climate Change (où toi aussi tu te rends compte que malheureusement, on ne tient pas un trimestre juste avec la culture micronésienne. Alors PAF tu colles un gros sujet à côté.)
  • Russia : Communication, Culture & Health (c’est bon c’est bien c’est dans l’ordre : tu communiques, c’est dans ta culture, tu finis à l’hôpital -dans le meilleur des cas-)
  • Thailand : International Business; Nursing (là aussi, très bonne juxtaposition des projets, l’infirmière PREND l’enfant et le businessman écoule le stock)
  • Zambia : Anthropology (j’ai un peu peur).

Merci UW.

0

The Holiday

the-holiday

Jeunes filles en manque de présence masculine en ce jour de la Saint-Valentin, le Calamar pense à vous avec The Holiday, une comédie romantique qui fera les joies de toute girls night, aux côtés des pots de glaces et des flots de remarques aigries sur le côté commercial de la fête des amoureux.

“You’re supposed to be the lead lady of your own life, for God’s sake !” – Iris

En effet, The Holiday, film de Nancy Meyers sorti en 2006, pourrait parfaitement faire l’objet d’une checklist du genre.

  • Deux couples que tu sais trop qu’ils vont finir ensemble.

Pas besoin d’être divin pour savoir qu’à priori, les têtes d’affiches vont se mettre en couple (hétérosexuel). A peine appris que Jude Law/Graham était le frère de Kate Winslet/Iris et Jack Black/Miles l’assistant de Cameron Diaz/Amanda, les cartes étaient jouées. (Non, je ne ruine pas le suspense, il y en assez … peu.)

  • Deux héroïnes que tu sais trop que leur vie elle va changer.

The Holiday est un film pro-nouvelles technologies (sponsorisé par Dell, d’ailleurs, dans mes souvenirs) : ordinateurs, domotique et gags au téléphone sont de sortie. Cameron Diaz/Amanda, riche productrice de trailers à Los Angeles, vient de rompre avec son infidèle petit ami. Kate Winslet/Iris, journaliste britannique spécialisée dans les mariages, vient d’apprendre le futur mariage justement de l’homme qu’elle aime depuis 3 ans, Jasper. Ni une ni deux, elles se connectent sur leur ordi grâce à leur connexion internet qui va jusque dans les coins reculés de la cambrousse britannique, et utilisent leur interface des années 1960 pour trouver une annonce d’échange de maisons. Coup de tête, besoin vital de changement d’air voire de vie, elles attrapent un avion et échangent leur quotidien en moins de 24h (on a pas toute la pellicule hein).

  • Deux mecs que tu sais qu’au fond, ils seront célibataires et amoureux.

Forcément, Amanda étant partie pour fuir les hommes, et Kate pour en trouver, la majeure intrigue du film consistera à savoir si les différents protagonistes masculins sont sincères, célibataires, voire … amoureux. L’éternel quête de l’homme parfait, en qui la femme fragile et romantique pourra avoir toute confiance, en quelques sortes. Jasper est-il l’homme de la vie d’Iris ? Quittera-t-il sa future femme pour retourner auprès de celle qui ne peut l’oublier ? Graham est-il réellement un homme à femmes détaché de toute préoccupation sentimentale ? Miles vit-il réellement le parfait amour avec son actrice de fiancée ? Vous le saurez en regardant The Holiday !

  • Deux actrices que l’une est quand même meilleure que l’autre.

Mention spéciale à Kate Winslet, qui se révèle de plus en plus douée à chacune de ses performances. Son personnage, victime d’une de ces « one-sided affairs », réussit à alterner les émotions avec légèreté et sincérité, notamment dans sa relation avec un vieux scénariste de talent, Arthur Abbott. Cameron Diaz reçoit un personnage drôle qui l’empêche d’être elle-même énervante, VOIRE qui lui permet d’être agréable à regarder. Cependant, si elle bénéfice de l’idée fort sympathique de lui faire entendre des voix imitations movie trailer, elle perd en bonhomie avec le pathétique « je ne peux plus pleurer depuis mes 15 ans » (devinez ce qui se passe à la fin). Quant aux acteurs, si Jude Law campe un personnage crédible, Jack Black s’efface dans son petit rôle au dénouement un peu rapide.

Pour résumer, The Holiday reste une comédie romantique assez agréable à regarder, malgré des ficelles et des clichés exploités au possible. On saluera néanmoins le joli hommage aux débuts du cinéma en arrière-trame, et l’absence d’effusion d’émotions. Ne serait-ce cependant que pour la prestation de Kate Winslet, à voir lors de la prochaine girls night …

0

Pourquoi j’aurais du aller en Pologne.

huskyplate
Auto de crise à Varsovie

Auto de crise à Varsovie

Dla mojej Babci … pamięć i myślenie.

Prenez un polonais. Blond, la vingtaine, une canette de bière Tyskie à la main, une bouteille de Zubrowka* de l’autre, il chante gaiement un cantique religieux ponctué de “holy fuck” en lieu et place des “hallelujah” habituels, signe fort de laïcisation et de rébellion. Son but dans la vie : se barrer du pays de Tonton Walesa. Fuck les communistes, fuck les pas-communistes, fuck les plombiers, fuck la life.

Son avenir, le polack le sait, n’est pas perdu dans la neige entre ses deux ex (URSS et RDA), à flipper que l’une d’entre elles le retrouve. Et Dieu sait que pour éviter ça, la Pologne steak haché (Les polonais aussi steak haché à un moment. Pas beau à voir.)

Prenez ce polonais donc. Bien fermement par la couenne. Plongez le, disons, pfft, 5 à 10 bonnes minutes dans un concentré d’acide sulfurique.

Qu’est-ce qui se passe ?

Ben on se sent mieux, non ? Avec la sensation du travail accompli !

N’allez pas croire ici que je n’aime pas la Pologne. Nononononon, loin de moi cette idée. Jamais je ne me permettrai de dire que c’est un pays de fous. C’est  objectivement vrai, là n’est pas la question.

  • Ces mecs ont voulu faire passer une loi pour avoir un Roi à nouveau : Dieu (condition pour être ambassadeur, être mort-vivant).
  • Ils ont voulu censurer les Teletubbies parce que Lala a un SAC A MAIN et que ça faisait gay.
  • Ce qu’ils appellent compote c’est une salade de fruits cheloue qui baigne dans le liquide.
  • La choucroute c’est pas alsacien du tout hein,  c’est une sorte de salade.
  • Ils conservent des concombres pendant des années dans du liquide qui les “cuit”.
  • Ils parlent une langue où y a pas de voyelles, et quand y en a, elles ont des cédilles.
  • Quand il pleut, le sport national c’est de rouler à fond les ballons dans les caniveaux pour arroser les piétons.
  • Sur le site de la SNCF polonaise c’était écrit que tu pouvais te faire voler, violer, et jeter par la fenêtre d’un train pour atterrir dans un lac.
  • Quand tu veux l’autopsie de quelqu’un, il faut l’autorisation … du quelqu’un.
  • Quand tu demandes un café, on te demande si tu le veux … dans une tasse.
  • Quand tu veux acheter du sucre ou une cafetière à Gdynia, tu peux aller … à la Poste !!
  • Quand tu prends le bus (où sévissent des bandes armées) du centre ville à l’aéroport, ce bus se trompe de chemin, finit sur l’autoroute, est arrêté par un passager en panique, et fait … marche arrière.
  • Quand tu vas au marché et que tu demandes quelque chose, on te dit d’attendre, et on revient … jamais. On dit PAS merci. On dit PAS bonjour. On dit PAS  excusez-moi. Même le Routard le sait, section Traditions : “Ne soyez pas surpris par ce qu’on pourrait prendre pour une forme de rudesse. L’accueil est rarement démonstratif, le bonjour, l’au revoir et le merci sont assez rares. C’est comme cela, autant s’y faire.

La résignation. Toujours. Le polonais est résigné. Il sait que si il veut quelque chose, il faut accepter son triste sort. Tu la veux ton autopsie ? Ben tu ramènes un bouquet de fleurs piqués au cimetière, et tu le faufiles au médecin en chantant ses louanges. Tu veux la visiter ta Varsovie ? Tu suis les consignes du bouquin touristique trouvé sur une table de chevet dans un hôtel : ne pas parler ta langue, ne pas faire de photos, ne pas fréquenter les lieux touristiques (fail), ne pas avoir l’air d’un touriste quoi.

Heureusement, Varsovie, en 3h c’est plié (visite des musées exclue). La première fois que j’y suis allée, j’ai eu la délicate surprise de découvrir que quand tu achetais un billet online sur le site de la LOT (compagnie nationale polack), c’était pas vraiment un billet de la LOT. Ce sont pas les mêmes prix qu’online, c’est pas le même centre de traitement. Donc si tu reçois pas la confirmation du billet sous 24h (c’est normal déjà), tu finis au siège social  à hurler partout pour qu’ils te donnent une suite de chiffres que personne ne comprend à l’aéroport. Parce que là, là les gens sont normaux à l’aéroport. Polonais ou pas polonais, ils ne parlent pas couramment le binaire.

Ceci dit je me marre bien en Pologne. Je suis pleine d’admiration pour la sagesse de certaines personnes là-bas. Mon grand-père, en plus d’être plein d’humour (juif), disait de ces phrases extraordinaires de beauté, et de vérité : “toute bonne action mérite d’être punie“. Dans ma jeunesse dorée, à l’époque où j’aimais la philo, je me faisais un plaisir de  glisser des références à Schopenhauer (un peu polack, quand même) et à Witold Gombrowicz. “Le meilleur remède à nos propres maux est le malheur d’autrui.” En plus ça faisait exotique.

Cependant, malgré des traits de génie, le polonais n’en est pas moins à côté de ses pompes. Là, je cherche des proverbes du pays, et sur quoi je tombe :
L’Italien l’invente, le Français le fait, l’Allemand le vend, le Polonais l’achète et le Tatar le pille.

De cette citation que tirons nous ? Et bien que sous le Polonais, y a le Tatar (un montagnard du pays, je crois –mais oui Maman je t’écoute quand tu me parles <3-); et surtout que sous le Polonais y a au moins un gap de 200 ans parce que ça correspond plus du tout à la réalité hein, confondre le français et l’enfant pakistanais sous-payé, faut le faire quand même.

Ceci dit, on s’attache aux fous. Ils le sont presque autant que les ricains. Ou le contraire. J’aurais du aller en Pologne.
HEUREUSEMENT Seattle est jumelée avec Gdynia, la ville de ma mère. Le destin que je vous dis.

* Le correcteur me propose “subrogée” ou “Hazebrouck”. Intéressant.

Bricolo-Bricolette réparent les avions de la LOT.

Bricolo-Bricolette réparent les avions de la LOT.