0

Pourquoi j’aurais du aller en Pologne.

huskyplate
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Print this pageEmail this to someone
Auto de crise à Varsovie

Auto de crise à Varsovie

Dla mojej Babci … pamięć i myślenie.

Prenez un polonais. Blond, la vingtaine, une canette de bière Tyskie à la main, une bouteille de Zubrowka* de l’autre, il chante gaiement un cantique religieux ponctué de “holy fuck” en lieu et place des “hallelujah” habituels, signe fort de laïcisation et de rébellion. Son but dans la vie : se barrer du pays de Tonton Walesa. Fuck les communistes, fuck les pas-communistes, fuck les plombiers, fuck la life.

Son avenir, le polack le sait, n’est pas perdu dans la neige entre ses deux ex (URSS et RDA), à flipper que l’une d’entre elles le retrouve. Et Dieu sait que pour éviter ça, la Pologne steak haché (Les polonais aussi steak haché à un moment. Pas beau à voir.)

Prenez ce polonais donc. Bien fermement par la couenne. Plongez le, disons, pfft, 5 à 10 bonnes minutes dans un concentré d’acide sulfurique.

Qu’est-ce qui se passe ?

Ben on se sent mieux, non ? Avec la sensation du travail accompli !

N’allez pas croire ici que je n’aime pas la Pologne. Nononononon, loin de moi cette idée. Jamais je ne me permettrai de dire que c’est un pays de fous. C’est  objectivement vrai, là n’est pas la question.

  • Ces mecs ont voulu faire passer une loi pour avoir un Roi à nouveau : Dieu (condition pour être ambassadeur, être mort-vivant).
  • Ils ont voulu censurer les Teletubbies parce que Lala a un SAC A MAIN et que ça faisait gay.
  • Ce qu’ils appellent compote c’est une salade de fruits cheloue qui baigne dans le liquide.
  • La choucroute c’est pas alsacien du tout hein,  c’est une sorte de salade.
  • Ils conservent des concombres pendant des années dans du liquide qui les “cuit”.
  • Ils parlent une langue où y a pas de voyelles, et quand y en a, elles ont des cédilles.
  • Quand il pleut, le sport national c’est de rouler à fond les ballons dans les caniveaux pour arroser les piétons.
  • Sur le site de la SNCF polonaise c’était écrit que tu pouvais te faire voler, violer, et jeter par la fenêtre d’un train pour atterrir dans un lac.
  • Quand tu veux l’autopsie de quelqu’un, il faut l’autorisation … du quelqu’un.
  • Quand tu demandes un café, on te demande si tu le veux … dans une tasse.
  • Quand tu veux acheter du sucre ou une cafetière à Gdynia, tu peux aller … à la Poste !!
  • Quand tu prends le bus (où sévissent des bandes armées) du centre ville à l’aéroport, ce bus se trompe de chemin, finit sur l’autoroute, est arrêté par un passager en panique, et fait … marche arrière.
  • Quand tu vas au marché et que tu demandes quelque chose, on te dit d’attendre, et on revient … jamais. On dit PAS merci. On dit PAS bonjour. On dit PAS  excusez-moi. Même le Routard le sait, section Traditions : “Ne soyez pas surpris par ce qu’on pourrait prendre pour une forme de rudesse. L’accueil est rarement démonstratif, le bonjour, l’au revoir et le merci sont assez rares. C’est comme cela, autant s’y faire.

La résignation. Toujours. Le polonais est résigné. Il sait que si il veut quelque chose, il faut accepter son triste sort. Tu la veux ton autopsie ? Ben tu ramènes un bouquet de fleurs piqués au cimetière, et tu le faufiles au médecin en chantant ses louanges. Tu veux la visiter ta Varsovie ? Tu suis les consignes du bouquin touristique trouvé sur une table de chevet dans un hôtel : ne pas parler ta langue, ne pas faire de photos, ne pas fréquenter les lieux touristiques (fail), ne pas avoir l’air d’un touriste quoi.

Heureusement, Varsovie, en 3h c’est plié (visite des musées exclue). La première fois que j’y suis allée, j’ai eu la délicate surprise de découvrir que quand tu achetais un billet online sur le site de la LOT (compagnie nationale polack), c’était pas vraiment un billet de la LOT. Ce sont pas les mêmes prix qu’online, c’est pas le même centre de traitement. Donc si tu reçois pas la confirmation du billet sous 24h (c’est normal déjà), tu finis au siège social  à hurler partout pour qu’ils te donnent une suite de chiffres que personne ne comprend à l’aéroport. Parce que là, là les gens sont normaux à l’aéroport. Polonais ou pas polonais, ils ne parlent pas couramment le binaire.

Ceci dit je me marre bien en Pologne. Je suis pleine d’admiration pour la sagesse de certaines personnes là-bas. Mon grand-père, en plus d’être plein d’humour (juif), disait de ces phrases extraordinaires de beauté, et de vérité : “toute bonne action mérite d’être punie“. Dans ma jeunesse dorée, à l’époque où j’aimais la philo, je me faisais un plaisir de  glisser des références à Schopenhauer (un peu polack, quand même) et à Witold Gombrowicz. “Le meilleur remède à nos propres maux est le malheur d’autrui.” En plus ça faisait exotique.

Cependant, malgré des traits de génie, le polonais n’en est pas moins à côté de ses pompes. Là, je cherche des proverbes du pays, et sur quoi je tombe :
L’Italien l’invente, le Français le fait, l’Allemand le vend, le Polonais l’achète et le Tatar le pille.

De cette citation que tirons nous ? Et bien que sous le Polonais, y a le Tatar (un montagnard du pays, je crois –mais oui Maman je t’écoute quand tu me parles <3-); et surtout que sous le Polonais y a au moins un gap de 200 ans parce que ça correspond plus du tout à la réalité hein, confondre le français et l’enfant pakistanais sous-payé, faut le faire quand même.

Ceci dit, on s’attache aux fous. Ils le sont presque autant que les ricains. Ou le contraire. J’aurais du aller en Pologne.
HEUREUSEMENT Seattle est jumelée avec Gdynia, la ville de ma mère. Le destin que je vous dis.

* Le correcteur me propose “subrogée” ou “Hazebrouck”. Intéressant.

Bricolo-Bricolette réparent les avions de la LOT.

Bricolo-Bricolette réparent les avions de la LOT.

admin

Commentaires