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From Paris with Love

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Il y a forcément un moment où la longue liste des bons films s’arrête et où on termine par aller voir une daube. Le craquage, l’erreur bête. Et bien nous y voilà. Après Taken (2008), Pierre Morel récidive avec la réalisation d’un nouveau film « parisien » sur un scénario de Luc Besson. Il est bien loin le temps de Léon ou du Cinquième Élément. Bien que l’on sentait déjà le goût prononcé du français pour les scènes d’action et la baston au ralenti, From Paris With Love frise l’antiperfection en nous offrant un vrai non-scénario comme les films d’action peuvent en proposer par moments.

Devait-on en attendre autant néanmoins ? Probablement pas. L’intrigue repose finalement sur l’éternelle recette du duo mal assorti. Malheureusement, le pince-sans-rire Charlie Wax (John Travolta) écrase le mono-expressif James Reece (Johnathan Rhys-Meyer) par son ton cynique et décalé, professionnel de la violence a-moralisée. Pour résumer, Reece rêve d’être un agent secret surbooké. Dans la vraie vie, il n’est qu’assistant de l’ambassadeur américain à Paris … le type de boulot qui fait de vous le candidat idéal pour aller récupérer l’électron libre Wax à l’aéroport. Évidemment, les deux vont faire la paire et alterner dialogues improbables et scènes dignes d’un Chuck Norris moderne armé jusqu’aux dents, le tout dans un film aux allures d’éternelle course-poursuite. Certes, le rythme y est, et certaines scènes sont filmées avec beaucoup d’originalité et de brio, mais suffisent-elles à combler la pauvreté du scénario « oulala les méchants terroristes qui menacent le sommet international ah oui mais ouf on a un superhéros en la sainte personne de John Travolta » ? Assurément pas.

Pour tous les experts des gunfights et de John Travolta. A vivement déconseiller à tous ceux qu’un film d’action ennuie, qu’un vase chinois cassé font hurler, ou qui tout simplement n’ont pas goût aux clichés du genre.

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The Holiday

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Jeunes filles en manque de présence masculine en ce jour de la Saint-Valentin, le Calamar pense à vous avec The Holiday, une comédie romantique qui fera les joies de toute girls night, aux côtés des pots de glaces et des flots de remarques aigries sur le côté commercial de la fête des amoureux.

“You’re supposed to be the lead lady of your own life, for God’s sake !” – Iris

En effet, The Holiday, film de Nancy Meyers sorti en 2006, pourrait parfaitement faire l’objet d’une checklist du genre.

  • Deux couples que tu sais trop qu’ils vont finir ensemble.

Pas besoin d’être divin pour savoir qu’à priori, les têtes d’affiches vont se mettre en couple (hétérosexuel). A peine appris que Jude Law/Graham était le frère de Kate Winslet/Iris et Jack Black/Miles l’assistant de Cameron Diaz/Amanda, les cartes étaient jouées. (Non, je ne ruine pas le suspense, il y en assez … peu.)

  • Deux héroïnes que tu sais trop que leur vie elle va changer.

The Holiday est un film pro-nouvelles technologies (sponsorisé par Dell, d’ailleurs, dans mes souvenirs) : ordinateurs, domotique et gags au téléphone sont de sortie. Cameron Diaz/Amanda, riche productrice de trailers à Los Angeles, vient de rompre avec son infidèle petit ami. Kate Winslet/Iris, journaliste britannique spécialisée dans les mariages, vient d’apprendre le futur mariage justement de l’homme qu’elle aime depuis 3 ans, Jasper. Ni une ni deux, elles se connectent sur leur ordi grâce à leur connexion internet qui va jusque dans les coins reculés de la cambrousse britannique, et utilisent leur interface des années 1960 pour trouver une annonce d’échange de maisons. Coup de tête, besoin vital de changement d’air voire de vie, elles attrapent un avion et échangent leur quotidien en moins de 24h (on a pas toute la pellicule hein).

  • Deux mecs que tu sais qu’au fond, ils seront célibataires et amoureux.

Forcément, Amanda étant partie pour fuir les hommes, et Kate pour en trouver, la majeure intrigue du film consistera à savoir si les différents protagonistes masculins sont sincères, célibataires, voire … amoureux. L’éternel quête de l’homme parfait, en qui la femme fragile et romantique pourra avoir toute confiance, en quelques sortes. Jasper est-il l’homme de la vie d’Iris ? Quittera-t-il sa future femme pour retourner auprès de celle qui ne peut l’oublier ? Graham est-il réellement un homme à femmes détaché de toute préoccupation sentimentale ? Miles vit-il réellement le parfait amour avec son actrice de fiancée ? Vous le saurez en regardant The Holiday !

  • Deux actrices que l’une est quand même meilleure que l’autre.

Mention spéciale à Kate Winslet, qui se révèle de plus en plus douée à chacune de ses performances. Son personnage, victime d’une de ces « one-sided affairs », réussit à alterner les émotions avec légèreté et sincérité, notamment dans sa relation avec un vieux scénariste de talent, Arthur Abbott. Cameron Diaz reçoit un personnage drôle qui l’empêche d’être elle-même énervante, VOIRE qui lui permet d’être agréable à regarder. Cependant, si elle bénéfice de l’idée fort sympathique de lui faire entendre des voix imitations movie trailer, elle perd en bonhomie avec le pathétique « je ne peux plus pleurer depuis mes 15 ans » (devinez ce qui se passe à la fin). Quant aux acteurs, si Jude Law campe un personnage crédible, Jack Black s’efface dans son petit rôle au dénouement un peu rapide.

Pour résumer, The Holiday reste une comédie romantique assez agréable à regarder, malgré des ficelles et des clichés exploités au possible. On saluera néanmoins le joli hommage aux débuts du cinéma en arrière-trame, et l’absence d’effusion d’émotions. Ne serait-ce cependant que pour la prestation de Kate Winslet, à voir lors de la prochaine girls night …

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Cosas que dejé en la Habana

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Petite pause dans les sirènes du box-office, le Calamar sait aussi plonger dans des films datant du siècle dernier. Les énigmatiques « Choses que j’ai laissées à la Havane » de l’espagnol Manuel Guttiérrez Aragon avaient intrigué et conquis le monde hispanophone en 1997. Encore considéré par la majorité des spectateurs comme un film de qualité ayant su s’imprégner de la mélancolie et de la nostalgie des cubains exilés en Espagne, c’est pourtant un arrière-goût d’inachevé qui nous est laissé …

La recherche d’un meilleur avenir, le tiraillement existentiel entre la résignation à perdre ses repères et l’espérance d’un futur en lequel avoir -finalement- confiance, est le thème sous-jacent d’une multitude de films à la trame similaire.

Cette amère découverte des difficultés d’adaptation dans un pays dont on peut pourtant parler la langue sans pour autant se faire comprendre complètement, n’en est pas moins difficile à traiter cinématographiquement. Guttierrez Aragon, en tentant un tableau exhaustif de l’immigration cubaine, n’a finalement réalisé qu’une étrange juxtaposition d’amour, d’identité, de famille et de culture, saupoudrant l’œuvre finale d’une dose de clichés tout particulièrement croustillants.

Que dire des personnages, stéréotypés à l’extrême ? La tante Maria, qui accueille à Madrid ses trois nièces Nena, Ludmila et Rosa, pour mieux les exploiter dans sa boutique ou les marier au fils homosexuel d’une de ses amis; Azucena qui tombe dans le piège de Igor, latin lover aux dents longues…

Au sein du trio féminin, les rôles sont aussi répartis à la manière d’un casting de télé réalité : Nena est la jeune et belle actrice qui suit ses passions et ses folies, Ludmila est la cubaine au tempérament de feu qui sait ce qu’elle veut, Rosa est la sœur-mère au sens du sacrifice surdéveloppé. En jouant sur la série amour/famille/identité/culture, Manuel Guttierez a tenté de réaliser un film poignant et réaliste.

Au final, le scénario tombe dans les limbes du triangle amoureux et de l’absence total de suspense, ce qui une fois couplé au manque d’originalité, commence à faire beaucoup de mauvais points…. Malgré des pistes intéressantes, Cosas que dejé en la Habana s’échoue dans une mélancolie peu crédible ramenée à la possibilité d’un amour véritable entre deux personnes de même origine seulement. Film d’amour et d’immigration, cet hybride

En résumé, sur un sujet qui donne du fil à retordre aux écrivains et scénaristes depuis des décennies, Cosas que dejé en la Habana s’est cassé les dents malgré des pistes intéressantes. Ni film d’amour ni un film sur l’immigration, l’hybride de Manuel Guttiérez Aragon s’est perdu sur la route de ses souvenirs, dans une Havane qui n’existerait pas … ou plus.

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Qui a peur de Virginia Woolf ?

Virginia Woolf

« Who’s afraid of Virginia Woolf, Virginia Woolf, Virginia Woolf ! ».

Musique obsédante et entraînante, ébauche de comptine rappelant que le « big bad wolf » originel se cache peut-être là où ne l’attend pas… Pas besoin de suivre le Calamar à San Francisco pour voir cette pièce d’Edward Albee, célèbre tant par sa qualité que par l’acclamation des critiques. Détentrice du Tony Award de la meilleure pièce (1963) et sélectionnée pour recevoir le prix Pulitzer la même année, Who’s afraid of Virginia Woolf ? se vit refuser ce dernier en raison de l’utilisation de thèmes contraires à la moralité de l’époque.

L’histoire peut sembler d’une banalité presque inoffensive, elle se révèlera dangereusement inquiétante pourtant. Il est professeur d’université. Elle est la fille du doyen de ce même établissement. Ils sont mariés depuis plus de vingt ans, eux, les quadragénaires. Et ils vont se déchirer.. Improbable affrontement qui remet sur le tapis deux décennies de vie commune, faite d’alcool, de soirées, de rires, de jeux, de déchirements et de non-dits; le couple passe du discours cru aux remontrances cruelles, et joue avec la violence pour tirer vers la démence.

Pour servir le texte et cette intenable plongée dans les troubles relations humaines, l’Actors Theater de San Francisco proposait les prestations de Christian Phillip, magistral dans le rôle d’un George hésitant entre passivité et réactivité face à sa femme Martha, interprétée par une Rachel Klyce aux prises avec l’exubérance de son personnage. Tour à tour insupportable et attachante, vulgaire et philosophique, sûre d’elle et désespérée, la pièce vit aussi au rythme des émotions de Martha, sans pour autant tomber dans une folie simplificatrice. Le spectateur cherche entre les lignes et les répliques la clé des mystères évoqués, la solution aux tourments de ces êtres. Pourquoi est-ce que ce couple, alternant complicité et affrontement, inviterait-il un jeune couple d’inconnu à prendre un dernier verre après une soirée pourtant terminée tardivement ? Pourquoi les impliquer si intensément dans une dynamique auto-destructrice ? Nick, professeur de biologie, et sa femme Honey, se retrouvent pris dans une spirale dans laquelle ils s’évertuent à surnager.

Dans cette cynique comédie du chaos où chacun tente de prendre l’avantage sur l’autre par son intellect et sa ruse, les maîtres du jeu George et Martha éclipsent les deux autres personnages pour les projeter dans l’éternel souvenir de l’inconfortable affrontement dont ils ont été témoins et parties. Tout a changé, rien n’est plus pareil, et pourtant tout redevient si calme que l’on en oublierait presque d’avoir peur de qui que ce soit.

Attention : Ne pas se laisser décourager par la longueur de la pièce (près de 3h)…

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Up in the air

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Décidément, George Clooney fait de très bons choix cinématographiques. Après l’hilarant The Man Who Stared at Goats, Mr. Nespresso nous offre une prestation de qualité dans le dernier film de Jason Reitman au scénario tout autant génial qu’inclassifiable. Drame, comédie, essai philosophique sur les relations humaines ? Encensé par la critique professionnelle, cette adaptation du livre du même nom (2001) propose un tableau social aux saveurs très actuelles de crise économique. Le tout nappé du questionnement personnel d’un homme aux prises avec un monde de plus en plus individualiste. Délicieusement cynique.

Pourtant, le sujet pourrait être présenté de manière peu affriolante. Ryan Bingham (George Clooney) est employé d’une entreprise spécialisée dans le licenciement. A la manière d’une allégorie moderne de la mort (professionnelle et sociale), Bingham se déplace partout aux Etats-Unis, véritable expert des business trips, munis de ses létales notifications de licenciement. Son métier, son mode de vie, est devenu une philosophie au point de prôner un total détachement relationnel jusque dans des conférences à succès. La vie, selon Bingham, c’est un sac à dos, qu’il faut maintenir au plus léger. Pas de pression, juste un objectif finalement : atteindre les 10 millions de miles sur sa carte de fidélité American Airlines. Sa vie se passe dans les hôtels et les aéroports, dans un perpétuel mouvement qui lui permet de croiser ici et là Alex (Vera Farmiga), qui semble être son alter ego du déplacement sans fin.

Malheureusement, Ryan voit bientôt un changement radical se profiler dans sa vie. En effet, une petite surdouée du nom de Natalie Keener (Anna Kendrick), tout droit sortie de son Ivy, vient d’arriver dans l’entreprise pour proposer un tout nouveau protocole via Internet. Ryan ne peut faire autrement que de tenter de prouver à cette dernière que cette technique est tout aussi inhumaine que dangereuse, et ce en la confrontant directement avec les personnes qu’elle licencie… L’occasion pour elle comme pour le cynique Bingham de remettre en cause leurs propres principes et valeurs.

Philosophique et drôle, amusant et touchant, Up in the air ravit par ses différents niveaux de lecture et de genres, entre ses allures de comédie romantique, et ses accents de drame social. Un film rare, à voir de toute urgence !

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Brothers

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Âmes sensibles, s’abstenir. Pardon, je reformule. Filles ultra-sensibles, s’abstenir. Le Calamar a testé pour vous « aller au cinéma avec une horde de fille fans de Tobey Maguire », et il ne s’est pas encore remis de la quantité de larmes qu’un corps humain peut déverser sur un aussi petit laps de temps. Pourtant, Brothers avait réussi ce que peu de films sur le sujet pouvaient se targuer d’avoir accompli. Jim Sheridan signe ici un drame sur un sujet aussi dramatique que les conséquences de la guerre sur la vie d’un homme, d’une famille, d’un pays; et ce sans pour autant tomber dans le scénario larmoyant.

Réaliste, cru, naturel, Brothers exploite la cellule familiale pour mieux décortiquer la psychologie de ceux qui sont concernés de trop près par la guerre. Remake d’un film danois de 2004 (Brødre), le film suit l’évolution de Sam Cahill (Tobey Maguire) et de sa famille. Fils prodigue d’un major de l’armée américaine, mari aimant et père responsable comme le veut l’image d’Épinal, Sam est envoyé en Afghanistan. Il laisse derrière lui ses deux enfants et sa femme Grace (Nathalie Portman), ses parents et son frère Tommy (Jake Gyllenhaal) tout juste sorti de prison. Le drame est prévisible : Sam est donné pour mort et la famille doit réapprendre à vivre avec le deuil.

Tommy va alors se révéler un soutien essentiel dans la vie de Grace, évidemment détruite par la nouvelle (jolie performance de Nathalie Portman, qui garde une fine sobriété dans l’émotion). Le film réalise alors une rapide (un peu trop ?) ellipse dans le temps en juxtaposant les scènes de la transformation de l’ex vilain petit canard marginalisé en oncle idéal, adoré des enfants, confident de la mère, qui repeint la cuisine et fait du patin à glace. Et il fait même plus : il embrasse sa belle-sœur. Heureusement, dans cette évocation de la problématique du retour à la vie (notamment amoureuse) pour les veufs, la morale est sauve : certes, ils s’embrassent après avoir fumé un joint et c’est pas joli joli, mais ils ne font que s’embrasser. Ouf.

De toute façon, le tournant dramatique a lieu peu après : Sam n’était pas mort, il était juste retenu en otage par les Talibans. Ah ben c’est bon, on est rassuré, tout va bien alors.

Et bien non, et c’est justement là que le film prend une dimension rare de qualité grâce au jeu de Tobey Maguire, littéralement exceptionnel en soldat torturé, blessé, hanté par ses actes et ses souvenirs. Aucune fausse note finalement au sein de ce trio d’acteurs, tous très bons dans une périlleuse entreprise de camouflage de sentiments et faiblesses. Sobre, calme, les liens entre les frères gravitent autour de la courageuse Grace, sans oublier les personnages secondaires comme l’étouffant père joué par Sam Shepard ou l’aînée des fillettes jouée par Bailee Madison. Un film qui aura su dépasser les lenteurs d’un triangle amoureux sans suspense pour explorer les évolutions psychologiques de ses protagonistes, allant jusqu’à offrir un final très abouti.

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2012

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Blockbuster américain, le dernier né de Roland Emmerich a réussi un exploit de taille : atteindre le niveau de Terminator 3 dans la palmarès des films les plus éprouvant à regarder sans pleurer son désespoir. Son seul intérêt ? Le regarder après une petite visite sur IMDB. Le site de référence vous propose une liste de films que vous pourriez aimer si vous êtes intéressés par 2012.

  • Independance Day
  • The day after tomorrow
  • The War of the Worlds

Merci IMDB. Grâce à toi j’oublie que John Cusack est décidément un TRES mauvais acteur, que le scénario est aussi prévisible qu’ennuyeux, j’en viens même à considérer que je peux survivre à 2h40 de fin du monde qui n’arrive jamais (mais non j’ai pas ruiné la fin). Grâce à toi j’ai compris la réelle nature de ce film : c’est une blague. Une parodie de film apocalyptique. Un film qui ne se prend pas au sérieux, qui enchaîne les effets spéciaux ne s’arrêtant que pour retarder le déluge final par une avalanche de bons sentiments. Car oui il faut le reconnaître, et ce à la lumière des 260 millions de dollars de budget du film (rien que ça), les amateurs des effets spéciaux de pointe seront ravis par la qualité de 2012. Le film fait ce qu’il y a de mieux. Il reprend aussi ce qui a été fait de mieux, d’ailleurs.

2012, c’est en effet un best-of des meilleures scènes du genre : la fuite en voiture et la trame familiale du père rejeté type War of the Worlds, l’avion « that’s Russian » (la meilleure blague du film. Je sais, on dirait pas.) aux airs d’Air Force One, l’arrivée en Chine aux accents de James Bond, le déluge version Le jour d’après, la grandeur de l’Amérique et de ses présidents merci Independance Day, les tendances au sacrifice du héros spéciale dédicace Bruce Willis et Armageddon, la vague anti-gentil-scientifique OH MAIS C’EST DEEP IMPACT, et pour finir la famille qui s’aime ah ben tiens les Bisounours (grand film d’action). Le tout couplé à une reprise approximative de tous les films de catastrophe sismique possibles et inimaginables, que l’on pense au Pic de Dante ou à Twister..

Un film qui fait du bien à la culture ciné, somme toute.

Surtout quand on se souvient que Independance Day, c’est Roland; et que le jour d’après, ben c’est Roland aussi.

Ça en devient rigolo.

Pleine d’espoir, j’aime entrevoir dans 2012 une critique de la société américaine et de ses aspirations à sauver le monde, un foutage de gueule hommage à (ses propres) films du genre catastrophe, et surtout, une façon de surfer sur la vague des prédictions Maya. Le talent d’Emmerich, en plus d’accumuler les stéréotypes et les tentatives d’humour à un rythme effrénant dans un scénario qui ne tient que par ses incohérences, c’est d’avoir compilé toutes les emmerdes qui pouvaient arriver à notre chère planète dans une seule pellicule : il ne manque plus que l’arrivée de Godzilla (ENCORE ROLAND) au milieu de tout ça, et on était avait fait le tour du mode « Catastrophes » de Sim City. Sauf que dans Sim City, y a pas un con qui court partout pour sauver le chien, ni une tentative de moralisation chrétienne en plein déluge biblique, la dernière image du film en étant un très bon exemple.

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Les chèvres du Pentagone

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Improbable titre, improbable casting, mais pourtant irrésistible, « the man who stared at goats » a été le coup de cœur de la fin 2009 pour le Calamar aux USA, un véritable croustillant d’absurdité dans un feuilleté politique. Basé sur un roman de Jon Ronson révélant les expériences de l’armée américaine à la recherche de techniques paranormales, ce film délirant de Grant Heslov nous prévient d’entrée : « more of this is true than you would believe »…

Tout commence en 2003 quand Bob Wilton (Ewan McGregor), reporter du Michigan au cœur brisé, décide d’oublier son chagrin d’amour en faisant du journalisme, du vrai, en trois mots comme en cent : du reportage en Irak. Mais c’est un autre sujet qui va s’offrir à Bob lorsqu’il rencontre un certain Lyn Cassady (George Clooney), qui va lui faire découvrir les secrets de son unité très spéciale. Formée par Bill Django (Jeff Bridges) après la guerre du Vietnam avec pour mission de changer la guerre telle que nous la connaissons, la New Earth Army prépare ses recrues à utiliser leurs pouvoirs psychiques pour faire la guerre sans autre violence que celle issue de leur esprit. Au menu pour ces apprentis « guerriers Jedi » (jolie résonance avec le passé d’Ewan McGregor) à l’intuition surdéveloppée : cours de danse et passages à travers les murs, invisibilité et façonnage de nuages, rien que ça ! Autant de capacités surhumaines qui mène la paire Clooney/McGregor sur les traces d’un Django apparu en vision à son protégé Cassady, convaincu que malgré une terrible malédiction qui pèse sur lui, il a reçu la mission d’aller secourir son mentor..

Mais que viennent faire les chèvres là-dedans me direz vous ? Et bien elles représentent le tournant dans la vie de Lyn. Forcé d’utiliser ses pouvoirs contre l’une d’entre elles, il claque la porte de son armée de hippies, convaincu que de telles capacités ne peuvent être utilisées pour faire le mal. Une vision totalement opposée à celle de Larry Hooper (Kevin Spacey), l’ennemi maléfique, aujourd’hui devenu responsable d’une équipe de recherche privée sur les … pouvoirs psychiques et paranormaux.

Excellente comédie satirique aux allures de film des frères Coen, Les chèvres du Pentagone fait mouche à chacun des gags tous plus improbables les uns que les autres, servis par un hilarant George Clooney en grande forme, un convainquant Jeff Bridges dans une de ses meilleures performances, un Ewan McGregor impeccable dans le rôle du faire-valoir incrédule, et un Kevin Spacey délicieusement méchant. Les plus intellectuels verront une critique mordante de la guerre et de ses méthodes (qu’on pense seulement à Guantanamo ou Abu Ghraib), de l’idéalisme, du patriotisme américain, ainsi qu’une jolie mise en images de l’histoire du First Earth Battalion de Jim Channon. On regrettera que le film ne dure qu’une heure trente (bien que mieux vaut un film court bien ficelé qu’un film fleuve dilué) !

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A Serious Man

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Oyez oyez, le dernier des Frères Coen est arrivé. Les maîtres de l’absurde se sont appliqués à imprégner le digne successeur de Burn After Reading d’humour noir et de religieuses philosophies aux accents cyniques, le tout dans un contexte où sagesse et humour juif se renvoient la balle. Un véritable coupable régal que de suivre, impuissants, les aventures de Larry Gopnik, professeur ès vie de merde.

Car il s’agit bien ici de se plonger, après un prologue frisant le génie, dans les années 60 pour y observer un acharnement si parfait qu’il en devient presque mystique : la transformation en drame du quotidien de Larry Gopnik (Michael Stuhlbarg), tranquille professeur de physique quantique à l’école Bnai Abraham, marié, père de deux enfants.

Du jour au lendemain, l’ordre cosmogonique semble l’avoir pris en grippe. Sa fille lui vole de l’argent pour se refaire le nez, son fils préfère écouter la radio que les cours le préparant à sa Bar Mitzvah, et surtout sa femme Judith le quitte pour leur ami Sy qu’elle veut épouser. La sentence est immédiate : Larry doit quitter le domicile conjugal pour s’installer dans un motel avec son éternel squatteur de frère, Arthur, qui griffonne sur des pages et des pages des signes kabbalistiques.

En parallèle de cette histoire de famille qui s’écroule se profile une réflexion sur le judaïsme, la religion, les croyances, la communauté, la vie et son sens. En effet, Gopnik, désespéré, se résout à consulter trois rabbins différents dans l’espoir de se voir proposer la solution à ses problèmes personnels comme professionnels. Car, pour parfaire le tout, alors qu’il est sur le point de se voir accorder sa titularisation, Larry fait l’objet d’une véritable persécution par un étudiant coréen pour qui acheter une note semble tout à fait légitime…

Le délire absurde dans lequel nous plonge les frères réalisateurs est servi par une brochettes d’acteurs inconnus, ce qui ne fait que mettre l’accent sur leurs personnages dramatiquement croqués à la perfection par les scénaristes, du couple de futurs divorcés à la voisine nymphomane sous substances, en passant par le golfeur Sy, qui vient réconforter l’homme à qui il a volé la femme … Un film comique et métaphysique, épatant.

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Sept Vies

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Dépressifs, passez votre chemin. Sept Vies s’ouvre sur un Will Smith au visage inhabituellement creusé appelant pour signaler un suicide : le sien.

Pour peu que l’on n’ait pas trop porté attention au synopsis avant de se lancer dans le visionnage, les 3 premières minutes permettent de détester ce personnage qui ne quitte sa sobriété que pour insulter au téléphone un aveugle … Mais évidemment, dans cette fable moderne, il ne faut pas se fier aux apparences.

Ben Thomas va en fait s’engager sur le chemin d’une curieuse quête : trouver sept vies à changer radicalement. Offrir une nouvelle chance, un nouvel avenir, à de « bonnes personnes ». Donner sa moelle épinière, un bout de son foie, son appartement, cet agent de recouvrement fiscal ne recule devant rien pour … pour quoi en fait ? Pour sa rédemption (rien que ça).

Certes, l’intrigue ne tient pas longtemps, et c’est probablement déplorable, bien que j’admette qu’il y a un moment où, quand même, faut cracher le morceau (qu’on passe le message aux scénaristes de LOST). D’autant plus que le film souffre d’un début un peu lent voire totalement embrouillant, où les questions s’amoncellent dans notre tête, à force de blacklister le mot « réponse ». Pourquoi s’évertuer à faire le bien ainsi ? Pourquoi sept personnes ? Et pourquoi celles-là ? Sur quels critères ? Pourquoi se suicider ? Le film s’ouvrait sur « En 7 jours, Dieu créa le monde. En 7 secondes, je détruisis le mien. ». Mais … pourquoi vous faites ça ?

Et soudain, le scénario lâche brutalement assez d’indices et d’informations pour que l’on comprenne instantanément et sans nul doute la destinée du personnage (à un détail près, selon moi). Fin de la tentative de préserver dans une atmosphère mystérieuse et ralentie le secret du personnage, le secret de son passé comme le secret de son avenir pourtant déjà scellé.

Saluons les performances des acteurs, Will Smith et Rosario Dawson en tête. Une histoire triste, une fin prévisible-ment déprimante, pour un personnage devenu altruiste … par la force des choses. Un mélo tire-larmes, une belle histoire de don de soi, voire un acte d’égoïsme transformé en improbable acte extrême d’héroïsme; faites-vous votre idée par vous-même avec Sept Vies, désormais en DVD !

Pour en savoir plus

* Le site du film : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=130769.html
* Le film sur Allocine : http://www.septvies.fr/