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Libération d’un otage, 16 mois après les faits.

huskyplate

J’ai le plaisir et l’émotion de me rendre à l’évidence. Je n’arriverai décidément pas à remettre la main sur la version améliorée et complétée du rapport de séjour de 3A passée à Seattle. Fort heureusement, de Washington à Washington il n’y a qu’un pas (d’environ un continent), je vais pouvoir donc récupérer les vieux brouillons et les anciennes conneries et updater ce blog.

D’ici là, enjoy la HUSKY PRIDE.

Le rapport de séjour que tu comprends pas pourquoi il a pas fini sur le site de la DAIE (malgré les éloges de Matthew T.)

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L’école du rire.

Husky Logo 1

Les gens sont prévisibles. Annoncer à un quidam quelconque qu’on va passer un an à Seattle (alors qu’en fait, c’est autant de la bullshit que de dire qu’il y a trois trimestres dans une année) donne invariablement lieu à une de ces réactions :

– “Hey Seattle, un peu comme dans Grey’s Anatomy, WOUAH, tu vas voir Dr Mamour !” (version fan de série)
– “Hey Seattle, Kurt Cobain ! WOUAH, tu vas te tirer une balle dans la tête” (version grunge)
– “Hey Seattle, mais c’est pas genre, là où il pleut ?” (version taggle toi)
– “Hey Seattle, STARBUUUUUUCKS” (version Anne-Lyne)
– “Hey Seattle, y a pas un film dessus ?” (version j’ai une culture ciné mais pas trop)
– “Hey Seattle, c’était ton premier choix ?” (version on me la fait pas, moi aussi je suis à Sciences Po et je vais en 3A)

Toi aussi, tu veux du rêve, de la motivation et des cris de joie. Tu n’attends qu’une chose, que je te vende Seattle comme du bon cognac qui fait rire sans faire siffler le soleil et les alcootests. Enfin non, là tu chantes “ça fait rire les oiseaux” de la compagnie créole et tu te demandes depuis quand le soleil siffle. Il n’a jamais sifflé mon pauvre, mais je m’en fous, il aurait pu. Aux dernières nouvelles, une abeille ça chante pas plus.

Bref. Revenons ensemble sur le pourquoi du comment de Seattle. Par “ensemble” je veux évidemment dire “moi et moi”. Je ne pense pas d’ailleurs que l’expansion des blogs en parallèle de celle de la maladie d’Alzheimer soit fortuite. Enfin.

Pendant longtemps, j’ai hésité entre une multitude de destinations. Ici, je respecterai les commandements du grand chef de l’Ordre de l’Alphabet.

  • Amsterdam : c’est beau et j’aime le néérlandais, mais il pleut, il fait froid, et WTF le néerlandais.
  • Athènes : oui mais WTF le grec, que je ne parle pas d’ailleurs. Quoi que, d’autres l’ont fait et j’ai fait du grec ancien. Mais bon, baser une carrière fructueuse et enrichissante sur le grec, c’est rare. Même sur le grec moderne, hein.
  • Buenos Aires : oui mais je suis sensée parler espagnol, et je suis pas sûre que ce soit vraiment le cas. *peur*
  • Edinbourg : oui mais il pleut et il fait froid (bis).
  • Inde (en général)
  • Le Caire
  • Turquie : et merde, y a pas d’échange avec Istanbul ?

Et là les gens, vous cherchez Seattle. Ben on trouve pas. C’est bien ça le problème. Mais comme je suis une cérébrale (comprendre : la dernière fois que j’ai fait du sport, j’étais pas née), je me suis dit qu’il fallait devenir totalement bilingue en anglais (t’arrête, je suis pas conformiste). De là restent donc les Etats-Unis (qui ne m’ont jamais attirée), le Royaume-Uni (qui est quand même trop près de Paris), l’Australie et le Canada (qui ne m’attirent pas non plus), l’Afrique du Sud (oui mais là j’ai pas compris si on a vraiment des échanges ou pas avec eux), l’Inde, et d’autres pays comme les Pays-Bas ou la Scandinavie qui ont compris qu’offrir un cursus anglophone n’était pas une mauvaise idée. Les deux dernières catégories ont été éliminées pour cause de froid, l’Australie et le Canada pour cause de syndrome “euhvraimentpasenvie”. Et puis au fil du temps, je me suis dit, autant tenter une université pas trop merdique aux Etats-Unis, assurer l’académisme. Assurer le salaire pour plus tard me payer une année sabbatique autour du mooooonde.

Ouais mais j’avais oublié que je voulais être journaliste et donc que j’aurais jamais de salaire. FAIL.

Ensuite j’ai tergiversé sur tous mes choix, et j’ai fini par faire une liste improbable sur le projet “journalisme+pitié une grande ville quand même”. La liste devait être rendue à minuit, et à quelque chose comme 21h, j’ai décidé de mon 5e choix. Seattle. Déjà, parce qu’une amie m’avait dit que si elle devait choisir une université, là, tout de suite, Seattle aurait été dans la liste. Et puis aussi parce que l’université à Seattle s’appelle University of Washington, et que dit comme ça, on pourrait croire que c’est Washington D.C.. “Sur un malentendu, ça peut marcher”. Ça me fait toujours rire, tiens. Et puis aussi, le sacrosaint classement de Shanghai dit que c’est la 16e meilleure université du monde, alors FUCK LES GENS. Tiens je le mets en gras tellement que j’y crois pas : 16e meilleure université du monde.

A la base, j’étais un peu déçue vu que bon. C’est un choix, certes, mais un cinquième choix. Et puis heureusement, au lieu d’aller me petit-suicider dans la Seine une guitare électrique et une teinture blonde Schwarzkopf à la main, y avait quelqu’un qui allait à Pittsburgh (<3). Non, plus sérieusement, j’ai découvert qu’ils avaient sur leur site une simulation du campus avec un petit husky qui courait, qu’ils avaient formé Bruce Lee, Ted Bundy et le premier black vainqueur de Survivor. En gros, c’est une université COMIQUE.

Et ça, j’aime.