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Prendre un A380 sans passer pour un con, le guide.

2011-07-09 10.47.15

Conseil numéro 1 : devenir faussaire de passeport. Ou alors, s’assurer de bien prendre le rendez-vous à l’ambassade au moins une semaine avant de partir. Parce que parfois, il est bon de rappeler les évidences : non, on ne peut pas partir sans passeport. Faux passeports, bien. Pas de passeport, pas bien.

Il s’avère que j’ai embarqué dans l’avion pour Washington DC après que le mec qui vérifiait mon passeport ait brièvement observé mon visa (périmé) pour Seattle. Mais si je n’avais PAS eu de passeport, même lui se serait aperçu de la supercherie. Et si Chronopost livre en effet “le lendemain chez vous avant 13h”, encore faut-il que l’ambassade poste votre passeport la veille de ce lendemain. Et j’ai testé pour vous: non, ils ne le postent pas DU TOUT le jour de votre rendez-vous.

En tout cas, pas toujours. Ceci dit, même avec un passeport, on peut avoir des emmerdes.

Ainsi, arrivée à l’aéroport, aux côtés de mes parents et de trois adorables accompagnateurs, j’ai eu droit à :

  • non ton passeport ne passera pas dans la borne !
  • oui j’ai reconnu ton passeport (que tu manques de déchirer en t’acharnant) mais j’ai décidé que tu avais un deuxième prénom dont l’initiale serait H. Mon nom n’est donc pas assez compliqué, on va rajouter un “Hermance” au passage tiens
  • “vous avez votre ESTA ?”. “c’est quoi ?”. Au guichet d’Air France, il faut appeler quelqu’un de “qualifié” quand on a un passager avec un visa. Et ce quelqu’un, après avoir dit à sa collègue “fait F4. F1. F11.” te dit “mais oui si elle a un visa, tu mets “yes” dans “other docs!””. Dans le milieu, cet homme on l’appelle Jack Bauer (alors je vous raconte pas sur les côtés) .

Evidemment j’ai cru par la suite que j’allais louper mon avion, suis passée par la ligne orange de partout car embarquement dans 3 minutes (oubli de veste au passage mais bon, vu la température à DC …) etc etc.

C’est presque l’institutionnalisation du retard en fait, ce sytème de ligne verte / jaune / orange. Je l’avais déjà expliqué sur Anatomy of Seattle, mais sincèrement, compter sur le fait que des gens sont assez disciplinés pour faire la chaine pendant 30 minutes file verte, bien à l’heure, en regardant des gens passer dans la file orange en 10 secondes parce qu’ils ont pas été foutus de se presser, c’est une injustice que même moi je me permets de noter. (pas dénoncer hein, qu’on soit bien clairs). Sachez le en tout cas, terminal 2E > porte 54 en moins de 10 min, c’est totalement faisable.

Plus compliqué, supporter la foule qui s’amasse devant le guichet pour embarquer dans un A380. Personnellement, j’adore les avions (ainsi que les armes et l’alcool. Qui m’épouse ?). Alors l’A380, en upper deck en plus, ça me vend du rêve. Mais si il y a bien un truc que j’ai compris à Sciences Po, c’est que le paraître reste le plus important. Fort heureusement, on peut être comme un gosse à l’intérieur et continuer à donner une impression blasée et péteuse à l’extérieur. Voici donc les clés pour prendre l’A380 sans passer pour un con.

  • Quand on se dirige vers le upper deck et que les escaliers sont fermés, que la seule issue possible est une porte étrange avec un sens interdit au même niveau que la salle d’embarquement, NE PAS PANIQUER. Se retourner avec flegme vers le présentoir à journaux, en prendre le plus possible et dans le plus de langues possibles. Vous ne les lirez jamais, mais c’est pas grave. 1) c’est payé, 2) ça fait sérieux, 3) ça permet d’analyser les lieux pour savoir COMMENT PRENDRE CET AVION ZUT. Avec le recul on s’aperçoit que c’est bien cette porte et que le upper deck n’est pas upper. C’est la classe éco de base qui est “lower deck”.
  • Ne pas sourire béatement. Ne pas chercher des yeux. Adopter un regard de VERIFICATION plus que de découverte. “Ah c’est un casque Sennheiser ? Bien bien, j’approuve”. Pareil, la couverture, le coussin, la trousse de toilette (qui sent le sushi, je vous jure), tout est normal, vu et revu. Par d’autres, pas par vous, mais personne ne doit le savoir.
  • Ne pas prendre de photo. Ou alors d’un air assuré comme si vous alliez l’envoyer dans la seconde en twitpic à vos 173954 followers.
  • Ne pas manger de dragibus en rigolant sur un article de Paris Match sur DSK. (dédicace à ma voisine allemande)
  • Très vite, il faut mettre vos mains sur le magazine Air France. Toute la technique consiste à faire genre on regarde les photos magnifiques, on lit les articles “entretien avec Edouard François” (“et l’incursion dans le monde de l’art contemporain avec une exposition conceptuelle chez Aline Vidal au printemps, était-ce de la provocation ?”. Réponse : non.), mais en fait on se jette sur 1) les pages Duty Free, pour faire genre “oui j’ai de la thune” (les plus vicieux iront jusqu’à demander à l’hôtesse, quelques secondes après s’être assis, si il y a de la vente duty free dans l’avion) et 2) le cahier divertissement. PAS DE TEMPS A PERDRE il faut optimiser le temps et choisir les films.
  • Au décollage, la caméra de la queue de l’appareil montre la progression de votre cher A380. L’avion étant tout bonnement gigantesque, tu as en bonus l’impression qu’ONVATOUSMOURIR ou en tout cas qu’ONVAPASPASSER. D’ailleurs comme on l’a vu récemment au Bourget, des fois on n’a pas tout à fait tort. Effet sympa, l’A380 qui décolle après un A320. Différence d’envergure : 45,7m. Oui voici les seuls facts de ce post : un A380, c’est 73m de long, 79,8m d’envergure et plus de 530 passagers. (et une info que me demandait ma mère : Air France déclare 348 appareils dans sa brochure). Mais encore une fois C’EST NORMAL.
  • Ne pas applaudir à l’atterrissage. Jamais. En cas de crash, je pense qu’au contraire il faut se lâcher, ne serait-ce que pour vérifier que l’on a toujours ses mains.

Le vol Paris / Washington Dulles permet aussi de manger des repas “anniversaire partenariat avec Alitalia”, et de prouver que Air France ne sait pas choisir son vin rouge mais gère question vin blanc (ah oui, toujours prendre de l’alcool. Assumer l’alcoolisme. Le record est de 7 bouteilles demandées au cours d’un même trajet.).

Le moment le plus drôle du trajet restant quand, au bout de près de 6200 km parcourus, on te dit qu’il faut te rasseoir parce que “les autorités américaines ne vous autorisent pas à vous déplacer dans la cabine”.

Une fois descendu, tu pourrais prendre un bus sur le tarmac ou utiliser la manche qui se serait déployée jusqu’à la porte de l’appareil. Oui mais non. Aux USA on aime le tank, et comme on en avait trop on en a fait des modules lunaires. Pis là aussi on a kiffé alors on a fait d’étranges appareils qui n’officient (à ma connaissance) qu’à Dulles.

Les engins spatiaux de Dulles

Dulles où les agents sont pas très sympas (genre tu réponds à leurs questions, et ils te disent “ok ok” puis ils se débarrassent de toi d’un “go !” agressif), Dulles où les pakistanais, ceux-là mêmes qui conduisaient des taxis à Seattle, expliquent “all the way down !” aux étrangers incivilisés qui veulent passer sous les barrières pour éviter les zigzags de 50m. Si on leur avait refusé le visa, ON EN SERAIT PAS LA.

Dulles surtout où tu attends ta valise numéro 1 pendant 10 min et ta valise numéro 2 une heure de plus. Ça commence bien.

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¡Maldita su estampa!

huskyplate

Je commence à penser à concevoir l’éventualité d’être … maudite (ce qui serait cool, à vrai dire. Ça me donnerait un côté atypique et original qui manque à mon personnage.) Vous allez me dire « ben c’est pas trop tôt, t’en as mis du temps à t’en rendre compte ». Oui mais parfois, je peux pas m’en empêcher, j’ai de l’espoir. Ça me rappelle toutes ces années de cathé tiens, où on t’expliquait que l’espoir c’était bien, mais que l’Espoir c’était mieux. Et ils étaient tous persuadés qu’à l’oral, t’entendais vraiment la différence qui ne porte au final que sur la majuscule et quelques guerres de religion.

Tuer pour Dieu, ça reste quand même un peu tiré par les cheveux de Francis Lalanne, sosie officiel de Jésus. Blasphème, j’imagine pas les cheveux de Jésus comme potentiellement très propres. Le Saint-Suaire, c’est pas un peu dégueu quand même comme idée ? Est-ce qu’un mec qui utilise Axe et Head & Shoulders laisserait de telles traces sur ses draps ? NON. Ben voilà.

Je suis plus à un outrage près remarque. Un jour, dans ma prime enfance (genre en 10ème) on m’a demandé de réfléchir à « pourquoi est-ce que sur la croix, Jésus dit à Marie « Mère, voici ton fils » (elle montre Jean), « Jean, voici ta mère » ? ». Mon explication, simple et précise, c’était : à mon humble avis, un mec dont on a cloué les mains et les jambes a le droit de perdre un peu la tête. Ils ont pas aimé, les « chrétins ».

Sans compter que je ne fais pas confiance aux gars qui naissent approximativement un 25 Décembre An approximativement 0 (JC, né en 6 avant JC. BEN CA COMMENCE BIEN.) pour mourir approximativement en Avril de la même année. Et après on me sort que « Dieu sait que bla bla ». Et ben si Dieu sait, qu’il le dise, merde, parce que là on est dans le flou calendaire artistique, ça me perturbe. Fini de parler à l’échelle du quartier, de la région, du pays, bientôt les habitants de la planète X42FZ demanderont quelle est la date et l’heure sur la Terre. Réponse pratique : « Ben tu vois, il est 14h17 à Paris mais pas pareil à Moscou ou à Caracas. Et puis d’ailleurs 2010 mon oeil, chez les musulmans on est en 1431, chez les juifs en 5770, chez les arméniens en 1459 (lol), chez les chinois on est dans le cycle 78, année Ji-chou». Et voilà. Le bordel. Ça nous mène à quoi ça ? Ben tous en string peints en bleu sur Avatar. (disclaimer : je l’ai pas vu, je sais pas si c’est bien)

Bref. Je conçois mal cette notion du sacrifice pour une idée tout aussi approximative (c’est donc une habitude). C’est un peu comme si j’allais me jeter du haut du ministère des finances parce que Chri-chri Lagarde aurait dit que la croissance serait approximativement stable. Traduction : OUH SHIT, la stabilité dans la nullité. La continuité dans le changement comme disait Pompidou (« Ah oui mais on change rien. Ah ben continuons ! »).

M’apparaît bien plus sensé le don de soi pour une chose aussi matérielle que du poulet tandoori ou une carte Flying Blue Platinium.

Tout le reste dans la vie n’a que peu d’importance.

Le problème c’est que je suis éternellement rejetée. J’adore les ordis, mais ils ne m’aiment pas. J’adore les avions, mais ils ne me le rendent pas non plus.

Exemple. Mon vol est à 13h45. Parce que je suis une buse et que j’aurais bien assez de la mort pour dormir, je me prépare à aller dormir à 6h. Là, je reçois un mail d’Air France « ah ben non, ton vol il est à 15h40 ». Et là, le drame. Tu checkes sur le mail : 15h40. Tu checkes sur le site d’Air France, 15h30 (mmh). Tu checkes sur l’aéroport de SeaTac où tu vas quand même rentrer dans l’avion, hein, c’est quand même un lieu important pour la bonne réalisation de tes vacances, et par extension pour ta santé psychologique. Et bien sur le site de SeaTac, paf, 1h45pm on time. Fuck.

J’ai donc officiellement le premier billet où c’est écrit embarquement : 14h55, départ : 13h45. Sont forts chez Air France !

Au final tout est bien qui a commencé mal, je trouve le guichet d’Air France qui doit dater de l’âge de Mathusalem -alias מְתוּשֶׁלַח- où les inspecteurs d’hygiène contrôlaient encore les kebabs de la rue de la Huchette. Au passage, j’ai testé les hot dogs à l’aéroport (l’amour du risque tinninninininninninnin), et fait la connaissance de Seid, qui s’appelle en fait Mohammed (euuuh), et qui restera à jamais la seule personne à kiffer ma main de Fatma dans un aéroport.

Mais venons en à l’avion, où je suis accueillie par une hôtesse à la voix de Marie-Thérèse Porchet (drame n°1). En fait, j’aimerais qu’on m’explique. Est-ce que c’est moi qui cherche les trucs improbables, ou est-ce que c’est tout le temps comme ça.

  • Chef de cabine avec un accent du sud à découper au couteau (« vingtsécatre ») : « C’est votre chef de cabine. *silence* Nous sommes en train de compter … afin de. Silence. Partir. » ET OUI il a cherché une raison autre que « pouvoir décoller », c’est ça le professionnalisme.
  • « Merci de rester assis et de ne pas quitter votre siège ». NON moi je reste assis mais je quitte mon siège, t’as un problème avec les gens qui sortent de leur corps, hein, C’EST CA ?
  • « Le comptage est terminé, on peut fermer les portes ! MERCI ! » = Enthousiasme.
  • L’accent le plus parisien du cosmos : « BONJOUR jmappelle Marc, et on va à Paris. Moi-même et votre commandant de bord Monsieur Frein … ». = Oh noes.
  • “Merci d’avoir choisi ce vol opéré en coopération avec nos partenaires et AMIS Delta Airlines !”. = Bisounous.
  • L’accent le plus français du cosmos : « sorry for the delay, due to the poor condition due to the snow. In Paris, euh, we expect snow, and we expect … delay. »
  • “By the way, we expect turbulence during approximately 1 hour after departure and 1 hour before arrival. I wish you a very pleasant flight”. = lol.

Là moment de la vidéo de démonstration produit au cas que tu meurs. Tout d’abord, mais pourquoi tu les habilles comme ça les hôtesses ? Pourquoi ce petit foulard à la con qui dépasse ? Moi ça me perturbe, j’écoute plus. Je ne note plus que la tête des gens qui reçoivent le masque à oxygène « en cas de dépressurisation ». Ça se sent qu’elle a lieu y a longtemps la dépressurisation, parce qu’ils ont l’air pétés. Et même pas inquiétés par « les portes seront ouvertes par l’équipage ». Ou pas j’ai envie de dire. Y a des fois, elles s’ouvrent toutes seules, ou avec l’aide d’un autre avion. Ou d’un terroriste, ça dépend.

Tiens, ils réitèrent. « Merci de maintenir votre ceinture attachée quand vous êtes assis ». C’est vrai que si on la maintient quand on est debout, on va pas loin. Et pourtant moi j’aimerais bien fuir. Drame n°2, le mec qui flippe en avion.

  • Wherrrre arre you ?
  • Euh, dans l’avion, mais à la base assise à ton siège, ducon. Alors pousse-toi ou je m’assied sur tes genoux. Ah zut, souviens toi, tu es en société. Well, I should be seated right where you are, but it doesn’t matter. (SIIIIIII CA MATTER, si j’ai réservé CE SIEGE précisément en NOVEMBRE Coco, tu crois bien que JE LE VOULAIS, ALORS DEGAAAAAAAAAAGE).
  • Thank u verrrry much.

Mais surtout, drame n°3. Il se met en tête de me parler. Et merde. Me voilà donc coincée à côté d’un mec, qui fait grec, mais le mec tu le grilles à environ, pffft, 7053 pieds d’altitude. Il décide de me raconter qu’il vient de Patra « au sud de la Grèce » (moi j’appelle pas ça le Sud mais bon), qu’il fait un changement à Paris terminal 2E, qu’il flippe parce qu’il est jamais allé là-bas, qu’il aime beaucoup Polytechnique (j’ai dit Sciences Po hein, mais bon, Sciences Po, Sciences Polytechnique, on finira tous par faire de la plomberie hein -surtout moi-), qu’il aimerait bien dormir (BEN VAS-Y JE TE RETIENS PAS) mais qu’il y a de la lumière (toi avoir masque dans pochette, toi prendre toi dormir toi pas faire chier) blablablablabla. Et puis après, il aurait pu mettre l’un des extraordinaires 81 films proposés par la compagnie. 81 films dont la Marche de l’Empereur, le Perroquet Rouge, Goodbye Lenin et Love Actually. Mais non, il a passé en boucle Like a Virgin de Madonna.

J’aurais vraiment dû aller en Grèce.

Après, ce sont peut-être mes perceptions qui sont perturbées par la carte d’Air France. Elle t’affiche les villes importantes : Chartwell, Brighton, Dunkerque, Gant, Calais, Paris (wééé), Fontainebleau, Thoiry. On en déduit donc que Fontainebleau est dans les 5 villes les plus importantes de France.

Tu t’éloignes, tu t’attends à une série de capitales. Et ben non : Mulhouse, Dijon, Luxembourg, Limoges, Nantes, St-Hélier (oui, on cherche loin là), Manchester, Lille, Rotterdam. Paris et Londres vont donc se faire voir.

Méga zoom out : Paris est de retour, Montpellier (devenue 2e ville de France. Si ils suivent les résultats de la L1, je cherche Bordeaux là), Porto, Séville, Tel Aviv, Addis Abebba, Oran, Sfax.

Air France, vous ne vous perdrez plus avec nous par hasard.

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Get high with Air France.

Husky Logo 1

Motivation pour recopier ce que j’ai écrit pendant le vol, c’est parti, pour une fois ne reportons pas à demain ce que l’on peut annuler aujourd’hui.

Mais nom de Dieu de bordel de chien, qui sont tous ces gens qui vont à Seattle un vendredi 25 Septembre ?
Et qui est cette chanteuse entre Bjork et Cœur de Pirate qui braille dans les hauts parleurs ?
Et pourquoi est-ce qu’avec DIX heures de vol on n’a qu‘un sachet pour vomir ?
Et qu’est-ce que je fais là en fait ?

Bon déjà je sais que je suis là ET C’ÉTAIT PAS DIT.
D’ailleurs y a un simili tuberculeux à ma droite, c’est pas dit non plus que je survive à ce voyage. Mes condoléances à moi-même (qui, remarque, sera la moins emmerdée, bien tranquille dans ma boîte).
Mais revenons dans le fluide de l’écriture (non j’ai pas vomi).

Je tiens à dire à mes amis de la secte des gens qui arrivent toujours en retard mais sont quand même stressés par ça que oui. OUI on peut quitter Bagneux à 8h10 un vendredi matin pour aller à CDG 2E malgré un billet “vol à 10h30, dépose-bagage jusqu’à  9h30, embarquement à 9h45 qui se finit à 10h” hihi. (Pour info on arrive à 9h29 à l’aéroport et on découvre que c’est pas grave).

Cependant faut être vigilant quand même quand Monsieur Gilet Jaune t’indique ta file de couleur en fonction de ton heure d’embarquement.

  • Vert : holy fuck ton vol est dans 3h10 mais tu as vécu dans le pays de l’étrange (l’Algérie mettons). Tu sais donc qu’un bon vol est un vol où tu réalises un temps d’avance inversement proportionnel au temps de retard de l’avion. Temps d’avance qui sera lui-même annihilé par le personnel au sol à la fouille facile. Coquins.
  • Jaune : ouais bon pour cette fois ça va mais t’arrête pas regarder les fleurs non plus.
  • Orange :  you’re in the shit man, GO AND RUN.

Vous vous doutez bien que je devais aller en orange et que le mec m’a dit d’aller dans la file verte. OUI MAIS NON.

D’ailleurs depuis mon cours International Protection of Human Rights (c’est pompeux mais pas terrible comme cours) je suis très calée en cas de discriminations. Ainsi, on pourrait monter une class action entre le gothique qui doit enlever systématiquement ses rangers, ma mère qui doit enlever ses plombages, et GI Joe qui doit enlever ses jambes.

Une fois la fouille au corps passée (2 fois tiens, des fois que j’aie récupéré une kalachnikoff entre mes deux passages sous le portique), et le fameux arrêt “hey could I see your bag Miss ?” (moi avoir vraiment tête de terroriste), tu te crois délivré du fléau du mal aéroportuaire et c’est peut-être le cas mais HEUREUSEMENT tu as encore devant toi un bon lot de connerie gratuite, ah, ouf, t’allais justement en racheter.

Exemple anodin. Autant j’admets bien volontiers que oui, dans un aéroport, on peut trouver des gens qui ne parlent pas français et donc sont un peu perturbés, autant je ne comprends pas pourquoi quand tu cherches ta porte d’embarquement tu trouves une dame au sourire figé tenant une pancarte A COTE de la pancarte t’indiquant les directions. Toi t’es discipliné et poli, tu fais un sourire et tu donnes du “merci” à volonté comme si t’étais chez Flunch. Ca n’a pas de goût, c’est désabusant d’inauthenticité, mais ça mange pas de pain (et ça casse pas trois pattes à un canard).

Bref tu fais ton bonhomme de chemin et très vite tu te rends compte que la dame était probablement une SDF qu’on a récupéré à la va-vite en la déguisant en hôtesse d’Air France. Elle est hongroise elle sait pas ce qui est écrit sur son panneau, et elle ramène du client au duty free, en bonne rabatteuse professionnelle.
Américain derrière moi : Uh ? I mean, their indications led us … there ?
Femme de l’américain : It’s … nonsense.

WELCOME TO FRANCE. Quoi que, l’Italie réussit à mettre des pancartes vers des aqueducs qui n’ont jamais existé. Pourtant, depuis la chute de l’Empire Romain je crois qu’on avait le temps de s’en rendre compte.

Assumons que tu décides, frustré par l’Europe d’avoir cherché des voies romaines à Zurich (pourtant le rital t’avais bien dit de continuer tout droit, je sais mon ami) et du bon foot à Paris sans aucun succès, et bien assumons que tu décides d’aller chatouiller du bout de la frite le rêve américain. Et bien là tu passeras à travers monts et vallées pour te retrouver face à un couloir d’aéroport à équidistance de deux avions (parmi au moins 4 accessibles, en fait). Et là tu flippes. T’as un billet avec un numéro de siège et dans un avion  Air France tous les billets sont gris avec écrit ‘”il a payé” dessus. Tu as passé tous les 8372 contrôles. Qui est le parano qui va s’amuser à revérifier ton billet à moins que Ben Laden ne soit ton voisin de siège ? PERSONNE mon gars.

Je peux vous  dire que cette phrase qui n’a l’air de rien, qui n’est rien d’ailleurs mais qui fout la honte quand même (“excusez-moi, c’est bien l’avion pour Seattle ?”), elle a fait mal. En plus la stewartesse s’est foutu de ma gueule en me disant que c’était pour San Francisco. D’ailleurs il était vraiment pour San Francisco, et c’est vachement cool.

Maman si tu lis ça, cette dernière phrase était une BLAGUE.

En parlant de blagues, random things about my flight.

  • Les stewartesses  sont les filles douées en amour dont parlait Foresti, puisqu’elles se sentent obligées de préciser que “le comptage est terminé” avant que tu ne décolles.
  • Ça m’inquiète toujours un peu qu’ils te disent “vérification de la porte opposée” et que personne ne se préoccupe de la porte opposée à la porte opposée.
  • Ça m’inquiète aussi que le siège le plus cher quand tu prends ton billet avec des Miles Flying Blue soit celui qui donne sur la sortie de secours*.
  • Le pilote s’appelle … Martial Hiver. Wouah. (Coucou s’il s’est googlé.) Mais Martial de toute façon n’atteindra jamais le niveau du pilote Dieuleveut, qui finalement est presque comme un pilote qui s’appellerait Inch’Allah.
  • Ce qui donnerait donc des phrases rigolotes, mais pas forcément du niveau de :
    – “Bienvenue donc dans cet A330 à destination de … euh … Seattle.” (le pilote)
    – “Au cours de ce vol nous traverserons des zones de turbulence et nous ferons notre possible pour … (survivre ?) … euh … rendre ce vol agréable.” (le même)
    – “Le personnel chargé de l’insigne rouge est chargé de votre sécurité”. Contre Jean-Luc Delarue donc, les sans-insignes rouges ne peuvent rien faire, que ça se sache. (commandant de bord)
    – “veuillez suivre le marquage au sol, enfin à côté” (commandant de bord bourré je crois, parce qu’il faut quand même être sacrément torché pour suivre les marques des nuages)
    – la meilleure : “en cas d’évacuation vous devrez abandonner. (silence de 5 secondes) Tous vos bagages.”
    – “vous trouverez l’ensemble de nos boissons que nous.” (ils ont jamais fini)

Moi amigos, j’ai fini mon vol, et la suite au prochain numéro.

* Je sais, tu as plus de place pour les jambes, mais je m’en fous, j’imagine mes conneries si je veux.