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“Cher DAIE, jé kiffé ma rasse Seattoule”

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Souvenez-vous, amis pipoteurs en 3A.

Il y a un peu plus d’un an, nous étions la première promotion à chercher activement quoi raconter dans nos fichus rapports de stages de terrain. Soit parce qu’on avait rien foutu pendant 1 mois (version vendeur de ski nautiques au Sahara), soit parce que c’était trop chiant (version conseil régional), soit parce que quel stage ah oui merde le papier que j’ai rapidement fait signer à Papa PDG entre deux fêtes à Ibiza (version Jean Sarkozy).

Et pourtant il fallait bien remplir ces 5 pages avec pour catégories :

  1. Description du contexte et de l’activité (1 page)
    Cette partie vise à situer le poste que l’élève a occupé au sein de l’unité à laquelle il a été intégré dans l’organisme d’accueil.
    Il s’agit d’une description succincte de l’organisme et de l’unité, puis d’une description détaillée de l’activité, à travers une journée de travail type.
  2. Le stage de terrain : inventaire des compétences développées (1 page)
    Cette partie vise à faire l’inventaire des
    savoirs, des savoir-faire et savoir-être que l’élève aura pu développer au cours de son stage. « Si vous deviez communiquer sur ce stage auprès d’un recruteur, qu’auriez-vous envie d’en dire ? »
  3. Rapport d’étonnement (3 pages)
    L’élève rend compte dans cette partie de ce qui, dans l’expérience du stage de terrain, l’a touché, surpris, fait réfléchir ou évoluer.
    Il part des représentations (ou idées reçues) qu’il avait du travail demandé et du fonctionnement de l’organisation. Il identifie et problématise un ou deux thèmes qui, selon lui,  pourraient faire l’objet d’un travail de recherche en sciences sociale.

Tout ça pour 6 crédits.
Et on me les a donnés MOUHAHAHA.

Bon moi je pensais que c’était parce que les gens de ScPo Avenir avaient kiffé mon humour. En fait que nenni, une amie a demandé à une des responsables “Mais les rapports de stage, avouez, vous les avez pas lus …“, et elle a répondu “beeen c’est qu’il y en avait beaucoup“. (La même amie qui a demandé à un responsable de l’école de journalisme pourquoi il y avait un quota, et on lui a répondu qu’avoir une promo de 100 personnes pour 90 chômeurs ça servait à rien.) Il n’empêche que le jour où ils vont imprimer ça, ils vont rigoler.

Rapport de StageCeci est un rapport de stage.

Alors il faut replacer dans le contexte, j’avais lancé un concours, et parce que mes amis sont des boulets, je suis la seule à avoir participé, le jour de la remise du rapport (d’où les monstrueuses fautes/typos) évidemment.

Toujours est-il qu’à un moment je donne rendez-vous à mes lecteurs pour parler de la Zoubida dans mon rapport de 3A et je n’y manquerai pas. En hommage à Cédric Prunier que j’ai eu du mal à regarder sans rigoler tout au long de l’année (surtout la fois où je l’ai croisé avec une valise et où une amie m’a dit que ça y est, il avait lu mon rapport de stage, et qu’il venait me demander d’empaqueter mes affaires), j’ai décidé de réfléchir dès maintenant à quelque chose de GRAND.

Je prends l’octroi de mes 6 crédits de la dernière fois comme une preuve d’encouragement dans ma connerie. A priori, j’ai 17 crédits par trimestre, ça en fait 51 en tout, je peux pas envoyer de la gnognotte, ce serait pas correct.

Jeunes gens, tous ensemble, rendons la monnaie de leur pièce à la DAIE. Saluez une dernière fois votre 3e année par un trait d’humour, par une originale folie ! Pas trop non plus hein, on rigole mais on respecte les règles (“correctement rédigé, orthographié et présenté” = avec des phrases, pas de langage SMS, sur du papier. Oui moi aussi ça me fait chier, j’avais pensé au spectacle de claquettes.). On t’a dit 20 000 signes, tu flirteras avec la limite à 40 000. On t’a dit tu mets la liste de tes cours, tu la mets. Juste, tu arranges.

Exemple. Je tiens à dire que je suis particulièrement déçue par le rapport de Robin, illustre prédécesseur à Seattle, qui vient d’être mis en ligne. Je dis non Robin. Je dis pas cool, pas bien, pas glop, pas Chuck Norris approved.
Nooon, un mec comme toi (qui ne me lit pas, mais je m’en fous) ne fait pas un paragraphe sur l’espace restauration du HUB tout en expliquant qu’il a pris ECON 301 parce que c’était la “contrepartie d’ECON 300”. Il est passé où le gars qui faisait un exposé sur les effets positifs de la bière en cours d’anglais ? Il est où l’homme que j’ai admiré chanter Hasta Siempre Che Guevara en cours d’espagnol ? Et puis depuis quand tu dis que les gens sont d’origine chinoise ou coréenne, qu’il y a des églises chrétiennes de congrégations différentes, que c’est un choc culturel  (tu kiffes ce mot, je le sens, si je le savais pas à la base, j’aurais presque pu dire que t’étais de Sciences Po) mais tu rajoutes tout de suite que tu dis ça “sans connotation péjorative” ? Mais tu te rends compte que l’employé de base qui a lu (ou pas) ton rapport, il a été choqué ? T’as frustré le raciste anticlérical qui était en lui.

T’as fait pleurer un gars, Robin.
C’est mal.

Moi je rêve d’un monde où la moitié de la promo ferait un rapport de 3A en version roman photo. En couleur. En taille A3 minimum. Je rêve d’un monde où un étudiant à Athènes ferait graver dans du marbre son rapport, un étudiant à Berlin joindrait une currywurst, et un étudiant en Thaïlande joindrait ben, un enfant.

Vous qui écrivez des blogs, servez-vous en ! Pourquoi ne pas imprimer une anthologie de vos meilleurs textes pour la DAIE ? Voire tous vos textes. Par exemple, je réfléchis à l’option “faire un rapport de stage composé exclusivement d’impressions d’écrans de mon blog collés bout à bout”. Je pourrais même faire un fake blue screen of death à un moment. Ce serait drôle, je pourrais enchaîner sur une mini pièce de théâtre avec pour principal protagoniste Bill Gates. Originalité, pédagogie, adaptation : j’ai envie de dire, validation.

La classe américaine sera sponsorisée par Kurt Cobain.