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Up in the air

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Décidément, George Clooney fait de très bons choix cinématographiques. Après l’hilarant The Man Who Stared at Goats, Mr. Nespresso nous offre une prestation de qualité dans le dernier film de Jason Reitman au scénario tout autant génial qu’inclassifiable. Drame, comédie, essai philosophique sur les relations humaines ? Encensé par la critique professionnelle, cette adaptation du livre du même nom (2001) propose un tableau social aux saveurs très actuelles de crise économique. Le tout nappé du questionnement personnel d’un homme aux prises avec un monde de plus en plus individualiste. Délicieusement cynique.

Pourtant, le sujet pourrait être présenté de manière peu affriolante. Ryan Bingham (George Clooney) est employé d’une entreprise spécialisée dans le licenciement. A la manière d’une allégorie moderne de la mort (professionnelle et sociale), Bingham se déplace partout aux Etats-Unis, véritable expert des business trips, munis de ses létales notifications de licenciement. Son métier, son mode de vie, est devenu une philosophie au point de prôner un total détachement relationnel jusque dans des conférences à succès. La vie, selon Bingham, c’est un sac à dos, qu’il faut maintenir au plus léger. Pas de pression, juste un objectif finalement : atteindre les 10 millions de miles sur sa carte de fidélité American Airlines. Sa vie se passe dans les hôtels et les aéroports, dans un perpétuel mouvement qui lui permet de croiser ici et là Alex (Vera Farmiga), qui semble être son alter ego du déplacement sans fin.

Malheureusement, Ryan voit bientôt un changement radical se profiler dans sa vie. En effet, une petite surdouée du nom de Natalie Keener (Anna Kendrick), tout droit sortie de son Ivy, vient d’arriver dans l’entreprise pour proposer un tout nouveau protocole via Internet. Ryan ne peut faire autrement que de tenter de prouver à cette dernière que cette technique est tout aussi inhumaine que dangereuse, et ce en la confrontant directement avec les personnes qu’elle licencie… L’occasion pour elle comme pour le cynique Bingham de remettre en cause leurs propres principes et valeurs.

Philosophique et drôle, amusant et touchant, Up in the air ravit par ses différents niveaux de lecture et de genres, entre ses allures de comédie romantique, et ses accents de drame social. Un film rare, à voir de toute urgence !

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Les chèvres du Pentagone

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Improbable titre, improbable casting, mais pourtant irrésistible, « the man who stared at goats » a été le coup de cœur de la fin 2009 pour le Calamar aux USA, un véritable croustillant d’absurdité dans un feuilleté politique. Basé sur un roman de Jon Ronson révélant les expériences de l’armée américaine à la recherche de techniques paranormales, ce film délirant de Grant Heslov nous prévient d’entrée : « more of this is true than you would believe »…

Tout commence en 2003 quand Bob Wilton (Ewan McGregor), reporter du Michigan au cœur brisé, décide d’oublier son chagrin d’amour en faisant du journalisme, du vrai, en trois mots comme en cent : du reportage en Irak. Mais c’est un autre sujet qui va s’offrir à Bob lorsqu’il rencontre un certain Lyn Cassady (George Clooney), qui va lui faire découvrir les secrets de son unité très spéciale. Formée par Bill Django (Jeff Bridges) après la guerre du Vietnam avec pour mission de changer la guerre telle que nous la connaissons, la New Earth Army prépare ses recrues à utiliser leurs pouvoirs psychiques pour faire la guerre sans autre violence que celle issue de leur esprit. Au menu pour ces apprentis « guerriers Jedi » (jolie résonance avec le passé d’Ewan McGregor) à l’intuition surdéveloppée : cours de danse et passages à travers les murs, invisibilité et façonnage de nuages, rien que ça ! Autant de capacités surhumaines qui mène la paire Clooney/McGregor sur les traces d’un Django apparu en vision à son protégé Cassady, convaincu que malgré une terrible malédiction qui pèse sur lui, il a reçu la mission d’aller secourir son mentor..

Mais que viennent faire les chèvres là-dedans me direz vous ? Et bien elles représentent le tournant dans la vie de Lyn. Forcé d’utiliser ses pouvoirs contre l’une d’entre elles, il claque la porte de son armée de hippies, convaincu que de telles capacités ne peuvent être utilisées pour faire le mal. Une vision totalement opposée à celle de Larry Hooper (Kevin Spacey), l’ennemi maléfique, aujourd’hui devenu responsable d’une équipe de recherche privée sur les … pouvoirs psychiques et paranormaux.

Excellente comédie satirique aux allures de film des frères Coen, Les chèvres du Pentagone fait mouche à chacun des gags tous plus improbables les uns que les autres, servis par un hilarant George Clooney en grande forme, un convainquant Jeff Bridges dans une de ses meilleures performances, un Ewan McGregor impeccable dans le rôle du faire-valoir incrédule, et un Kevin Spacey délicieusement méchant. Les plus intellectuels verront une critique mordante de la guerre et de ses méthodes (qu’on pense seulement à Guantanamo ou Abu Ghraib), de l’idéalisme, du patriotisme américain, ainsi qu’une jolie mise en images de l’histoire du First Earth Battalion de Jim Channon. On regrettera que le film ne dure qu’une heure trente (bien que mieux vaut un film court bien ficelé qu’un film fleuve dilué) !