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Up in the air

upintheair

Décidément, George Clooney fait de très bons choix cinématographiques. Après l’hilarant The Man Who Stared at Goats, Mr. Nespresso nous offre une prestation de qualité dans le dernier film de Jason Reitman au scénario tout autant génial qu’inclassifiable. Drame, comédie, essai philosophique sur les relations humaines ? Encensé par la critique professionnelle, cette adaptation du livre du même nom (2001) propose un tableau social aux saveurs très actuelles de crise économique. Le tout nappé du questionnement personnel d’un homme aux prises avec un monde de plus en plus individualiste. Délicieusement cynique.

Pourtant, le sujet pourrait être présenté de manière peu affriolante. Ryan Bingham (George Clooney) est employé d’une entreprise spécialisée dans le licenciement. A la manière d’une allégorie moderne de la mort (professionnelle et sociale), Bingham se déplace partout aux Etats-Unis, véritable expert des business trips, munis de ses létales notifications de licenciement. Son métier, son mode de vie, est devenu une philosophie au point de prôner un total détachement relationnel jusque dans des conférences à succès. La vie, selon Bingham, c’est un sac à dos, qu’il faut maintenir au plus léger. Pas de pression, juste un objectif finalement : atteindre les 10 millions de miles sur sa carte de fidélité American Airlines. Sa vie se passe dans les hôtels et les aéroports, dans un perpétuel mouvement qui lui permet de croiser ici et là Alex (Vera Farmiga), qui semble être son alter ego du déplacement sans fin.

Malheureusement, Ryan voit bientôt un changement radical se profiler dans sa vie. En effet, une petite surdouée du nom de Natalie Keener (Anna Kendrick), tout droit sortie de son Ivy, vient d’arriver dans l’entreprise pour proposer un tout nouveau protocole via Internet. Ryan ne peut faire autrement que de tenter de prouver à cette dernière que cette technique est tout aussi inhumaine que dangereuse, et ce en la confrontant directement avec les personnes qu’elle licencie… L’occasion pour elle comme pour le cynique Bingham de remettre en cause leurs propres principes et valeurs.

Philosophique et drôle, amusant et touchant, Up in the air ravit par ses différents niveaux de lecture et de genres, entre ses allures de comédie romantique, et ses accents de drame social. Un film rare, à voir de toute urgence !

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 4.1)

st valentin

RCV fait le bilan (en deux parties deux sous-parties) des soldes et des régimes pour la St Valentin; fête par excellence pour montrer à son/sa chéri(e) les fruits de ses efforts à perdre plus de fric que de graisse, mais à gagner des compliments de l’être aimé de façon inversement proportionnelle. L’honnêteté dans le couple, c’est important.

Dans un premier temps, je ne t’oublie pas toi qui de ta tour d’ivoire n’entend que les reproches de la PETA-teuse Eve Angeli pour avoir tué autant d’éléphants sans défenses pour leurs défenses et donc INUTILEMENT. Oui, je m’adresse à toi qui est resté chez toi, hurlant à qui voulait l’entendre que cette fête était bien trop commerciale, bien trop inutile, bien trop couteuse, et puis que de toute façon ta copine s’en foutait de recevoir des fleurs, elle préfère passer des moments tendres avec toi, enfin elle préfèrera quand vous serez ensemble. De toute façon, l’amour a été testé évalué débriefé, on en a fait le tour (jusqu’en manège, c’est dire), ses détraqueurs rendent enfin les armes : l’Ile de la Tentation ne reviendra pas l’été prochain.

Doit-on en déduire que l’on peut ENFIN relâcher nos efforts pour être la plus belle pour aller danser-éhééé, puisque les jolies bimbos et beaux mâles ne font même plus effet sur des couples d’autant plus solides qu’ils n’existent pas en réalité ? C’est la crise (Comme chaque semaine. Je vous préviens dès que ça se termine, promis.), mais est-ce la raison d’un succès qui apparait de plus en plus mi-figue mi-raison ? Si un sondage pour MasterCard Canada a révélé que 80% des sondés comptaient dépenser autant voire plus que l’année dernière à l’occasion de cette fête, seulement 17% des habitants du Royaume-Uni auraient prévu de célébrer la fête des amoureux à l’extérieur, selon Captain Crunch (Capitaine Crise !).

Ce dernier conseillait dans The Sun le “home made“, sondages à l’appui. Il semble que le manque d’argent redonne ses lettres de noblesse aux colliers de nouilles et cendriers coquillages, toute proportions gardées. Encore une fois, le Calamar fut avant-gardiste en vous incitant à rester chez vous. Avant, proposer une petite assiette de spaghettis et des fleurs du jardin à sa dulcinée équivalait à se faire taxer d’asocial, d’égoïste, de radin. Maintenant, elles en redemandent, “c’est si mignon et si personnel”.

Sans faire mon Eric Zemmour, je noterai avec Wikipedia et ses estimations à “référence nécessaire” qu'”on estime qu’environ un milliard de ces cartes sont expédiées chaque année à l’occasion de la Saint Valentin,[réf. souhaitée] chiffre battu seulement par le nombre de cartes échangées lors des fêtes de Noël. On estime aussi que 85 % de ces cartes sont achetées par des femmes.“. En plus, le féminisme, soumis inconsciemment au capitalisme, “s’attache d’abord a détruire l’ancien modèle, en niant l’héritage culturel et naturel de la place des sexes dans la société, le but étant de saper les certitudes, et “rejette le désir sexuel de l’homme, qu’il juge barbare et primaire. L’homme ne doit qu’aimer, la distinction entre amour et désir est niée.“*. Merde alors !

Heureusement, grâce à cet outil de gratuité qu’est Internet (quoi le forfait, ça se pirate une réseau WiFi), des milliers de sites se sont replongés dans un trip psychédélique à la Edith Piaf, nous bombardant de graphisme rosifié aux effigies de Cupidons en tout genre. On peut même polluer les pages iGoogle de son/sa Valentin(e), ou le/la spammer avec des poèmes tous plus gneugneus les uns que les autres (ex : http://poeme.boreal.info/?2009/02/08/420-amoureux-saint-valentin).

En fait, l’amour c’est du bla bla, on est d’accord, alors autant que ce soit du bla bla “joliment” imagé. Imaginez la St Valentin de nos ancêtres, les Lupercales, dont Wikipedia nous fait une description alléchante : “Dans la Rome antique, le jour du 15 février était nommé les lupercales ou festival de Lupercus, le dieu de la fertilité, que l’on représente vêtu de peaux de chèvre. Les prêtres de Lupercus sacrifiaient des chèvres au dieu et, après avoir bu du vin, ils couraient dans les rues de Rome à moitié nus et touchaient les passants en tenant des morceaux de peau de chèvre à la main.” A la place des cupidons, des chèvres, et à la place des dîners en amoureux suite à des heures sur Meetic, des parties de cache-cache entre jeunes gens, ceux qui se trouvent se marient dans l’année. Ca c’est du concept ! Alors ouais, paradoxalement c’est moins rom-antique (haha!), mais ça a quand même de la gueule. Et à qui doit-on la disparition de ce joyeux barda ? A Gélase 1er, l’un des trois papes africains (le complot, déjà), qui aurait aussi lancé la Chandeleur. Ce mec était un organisateur de fêtes globales avant l’heure.

De toute manière, depuis 1496 où Alexandre VI, pape de son état, a fait de St Valentin le patron des amoureux (Alors qu’en fait ce serait St Raphael à prier pour trouver son âme soeur ?), nous tombons inexorablement vers la mièvrerie, des mots doux recouverts de cœurs et de dentelles entre “valentins” aux mariages du 14/02 en passant par les records de bisous simultanés (39 897 personnes à Mexico cette année quand même). Heureusement, un peu de piment a été ajouté avec “l’appel aux femmes à se refuser [aux] partisans [de Vladimir Poutine]” par un mouvement d’opposition russe et “l’initiative d’un site internet qui a distribué gratuitement des “sex toys” à Paris” (AFP).

Et si pour nous, la Saint-Valentin ne donne lieu qu’à des critiques bon enfant sur l’immatérialité de l’amour, car ce n’est SEULEMENT que pour tout le reste qu’il y a Eurocard Mastercard, la fête de l’amour est malheureusement révélatrice de certaines privations de libertés dans d’autres pays. Ainsi, l’Arabie Saoudite, a lancé une fatwa contre la St Valentin (les deux uniques fêtes à célébrer étant l’Aïd el-Fitr et el-Adha), mise en pratique par la drastique police religieuse. Au Liban, la St Valentin a servi de prétexte à une manifestation contre la législation rigide libanaise du mariage. En Inde, des hindouïstes extrémistes ont été accusés d’avoir agressé trois couples non-mariés non loin du Taj Mahal… En bref, c’est mignon tout plein pour nous, c’est symbolique, c’est pas si universel que ça finalement. Heureusement, malgré les divergences de pratiques, l’amour l’est, lui qui est si pur ! Encore faut-il se faire aimer à coup de régimes et de fringues dernière mode, s’entend. Ce sera le sujet de la deuxième partie de l’épisode 4 de Restez chez vous

Pour aller plus loin

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 3)

jdd

Rester chez soi, c’est surfer sur Le Monde un livre à la main. Retour sur les premiers scoops de 2009 et sur ceux de la fin 2008 : Jean-Louis Debré, Jean d’Ormesson, David Abiker, Jacques Généreux, Roger Pol-Droit, Olivier Duhamel, Raphaël Enthoven, Pascal Bruckner, Jean Peyrelevade, Bruno Dive, Fatou Diome, Danielle Thiery, Tonito Benacquista, Daniel Zagury, Jules Grasset s’étaient prêtés avec humour et sympathie au jeu du Calamar lors de la 61e Journée des Dédicaces.

La semaine dernière, nous passions en revue la larme à l’œil les évènements marquants de l’année 2008 avant de passer tout guillerets à l’année 2009, qui se révèle déjà mutine, fidèle à ses promesses. En effet, 2009 c’est l’année du scoop, c’est décidé, c’est la crise, plus de Petit Marseillais Shampooing démêlant Enfants, on nous annonce pêle-mêle que :

  • Ségolène Royal, déjà très chaude pour le prix de l’humour politique, blague en déclarant « oui, j’ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copié ». A noter que Le Monde précise : « Soudain, on lui apporte une enveloppe. A l’intérieur, le ticket béni. Elle ne sera ni au premier rang, ni même au vingtième. Mais elle aura été là, à 200 mètres du lieu ou Barack aura prononcé les mots d’acceptation qui en auront fait le 44e président des Etats-Unis. Elle pourra dire “j’y étais” et se moque bien des commentaires aigres-doux qu’elle pourra susciter, à gauche ou à droite, en France. » A noter que lors de la cérémonie d’investiture en direct à ScPo, Duhamel a interrogé ébahi un 3A situé « non loin » du lieu du crime (euh, de l’investiture). Et oui, un 3A « pas loin » d’Obama, c’est l’hystérie à Sciences Po; une Ségolène Royal « à 200 m » d’Obama, on lui conseille de rester chez elle. Nous sommes ingrats.
  • Très en forme, le Monde toujours rappelle la citation de Sarkozy début Janvier : « Rachida, quand je lui dis quelque chose, elle le fait ». Cette dernière aurait accepté une place de n°2 sur les listes européennes. Étrangement, l’annonce semble plus discrète que celle d’une grossesse ou d’une supposition de paternité…
  • Dans la même lignée, Mesdames, tirez un trait définitif sur vos fous espoirs amoureux, Roger Karoutchi a annoncé officiellement son homosexualité ! Au passage, Voici / Le Monde toujours nous annonce que « Le ministre confie que “le comportement naturel” du président Nicolas Sarkozy, qui invite son compagnon aux réceptions privées et officielles à l’Elysée, au même titre que les conjoints des autres ministres, a “facilité” sa décision de révéler son homosexualité. Le premier ministre, François Fillon, a “le même comportement” pour les invitations à Matignon, explique-t-il. ». Comme d’habitude, on ne passe pas outre l’obligation de désamorcer les possibles accusations d’homophobie. La nouveauté, c’est quand même l’intéressante insinuation d’un Élysée et d’un Matignon salle de fêtes pour politiques las de rester chez eux. On se permet même d’inviter des « secrétaires d’État chargés des relations avec le Parlement ». Mais que fait Bayrou et sa politique de rigueur ?! Ah oui, il reste chez lui, c’est vrai.
  • Celui qui ne reste pas chez lui, c’est évidemment Obama, en charge de sauver le monde. Et ben il est pas rendu. Le Washington Post tire la sonnette d’alarme : pour le nouveau président, « No Facebook to communicate with supporters. No outside e-mail log-ins. No instant messaging. » (Richard Descoings ne pourrait donc pas être président des USA). Pas mal de collaborateurs sans téléphone ni ordinateur, certes, mais surtout, l’équipe habituée à travailler sur Macintosh s’est retrouvée face à des « ordinateurs démodés avec une version de Microsoft datant de 6 ans » (ça s’appelle XP, bonjour). Si leurs projets messianiques louzent, ils auront une excuse. Mais moins que celle des équipes de George Bush : « there were no missing letters from the computer keyboards, as Bush officials had complained of during their transition in 2001. ». Ys, w can.

Mais le début d’année c’est aussi l’entrée dans la période propices aux récompenses. Aussi, Samedi dernier, les habituels NRJ Music Awards se tenaient afin de récompenser les artistes de 2008. Et ben ça a pas loupé : Jenifer et Christophe Maé artistes francophones de l’année, avec un petit bonus « chanson française » pour Christophe, qui, je vous le rappelle, figurait en bonne place sur nos tracts, appelant à l’attacher et à l’abandonner.

Tant de récompense, tant de scoops, c’est évidemment le moment pour se remémorer la « 61e Journée des Dédicaces » de Sciences Po, l’ « événement littéraire » où plus de 100 auteurs avaient accepté de venir supporter quelques heures les allées et venues des pipoteurs à la recherche des stars incontournables, tout en ayant aucun espoir de récompense. Centré sur le polar, joliment décorée par les activistes du BDA, la 61e journée des dédicaces a attiré plutôt moins de monde que l’année dernière, malgré un panel d’auteurs alléchant (pour qui les connaissait).

Le Calamar, présent sur les lieux du crimes, ne fera pas la liste des auteurs présents (pour cela, http://www.bdarts.org/JD/ donne toutes les informations). Il vous fera juste profiter des interviews exclusives qu’il a réussi à obtenir.La question trouvée en 10 minutes fut : « Si vous veniez à Sciences Po, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ? », approved by Roger Pol-Droit.

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Roger Pol-Droit : Celle-ci !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Jacques Généreux : Ah, c’est une question difficile. Mes auteurs favoris sont morts : ce sont Jésus, Freud, Marx. Alors, je demanderais, pourquoi est-ce qu’il écrit ? Est-ce pour la même raison que moi, c’est à dire pour plaire aux femmes ?
CD : Oui, certes, vous plaisez aux femmes qui font de l’économie.
Jacques Généreux : Oui, regardez, j’ai écrit ça. * rires, montre ses livres d’économie*
CD : Donc, vous pensez que Marx a écrit pour plaire aux femmes ?
Jacques Généreux : Oui, probablement.
CD : Et est-ce que Jésus, si tant est qu’on puisse dire qu’il écrivait, faisait de même ?
Jacques Généreux : Et bien, il n’écrivait pas !
CD : Insinuez vous que Jésus ne savait pas écrire ?!
Jacques Généreux : *rires* Ah, mais je n’en doute pas, à l’époque, c’est fort possible.
CD : Bon, alors pensez-vous que Jésus parlait pour plaire aux femmes ?
Jacques Généreux : Et non, car il n’écrivait pas. Je suis cohérent !
CD : Effectivement, CQFD. Merci d’avoir maximisé notre courbe de bien-être !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Tonito Benacquista : Mon auteur préféré c’est Flaubert. Ma question ce serait : à quand le prochain ?
CD : Et vous, à quand le prochain ?
Tonito Benacquista : Pas de pronostics, mais je suis en plein dedans …

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Danielle Thiery : Comment vas-tu ?

Calamar Déchainé *impressionné parce que C’EST DEBREEEE* : Bonjour Monsieur Debré, pourriez- vous nous accorder quelques minutes pour le Calamar Déchaîné ?
Jean-Louis Debré : Pour le Calamar Déchaîné, oui, je connais bien, oui.
CD : Et bien, merci de nous annoncer notre renommée au Conseil Constitutionnel… La question est : si vous pouviez poser une question à votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, laquelle serait-elle ?
Jean-Louis Debré : Quand est-ce qu’on dîne ensemble ? Et puis, qui es-tu ?

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Pascal Bruckner : * hésitation* Probablement « pourquoi écrivez-vous ? »
CD: Et selon vous, quelle serait la réponse ?
Pascal Bruckner : Probablement parce qu’il ne sait rien faire d’autre !

Calamar Déchaîné : Monsieur D’Ormesson, pourriez-vous faire l’honneur de répondre à une question pour le webzine culturel Le Calamar Déchaîné ?
Jean d’Ormesson *me glisse à l’oreille* : Je vais vous faire une confidence. Je n’aime pas trop la culture.
CD *rires* : Oui, mais si vous alliez dans une journée de dédicaces …
Jean d’Ormesson : Je vais rarement aux dédicaces quand ce n’est pas moi qui les signe ! Eventuellement, à une journée des dédicaces, je demanderai à mon auteur “qu’est-ce qu’il fait là” ?
CD : Et vous, qu’est-ce que vous faites là ?
Jean d’Ormesson : Je me le demande !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Jean Peyrelevade : Pour quelle raison écrivez vous ?
CD : Et vous ?
Jean Peyrelevade : Par plaisir !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
David Abiker, entre bruits de bouches et champagne : Je demanderais à Douglas Kennedy pourquoi est-ce qu’il écrit en se mettant à la place des femmes ?
CD : Jacques Généreux nous a avoué écrire pour plaire aux femmes, quelle est votre position à ce sujet ?
David Abiker : Non, les hommes écrivent pour plaire aux lectrices qui font le marché de l’édition.
CD : C’est donc pour ça, la couverture rose de votre nouveau livre ?
David Abiker : Non. C’est mieux que jaune pipi.

Fatou Diome, très sympathique, fut la seule à nous vanner réellement sur le Calamar, et attend avec impatience qu’on lui fasse goûter du Calamar à notre sauce. (rdv l’année prochaine) A notre question, après un silence, elle nous répond :
Fatou Diome : Et bien, je demanderai à mon auteur préféré, comment il se sent après avoir écrit un livre ?
CD : Et vous ?
Fatou Diome : Je déteste terminer un livre, je commence l’autre alors même que je n’ai pas terminé le premier pour toujours avoir quelque chose en cours … Comme je n’aime pas terminer de lire un livre. Mais la question c’est l’écrivain qui aimerait la poser au lecteur. Qu’est-ce qu’il attend ? Ils sont tous différents ! C’est impossible …

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Olivier Duhamel : Et bien, ayant un de mes auteur préféré à côté de moi, je lui ai proposé de faire un projet ensemble, et ça s’est fait.
Raphaël Enthoven (l’auteur en question): Moi j’aimerais poser une question à Olivier Duhamel : pourquoi est-ce qu’il aime autant Martine Aubry ?
Olivier Duhamel fait alors des messes basses …

Avec Bruno Dive, la discussion fut un peu plus centrée sur son livre, Air Sarko.
CD : Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ? Pourquoi Air Sarko ?
Bruno Dive : Je suis journaliste à Sud-Ouest. J’ai donc eu la chance de voyager beaucoup, et d’accompagner Sarkozy sur une dizaine de voyages, comme j’avais pu accompagner son prédécesseur Jacques Chirac. Je me suis donc dit que c’était un bon créneau pour écrire un livre !
CD : Et quel fut finalement, le voyage le plus intéressant ?
Bruno Dive : Il y en eut beaucoup … Le Tchad, l’Afrique du Sud … Pour les récents évènements, pour Mandela, et aussi parce que c’était le 1er voyage de Carla, chose dont on n’était pas au courant. Nous étions donc assez peu à couvrir le déplacement. La Chine, le Vatican ou encore l’Inde, furent tous intéressants. Mais dans l’ensemble, ce sont des voyages éclairs. Celui en Inde s’est déroulé à une période tendue avec la presse, il y eut un briefing très « règlements de comptes » …
CD : Quel fut le voyage le plus décevant pour le moment, de votre point de vue ?
Bruno Dive : Et bien ce fut celui au Royaume-Uni, où il y eu beaucoup de on-dits et de racontards.

Soudain, un certain Gabriel, membre de qualité de l’équipe du Calamar passa par là.
CD : Cher Gabriel, si vous étiez auteur, qu’est-ce que vous diriez aux gens à cette journée des dédicaces ?
Gabriel : Profitez de la lecture, c’est un moment merveilleux !
Guillaume (ami) : Surtout quand il y a des images.

Mais revenons aux vrais écrivains. Daniel Zagury demanderait pour sa part à son auteur préféré des questions techniques, sur des éventuelles incompréhensions. Le thème de la petite discussion avec lui fut sur son sujet d’écriture : les tueurs en série !
Daniel Zagury : J’ai voulu donner au lecteur le fonctionnement psychologique, l’économie psychique qui pousse à, lui faire sentir la réalité et le distancier d’Hollywood.
CD : Pourrions-nous dire qu’un bon écrivain suit cette économie psychique de la série ? Un serial writer, d’une certaine manière ?
Daniel Zagury : Oui, bien sûr. Le terme de « crimes en série » vient lui-même des feuilletons …

Quant à Jules Grasset, il affirme avoir écrit sur Saint Germain parce qu’il y travaille. Voulant donner au livre un cadre réel, essentiel au vu des inventions qui font le reste de l’œuvre, il s’en est donc inspiré.
CD : Vous ne trouvez pas cela vicieux ?
Jules Grasset : Vous êtes plus forte que moi en psychologie …

A la semaine prochaine ! Nous parlerons régimes et soldes …

Un grand merci à tous les auteurs, ainsi qu’à Aude pour m’avoir assistée dans ma mission.

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 2)

crédit photo : RSF

Jeunes gens, bonjour.

On me la fait pas le coup du « je suis content de passer à la nouvelle année » : on change les calendriers -c’est une dépense-, on fait le bilan -c’est déprimant-, et parfois on le dépose après avoir fait les comptes -c’est pas encourageant-, le tout en se farcissant un mélange grand-maman « chocolat-dinde-huitres-pas-fraiches-mais-avec-du-citron-ça-cache-l’odeur ». Pas très ragoutant, tout ça.

Pourtant, malgré les cris et les pleurs, les manifestations et les rebellions, le Temps avec sa grande Taie a encore fait passer en force cette réforme autoritaire : le passage à la nouvelle année. 2009 s’est donc offerte à nous bras ouverts telle un Christ en pain de sucre, et nous prépare, je l’espère, que de la joie, du bonheur, de la paix, de l’amour et de l’humour sous de beaux ciels étoilés et non pollués.

Et cela dit, 2009 part avec de nombreux désavantages. Non contente d’avoir bénéficié d’un jour de plus, l’année 2008 s’était vue confier par dérogation spéciale la garde d’une seconde supplémentaire.

« Why this extra second? It exists because the rotation of the Earth on its axis,which determines the passing of days and nights, slows down over a long period, mainly as a consequence of Moon-Sun attraction effects. In addition, the Earth is affected by its internal (core, mantle) and external (atmosphere, oceans) constituents. Nowadays, though, time is measured by procedures impervious to our planet’s moods, thanks to around 250 atomic clocks belonging to several countries. Together they are used to calculate UTC. In addition, we have to consider that the length of the day is nowadays 2 ms longer than in the year 1820. »ftp://hpiers.obspm.fr/eop-pc/bul/bulc/leap_second.txt

Évidemment. On est cons.

Après le long XIXe siècle, voici la courte 2009. Handicap temporel, certes, mais 2008 a-t-elle été si extraordinaire que cela ? Que faire pour obtenir la vengeance sur la vie de notre nouvelle amie, l’année 2009 ? Créer une CEPH, une convention d’entrée prioritaire dans l’histoire ? Et bien non Ninon, point du tout Michou, que nenni Henri, loin s’en faut Roberto. Le Calamar vous explique pourquoi, en 2008, vous auriez dû rester chez vous.

  • Évidemment, si on vous dit 2008, vous vous attendez à ce que l’on vous parle de la crise. Raison essentielle de rester chez soi : vous n’avez pas de quoi vous payer une activité hors de votre domicile, ou alors pas d’argent à dépenser.
    Variante : n’ayant plus de domicile, la question de sortir ne se pose plus.
  • 2008, c’est évidemment les jeux olympiques de Pékin. Et puis la crise aussi. Hein. On fera comme si on a pas vu.
    Plus sérieusement, il ne fallait pas sortir de chez soi parce que ça ne servait à rien : c’était retransmis à la télé (qui en hommage à Pékin a été équipée d’une webcam cachée. Des trafics de DVD montrant les spectateurs les plus ridicules sont actuellement en cours en Asie du Sud-Est).
  • Pékin, droits de l’homme; 2008, les 60 ans de la DUDH. Et ben 2009 ce sera les 61ans ! 2010, encore mieux, les 62 ! Et alors 2017, je vous raconte pas. Donc 2008 pouet pouet camembert sur le Pont des Arts. (Mais soutenez Amnesty quand même.)
  • 2008, ce fut l’année de la politique. L’élection du président des Etats-Unis (yes we can), l’élection du président russe (yes Ukraine), les élections municipales en France. Que du lourd (et je ne parle pas d’André Santini).
  • André Santini a balancé Jean-Louis Borloo. Les 10 et 11 Septembre 2008 se tenaient à Villiers-Saint-Christophe dans l’Aisne les 5e journées de la pomme de terre. Notre envoyé spécial Jean-Pierre P. a fait parvenir pour seul article, comme chaque année, une photo de lui, nu dans un champ, une bouteille d’alcool de patate à la main.
  • Autre raison de se bourrer la gueule, la louze européenne de l’équipe de France, et la demande en mariage de Raymond Domenech à sa compagne Estelle Denis. Tiens, une raison d’éteindre la télé.
  • Cinéma cette fois-ci, 2008 donna lieu à la déferlante Ch’tis avec ses 20.449.079 entrées. Raison de ne pas l’avoir vu, et d’être resté chez vous ? Statistiquement, vous en aviez des chances de trouver des gens pour vous raconter l’histoire, les 2 scènes « d’anthologie », et les 3 vannes les plus drôles.
    200 000 entrées pour l’Emmerdeur de Veber avec Berry et Timsit, là, ça devenait du private-film (par opposition à la private joke qui a rarement 22 millions d’euros de budget). Pourtant, y en a qui ont dit qu’il était bien. Oui, mais on sait pas, on l’a pas vu. Dommage !
  • Question télé, la grève des scénaristes américains nous aura privé de pas mal de saisons complètes. La bonne nouvelle, c’est que n’ayant plus rien à pathétiquement tenter de copier, les scénaristes de Sous le Soleil ont mis le point final aux éternelles aventures des plagistes vieillissants.
  • A TF1, on est dans une dynamique de renouveau, aussi PPDA se vit-il indiquer la porte. Une nouvelle tête apparut : Laurence Ferrari ! Idem, que de la nouveauté, la Star Ac 8, Koh Lanta 8, L’Ile de la Tentation 8, Secret Story 2 … Que du bonheur.
  • Et enfin, un hommage à ceux qui ne sortiront plus jamais de chez eux, et qu’on espère bien au chaud dans leur nouvelle demeure : Carlos, Philippe Khorsand, Henri Salvador, Thierry Gilardi, Aimé Césaire, YSL, Guillaume Depardieu, Soeur Emmanuelle, mon poisson japonais queue-de-voile Fizzy, et puis tous les autres.

Une très bonne année 2009 à tous. Meilleurs vœux, meilleures choses.

Vendredi prochain, nous réparerons l’oubli du monde des livres dans ce petit panorama en nous demandant pourquoi la 62e Journée des Dédicaces de Sciences Po a marqué l’histoire de la littérature.