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On a tous peur de quelqu’un.

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Et ce quelqu’un, c’est ma coloc.

Pas de chance, hein ?

  • Elle se lève à 4h30. L’heure à laquelle je me couche. Encore un peu et je vais lui proposer de revendre nos serrures, on n’en a pas besoin si y a tjrs quelqu’un de levé. (Oulà faut que j’arrête les soirées Esprit du Capitalisme es-tu là.)
  • Elle se lève avec les poules MAIS ça ne l’empêche pas d’avoir cours à 10h20 et de partir en laissant une montagne de vaisselle dans l’évier. Ce qui me permet par la suite de faire mon Facebook vivant et de la stalker sur ce qu’elle mange. J’aurais dû me douter qu’un premier indice serait dans le frigo avec le colonel Moutarde et le chandelier de Hannukah : tout ce qu’elle bouffe possède une étiquette écrit en chinois/japonais/petits dessins rigolos. Tout ça finit dans des récipients digne des meilleures dinettes. Enfin, je crois. J’ai jamais eu de dinette, c’est un des grands regrets de ma vie avec le fait de ne pas être grande belle et lusophone propriétaire d’une petite maison chatoyante dans les bois. Oui, de ne pas être un travelo brésilien à Paris, en quelque sorte. Bref. Mini tasses, mini verres, mini couverts, mini assiettes, de préférence en forme de fleurs ou de feuilles. Tout d’un coup j’ai l’impression d’être un ogre qui a débarqué chez les schtroumpfs, mais jaunes. Chez les Simpsons Lilliputiens si vous préférez.
  • Quand elle est arrivée, elle a amené tellement de trucs (depuis le JAPON) qu’elle n’a plus pu arriver jusqu’à son lit (mais retourne jouer à Tetris putain). J’avais de l’espoir que derrière sa façade austère, ma coloc adorée cache une chambre de débauche totale. C’est plausible pour moi, elle se ramène si souvent avec une nouvelle plante que ça pourrait être une manière déguisée de ramener du terreau pour ses cultures de plantes qui font rire. Elle a vécu au Vietnam/Chine/Japon, alors peut-être qu’elle croit que ses fougères sont de très bons plants de cannabis de contrefaçon. En tout cas déception, sa chambre c’est un temple bouddhiste  Hello Kitty où trône une happy lamp, juste à côté du jardin zen (ah remarque, peut-être qu’elle sniffe le sable). Une lampe qui donne de la lumière “solaire” pour combattre une maladie secrète de Seattle qui te ferait déprimer (heureusement qu’il fait moche donc, sinon ce serait les bisounoursx10^42, quelle horreur). Y en a qui sont jamais allés à Dunkerque hein. Fonctionne aussi : Paris 15e, Rungis, Arcueil, Villejuif. L’avantage de ces deux dernières villes étant qu’à la manière du quadrillage américain, tu peux facilement donner des rdv sur le modèle “rdv croisement *insert here random communist guy*/*insert here some random … communist guy*.
    Notre cuisine quand à elle surnage à peine entre les ustensiles so KAWAI =^^’=, comme le couvercle que tu mets sur le riz quand tu le micro-ondes et ça le désèche moins, les petits trucs en forme de cochon que tu mets dans le four jusqu’à 220°C (ça sert à les mettre dans le four jusqu’à 220°C), ou encore le galet en alu qui enlève l’odeur d’ail des couverts ou qqc du genre. Etant donné qu’elle mange pas d’ail, l’intérêt est limité.
  • Elle a décoré l’appart. Alors ok maintenant on a une nappe sur la table (merde, et le orange juice pong, je le fais comment ?) et des plantes un peu partout, ok on a des lampes. Mais le poster de Mona Lisa en peanut butter/jelly “Andy Warhol style” à côté des reproductions de peintures chinoises, c’est vraiment obligé ?
  • En fait je crois qu’elle n’est pas humaine. Elle a ce petit sourire zen plein de pitié et de compassion, ce petit rire tranquille, ce petit regard d’une analphabète en pleine dictée de Bernard Pivot quand on délire avec mes autres colocs sur les ceintures avec caméra intégrée. A chaque minute t’as l’impression qu’elle va se craquer et qu’elle va commencer son yoga pour éviter de te sauter dessus parce que t’as PAS ENLEVÉ TES CHAUSSURES. Et surtout, surtout. Elle marche pas. Elle glisse avec des petits chaussons en soie.
  • Sa major c’est histoire de l’art. Ça c’est bien la matière qui sert à rien mais qu’on a envie de donner à tous ces gens qui ont assez de patience pour rester 2h devant un verre brisé à un vernissage, avant d’annoncer que c’est révolutionnaire pour notre siècle (on est d’accord que le commun des mortels aurait râlé sur l’incapacité de la femme de ménage).
  • Pendant trois semaines elle a étudié comme une folle pour son cours de science. Sur la … météorologie. Tous ensemble, sa major c’est, c’est ? HISTOIRE DE L’ART. Donc son truc compte QUE DALLE. C’est comme si à ScPo on m’avait dit “hey n’oublie pas de réviser pour ta visite médicale, tu sais, là où on te demande si t’entends des voix et si tu te sens espionné, ça vaut bien zéro crédits ! Mais si, c’est important zéro crédits.“.
  • Quand elle est revenue de son midterm, qu’est-ce qu’elle a fait ? Toute personne normale serait partie dormir, facebooker, rêvasser, se bourrer la gueule (ou l’inverse). MAIS NON elle a nettoyé la maison de fonds en combles “pour se détendre”. *musique d’X-Files*
  • En parlant musique, elle écoute exclusivement du jazz et de la musique classique. Un jour que je serai de mauvaise humeur je vais mettre à fond Rammstein on va rigoler (et si je suis en mode suicidaire, je passerai Christophe Maé, comme ça on mourra d’une hémorragie interne de l’oreille externe).
  • Elle nous a proposé une sortie un dimanche matin. SON matin. 6h.
  • Comme je ne suis qu’amour et éducation cathololique,  généreusement je fais l’intégralité de la vaisselle de la maisonnée de temps à autres. Le lendemain, elle avait remis toute sa vaisselle dans le lave-vaisselle pour la RElaver. Je crois qu’elle a pas confiance. Va falloir que je lui rappelle que Paris n’est pas en Bretagne et donc que du mazout et des cormorans morts ne sortent pas de mon chapeau Tata Yoyo.
  • Ma coloc indienne a oublié de débrancher le rice cooker sacré pendant la nuit. Sans le mettre en marche hein, juste elle l’a pas débranché. Le lendemain, réunion de crise autour du lieu du crime et appel à l’autodénonciation. Le lendemain matin, le rice cooker avait disparu. FAUT PAS LA FAIRE CHIER ma coloc.
  • D’un autre côté elle a subi un traumatisme violent qu’il faut lui reconnaître. Lors de sa première année d’univ, une de ses amies l’a “traînée dans une frat” et je crois qu’ils étaient trop bourrés pour lui ouvrir par la porte principale parce que pour une obscure raison, elle a du rentrer par la fenêtre de la cave (?!). Elle s’est cognée, et elle a passé sa soirée à pleurer tandis que les mecs de la frat lui faisaient un bandage géant avec de la glace du congélo et du papier toilette. Ca la fait toujours pas rire. C’est bien con, parce que moi si.
  • Ah ben tiens, aujourd’hui 22h54, elle est partie se coucher. Moi je commençais à peine à réfléchir à ce que je pourrais bien me faire à dîner (je vis à l’heure de Wellington, c’est un choix personnel). Question que je me pose toujours à 2h10 d’ailleurs.

Mais sinon, elle est sympa haha. Sincèrement, je l’aime bien. Juste, j’ai une préférence marquée pour les gens fous, ou assimilés comme tels, et globalement un peu plus extravagants (je suis jalouse en fait). Best of des histoires de roommates que j’ai pu glaner jusque là.

10. La roommate qui met le feu au micro-ondes de l’étage d’un dorm, un classique.
9. La roommate catho pratiquante, dont l’essentiel de la conversation se résume à un redondant “Good for you ! *sourire bienheureux*” (déformation linguistique de “God for you” au bout du 4e calice).
8. La roommate étrange, qui possède deux paires de tongs devant sa chambre, et qui, quand elle te voit, pousse un petit cri et referme rapidement sa porte.
7. La (classique aussi ?) roommate nymphomane tendance sado-maso.
6.  Le roommate qui  ne peut baiser qu’avec de la techno à fond au milieu de la nuit.
5. Les roommates qui font des concours de “depuis combien de temps tu n’as pas pris de douche ?”.
4. La roommate ultramusulmane qui se met à hurler parce deux de ses voisins viennent de sortir en courant de la chambre d’en face, en hurlant, totalement nus (ça sent le mauvais réveil post-soirée arrosée).
3. Les roommates qui sortent en courant de la chambre, nus et en hurlant.
2. La roommate qui sent les T-shirts des colocs pendant qu’elles prennent leur douche. (“This means you definately should check who your roommates are on Facebook.”. “Uuuh, do you really think that’s the kind of thing you put on Facebook ?!”)
1. La roommate gothique qui tapisse la chambre de posters de métalleux et de pentagrammes, allume des bougies étranges, et se réveille au milieu de la nuit pour faire des prières à Satan.
Fun fact : cette roommate habitait avec la catho. Oh ben ça valait bien le coup de poser des questions type Tournez Manège pour assigner les gens en fonction de leur caractère. A Seattle si ma mémoire est bonne on te demande si tu fumes, si tu bois, si tu es outgoing, si tu prévois d’inviter plein de gens dans ta pauvre chambre de 5m² que tu partages à 2, si tu ranges…  A noter qu’à Oberlin, deux des 6 questions sont “accepteriez-vous d’avoir un/une/euh coloc transsexuel/le/euh ?” & “vous droguez vous ?“.

Je suis totalement d’accord avec l’utilité de la deuxième question, y a des choses qui sont plus fun à deux, et comparer la longueur des antennes des élephants roses fuschia en fait évidemment partie.