0

Les USA veulent me tuer.

Some rights reserved by epSos.de (http://www.flickr.com/photos/epsos/)

A Washington, ne vous y méprenez pas. Il n’y a pas que des maisons blanches et des maisons closes (aka le FMI). Il y a aussi les bureaux du FBI. Et c’est pas pour rien.

Washington DC, quoi qu’on en dise, c’est pas l’endroit idéal pour violer dans les rues et torturer dans les caves (ou l’inverse). Les caméras sont partout (et je ne parle pas de la BBC). Dans certains quartiers, une gentille pancarte orange rappelle que le neighborhood dénoncera à la police toute « activité suspecte ». Activité suspecte au sens américain : traverser au rouge, être un piéton en général, être arabe. Bon courage au piéton arabe qui ne respecte pas les feux de signalisation (et souviens-toi que le 2nd amendement n’est pas en ta faveur, Mouloud).

Même une fois à l’abri, dans un bus, un sentiment étrange de surveillance s’installe. Un panneau rappelle que même là, la police veille. Pas à ce que tu ne te fasses pas agresser. Ce serait trop simple. Non, la police sait que finalement, c’est assez rare. Du coup quand ça arrive c’est partaaaay open gyrophare, la nouvelle se répand comme une trainée de poudre dans le nez d’un colombien : toutes les voitures se retrouvent à un croisement autour … d’un unique suspect. Le policier n’est pas bon à la consigne B.Y.O.B (Bring Your Own Bougnoule).

Le policier, petit être joueur, s’emmerde le reste du temps. On dirait pas mais il veut bosser entre deux pauses au drive-in du McDo. Une pause à un endroit loin d’être anodin. Car ce que le flic surveille, c’est que tu ne consommes pas dans le bus ce que tu viens d’acheter en take away. DON’T EAT OR DRINK ON THE BUS §!!§§§11 Et pour ça y aura toujours un con de touriste pour le faire. Et un con d’américain pour faire chier la touriste en la traitant de « hija de puta ».

Non, vraiment, les USA c’est un pays hostile. Demander « what’s up ?» toutes les deux minutes, ça aussi c’est suspect. Ils veulent savoir ce que tu trames. Ils te surveillent. Je crois que c’est officiel, les Etats-Unis veulent m’abattre. Ils doivent croire que ma famille est bien trop répartie dans le monde pour ne pas rappeler un autre réseau social bien implanté en Méditerranée. Réseau qui, vous l’admettrez, est en constante progression malgré des explosions régulières du dit réseau. L’astuce étant peut-être que ces bugs sont volontaires et consentis.

C’est ça de mal parler français. On explique à des populations entières pendant toute la colonisation qu’on ne peut s’amuser qu’en faisant des boums, et pan. Enfin, boum quoi.

Pourtant moi je suis née à Mostaganem. Je ne peux raisonnablement pas faire de mal à quiconque. De ce que j’en sais, Mostaganem, c’est un peu la Suisse de l’Algérie. Déjà, tout le monde dit « Mosta » (ce qui est un nom qui fait penser à du talc pour bébé). J’ai jamais entendu personne dire du mal des gens de Mosta. Mosta n’a jamais pondu que des artistes (poètes, chansonniers, dramaturges …). Au pire, des religieux. Mosta n’a pas de réputation sulfureuse. Alors soit ils sont plus forts que les autres et rien ne filtre, soit ce sont des Bisounours. J’opterais pour la deuxième possibilité. Mosta, c’est la dernière ville où Charles de Gaulle a dit « Vive l’Algérie Française ! ». Ce mec était pas con. Il a dû sentir que c’était le dernier endroit où on hocherait vaguement la tête (au mieux en grommelant un peu) en pensant à ce qu’on allait mettre dans le couscous du soir.

Pis de l’autre côté, mes origines de l’Est ne font que trop rappeler le KGB, les communistes et même, tiens, les nazis couloir de Dantzig oblige !! Sans compter que je suis une fille. Le féminisme guette. Je suis la synthèse des menaces. Bref. Il faut me supprimer. Et pour mener à bien leur projet de sécurité nationale, les américains ont mis les petits plats dans les grands (les super Gulp dans les méga super XXL Gulp comme on dit ici) :

  • Le jour le plus chaud depuis les années 1950. Un temps à ne pas mettre une wannabe gothique pudique dehors. Moi par 112° Farenheit (alias 39°, ressenti 49°), c’est aussi inhumain que de mettre un somalien en short en Sibérie. Alors oui je sais que nous avons la jurisprudence Iran vs Humanité, qui consiste à prouver par alef + ba que la femme peut supporter plus de 30° emmitouflée dans un tchador, mais tout de même.
  • Pire que le jour le plus chaud. La clim. Partout, tout le temps, à fond. A l’intérieur, Dunkerque. A l’extérieur, Bagdad. Sans transition. Les USA sont une société de nostalgiques des débarquements, qui nie le réchauffement climatique en célébrant à chaque verre de liquide l’invention du bac à glace (1932 d’ailleurs).
  • Le nid de frelons vengeurs devant la porte. Enfin devant la porte, ça, c’était avant. Maintenant ils attendent mon retour à l’intérieur et ils se jettent sur moi pour me faire un bisou. (le frelon est affectueux)
  • Les moustiques invisibles (auxquels je suis allergique)
  • La menace de cataclysme économique, le debt ceiling ! Oui mais non. Moi qui pensais faire plein de petits dollars avec mes gros euros…
  • La bouteille d’Evian de 1L à $2,19.
  • La tomate la plus proche est à deux stations de métro de ma baraque. A 79cts. Pièce.
  • Par contre une fois achetée, elle reste vivante de longues semaines. Rassurant.
Enhanced by Zemanta