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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 5)

MICHAEL_JACKSON

Mesdames et messieurs les (par)jurés, si la vengeance est un plat qui se mange froid, il ne fait pas bon attendre que les accusés soient eux-mêmes froids pour les défendre. Or c’est justement ce qui se passe ici, et je crie au scandale (Ô SCANDALE). On a accusé Monsieur J. (anonymisation) d’au moins 349 maux terrestres (randomisation numérique) et non des moindres (victimisation) : trop de génie, trop de chirurgie, trop de blanchisserie, trop de pédophilie.

Et là, trop de mort tuant la mort, trop de présence médiatique. Les irréductibles allant jusqu’à voir dans les images tournées par la CNN le fantôme de la star revenue hanter ses vieux locaux de Neverland. Et quoi, une maison hantée dans les parcs d’attraction, c’est choquant maintenant ? Bref, Michael aurait décidé de nous saouler jusqu’au bout, gâchant jusque notre début des vacances d’été.

Et bien non, je dis NON, Michael a juste décidé de mourir pile au bon moment pour nous sauver des tubes de l’été, et éviter des drames humains comme l’apparition dans nos vies de Las Ketchup, Ilona Mitrecey ou encore de Lorie et de son fichu air latino. Michael est arrivé pour heal the world : tout de suite après sa mort, « l’écoute des musiques de Michael Jackson sur le web ont augmenté de 949% ». Vers un artiste de l’été unique, mondialement globalisé ? Vite, vite, une piqûre de rappel Europe Ecologie-José Bové, ouf, ça va mieux là où ça allait pas bien.

Pour être honnête, je me fous un peu de Michael Jackson, j’aime bien sans être particulièrement fan. Le monde perd un grand artiste, je ne perd pas un Dieu. En plus, je n’ai ni âme ni valeurs, j’applaudirai toujours une équipe de foot turque gagnant un match à la dernière seconde même si « quand même, tu vois, c’est un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme, quoi ». Oui mais je suis désolée, en bonne beauf de base je ne peux pas faire une dissertation sur les droits naturels quand la ba-balle bouge dans la petite boîte Sony, mon cerveau fait de la fumée sinon et ça me gêne pour ouvrir ma bière. En conséquence, je dissocie généralement l’artiste de sa vie, aussi polémique soit-elle. Quand il y a matière à dissocier, bien sûr. Exemple : on ne dissocie pas Paris Hilton de sa vie polémique. Ah pardon, on avait dit artiste.

Mais là, ce mardi 7 Juillet 2009, on parlait quand même de l’enterrement de Michael Jackson. Et quand le monde(.fr) te dit que t’as rendez-vous avec l’Histoire avec sa grande hache (copyright Georges Perec et non pas Joey Starr), et qu’EN PLUS tu peux le faire en restant chez toi, et ben tu t’exécutes (non, pas avec la hache, tu comprends rien là). Moins de 10 000 places effectivement distribuées au Staples Center vs. le reste du monde = fortes probabilités d’être dans le camp des gagnants, celui des pantouflards.

C’est donc parti pour une cérémonie de folie sur nos chaînes hertziennes. Joie, une bonne poignée de chaînes font du live-burial. Pour être exact, le monde entier est en blackout total, fixé sur Michael. Et c’est là que tu te dis, mais où sont tous ces bons vieux terroristes, ils ont champ libre et ils ne profitent même pas. C’est comme ça que ça veut nous faire bouffer notre occidentalité, hein ?! La musique adoucit les mœurs, je suppose.

Mais commençons par TF1 où l’éternel Jean-Claude Narcy officie. Il m’avoue dans un soupir que ce serait « le plus impressionnant événement télévisuel depuis la création du petit écran », « le plus grand événement de l’histoire des médias » qu’on me confirme sur ‘Ternet ! Jusque là, j’étais jeune et bête, je pensais futilement que l’Homme sur la Lune, la guerre du Golfe, l’investiture d’Obama ou encore 9/11 avaient eu leur importance, mais non, M.J = artiste du millénaire, adieu à M.J = cérémonie du millénaire. Okay okay.

A cérémonie exceptionnelle, organisation exceptionnelle, non ? En effet : « non ». TF1 t’explique en 6 étapes comment perdre toute crédibilité, attention ça va vite, c’est parti.

Etape 1 : Faire du lyrisme, avec J-C. Narcy (3e minute d’émission) : « nous célébrons dans une même communion le roi de la pop qui rejoint dans l’éternité Elvis Presley et les Beatles ». Paul McCartney te fait un bisou.

Etape 2 : Remplacer Brice Teinturier, très bon pour donner des pourcentages d’élections mais très chiant pour parler moonwalk, par une vraie dream team.

  1. Nikos Aliagas. (les nouveaux mots de Nikos) qui s’est automatiquement transformé en Astrid Von Busekist* de la musique, avec le namedropping/agedropping le plus fou du cosmos : Diana Ross « la femme de toutes les fidélités » (Donc toi t’as résolu des millénaires de problèmes conjugaux. En fait, il y a plusieurs fidélités, UNE POUR CHAQUE FEMME.), Beyoncé, Justin Timberlake … (M. Pokora, Jenifer, Lorie, Arielle Dombasle ?)
  2. Pierre Lescure. Ouais toi non plus tu sais pas ce qu’il fait là, tu as peur quand on le légitime par le fait qu’il soit « fin connaisseur des américains », mais il est sympa. Le problème c’est qu’il doit répondre à des questions comme « ahlala, ces américains ils associent spectacle et émotion, c’est américain, non ? », ou encore « ils font forts les américains là, non ? » (intéressante pancarte de manifestant d’ailleurs : “Stop using my dollars for millionnaires“). Forcément Pierre n’a rien d’autre à répondre que « oui ils font fort parce qu’ils ne savaient pas par quel bout le prendre, en plus ce garçon habitait Neverland, c’est-à-dire nulle part. Haha ? ». Le mythe s’effondre, Mickael SDF.
  3. Oh putain Roberto Alagna.
  4. Et quand finalement, après avoir vu que sur FR2 on avait invité super Christian Audigier et que sur M6 on associait Laurent Boyer à Philippe Manoeuvre, tu découvres le 3e membre de la team TF1, tu ne peux plus zapper, c’est fini. Et oui, Laurence Ferrari te salue par un grandiose « bonjour, aujourd’hui à Lchoncho, hum à Los Angeles » (en lice pour le cafouillage le plus rapide de l’histoire du JT), la cérémonie de Mickaël et pas Michael à l’US (plus ça va, plus tu crois qu’elle va se craquer, elle va demander MAIS C’EST QUI CE MEC), qui a trois gosses dont « Prince Michael Un et Prince Michael Two, c’est ça ? ». Et là, re-namedropping puis « tous sont venus pour leur ami ». Haha, bienvenue sur TF1 Christian Audigier.

Etape 3 : Donner l’impression que le réalisateur est bourré ou alors que c’est tellement l’anarchie dans la régie que tout contrôle est définitivement perdu. En effet, Narcy est dans la merde : il est à l’antenne, il a présenté tout le monde, il a fait parler Lescure d’universalité, la productrice invitée à noté que « le Staples Center c’est comme Bercy mais … plus sophistiqué », il a ramené Gilles Bouleau envoyé permanent aux USA pour avoir le classique problème technique, en gros Jean-Claude meuble comme un IKEA en soldes après une inondation dans la baie de Somme, il en est au point d’introduire « mais regardez, à l’époque, avec Claude François … » avant de faire face aux rires hystériques sur son propre plateau avec un viril « MAIS JE COMPARE PAS ».

Et là, la régie prend les commandes et envoie des images au hasard, sans prévenir Jean-Claude qui se retrouve à observer une synchronisation son/image qui se câle pile à la fin du discours qu’on a deviné être celui de voici-un-message-de-ceux-qui-n’ont-pas-pu-être-là-ce-soir (oh, Ruquier). Soudain, le drame.

Etape 4 : Lol la mort. TF1 envoie les images de Thriller, pour jouer aux 7 différences en cas d’exposition du corps. Puis Nikos parle de Ptolémée (nom du cercueil), en bon expert grec, qui a volé des trucs aux Dieux et « en a souffert toute sa vie, il n’a jamais trouvé le repos éternel ». Nikos cherche le repos éternel pendant sa vie. Intéressant.

Etape 5 : Se la jouer infos d’insider/de cultivé. James Brown est mort et Madonna fait du play-back !!! Quelqu’un dit « Madonna travaille alors que Michael s’envole », tout le monde le gratifie d’un « c’est beau ».

Etape 6 : Donner l’impression que les traducteurs sont bourrés ou alors que c’est tellement l’anarchie dans la traduction que tout contrôle est définitivement perdu. Traducteurs perdus, en retard, qui finissent par dire « dans les villes du Ghana : Johannesburg et Pittsburgh » et par s’embrouiller pour expliquer que Michael Jackson ramassait les balles de base-ball et que quand il chantait il était heureux; mais quel rapport avec les balles de base-ball ? Bon ok l’histoire était étrange à la base.

 

Alors qu’apprendre que Michael Jackson était humain, rigolo, et mangeait du KFC, ça nous paraît normal maintenant. Obama aime M.J, il l’a dans son iPod. Sarkozy aime M.J : d’ailleurs il « [gardera] toujours un souvenir de l’émotion la première fois {qu’il l’a] vu faire ce pas de danse où… c’est pas qu’il marche mais il recule… vous voyez… en glissant.». (Étrangement, pas de déclaration de Berlusconi.)

Tout le monde aime Michael, mais Dieu plus, d’ailleurs Stevie Wonder l’a dit : « Dieu avait sans doute davantage besoin de Michael que nous ». Cotisons-nous pour offrir ‘Ternet à Dieu là, ça devient plus possible. MSN, Skype, Facebook, Twitter : c’est fini l’ère du face-à-face et il trouve le moyen de continuer à convoquer. D’un autre côté, il faut bien partager, et on a des réserves. Michael aurait enregistré plus de 200 titres jamais sortis. Et c’est là que c’est beau. Du vivant de Michael, c’étaient des daubes. Maintenant, ce sont des collectors.

Saluons pour terminer l’initiative de Sheila Jackson Lee et de sa résolution 600, avec pour but d’établir officiellement le statut de légende de M.J. Et le pire, c’est qu’ils sont capables de la voter, et quand on demandera des visas, après « Avez-vous retenu hors des Etats-Unis un enfant mineur américain dont la garde avait été confiée à ses parents par un tribunal américain ? Avez-vous voté aux Etats-Unis en infraction à la loi électorale ? Avez-vous renoncé à la nationalité américaine pour échapper au fisc ? » on aura droit à « honorez-vous M.J ? Avez-vous acheté l’intégrale de ses tubes et la méthode du moonwalk ? ABJUREZ JOHNNY HALLIDAY, HERETIQUES !!! ». Ce serait pas du luxe non plus, remarque.

A fort bientôt, morts et vivants connus et inconnus.

* (prof d’Enjeux Politiques à SciencesPo.)

Pour aller plus loin

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 4.2b)

pizza hut cheloue

(Suite de l’article 4.2) La « méthode simple », c’est simple : profiter de la vie sans se priver de rien, écrire comme un enfant pré-pubère qui découvre la beauté poétique des jonquilles, mettre des mots en gras et en majuscules pour faciliter la lecture aux analphabètes (ne manque que les images), pour donner un concentré d’instructions purement altruistes. OUI Allen a gagné de l’argent en écrivant 200 pages de « la cigarette je ne vous dis pas d’arrêter mais c’est dégueulasse, quand même », OUI Allen continue de vendre des livres, mais ce n’est que dans un seul but : aider l’humanité à devenir un écureuil.

En effet, je commençais à désespérer de phrases aussi pathétiques que « vous le savez peut-être, j’ai acquis une certaine notoriété en découvrant, il y a quelques années, une méthode qui permet à n’importe quel fumeur d’arrêter sans peine, et même en trouvant ça agréable. Aujourd’hui, je suis considéré comme le plus grand spécialiste mondial de l’assistance aux fumeurs qui souhaitent arrêter. » ou encore « Si vous étiez idiot, vous ne liriez pas ce livre. ». Quand tout à coup, alors que je commençais à sauter de plus en plus de pages emplies de questions/réponses aux allures d’avancées scientifiques (« on aime manger, mais on ne prend aucun plaisir à se bourrer de nourriture »), j’arrivais à la fin du chapitre I, qui se termine par « Je vous ai dit que le secret du contrôle du poids m’était apparu grâce à trois évidences. La première, et la plus importante, je la dois à … L’écureuil »

Là tu te dis, putain, le mec il se la joue spécialiste renommé et il ose terminer un passage de questionnement pseudo-philosophique sur le pourquoi mange-t-on pourquoi se sent-on malheureux pourquoi j’ai gagné de l’argent et pourtant je continue à vous faire chier par L’ECUREUIL en gras et centré à la fin du chapitre. C’était devenu mon idole.

Et la suite valait effectivement le coup : Allen nous explique qu’il en veut à son chat quand il mange un oiseau, et que l’écureuil planque de la bouffe, lui qui reste relativement svelte toute sa vie. Ne vous méprenez pas. Allen ne nous demande pas de faire faire les courses par notre grand-mère atteinte d’Alzheimer pour ne jamais retrouver la nourriture. Il va nous expliquer que 99,99% des animaux ne sont pas obèses (d’où sort ce chiffre, on sait pas) parce qu’ils mangent ce que le constructeur a mis dans la notice. La grande analogie du philosophe Carr, c’est que le corps humain n’est qu’une voiture (imaginez s’il s’appelait Pilloww), et que le concepteur c’est Dame Nature.

Collector, des pages et des pages sur les doutes divins d’Allen : pourquoi tant d’épreuves, pourquoi Dieu nous laisse-t-il pêcher (parce que le poisson, c’est bon ?) ? Allen a la véritable preuve (car preuve est un synonyme de connerie pour Allen) de la non-existence de Dieu : « Mais la véritable preuve, pour moi, c’était qu’on ne commettrait sûrement pas de pêchés si on se croyait constamment sous le regard de Dieu. ». Miam, la débilité avec un filet de philosophie, ça fond sous la langue.

Bref, Allen délire sur Darwin, et une page plus loin t’explique qu’il est évident que nous avons été créés par une force supérieure, la preuve, « si vous trouviez une Rolls-Royce toute neuve au milieu de la poussière lunaire, douteriez-vous une seconde qu’elle ait été fabriquée par un créateur intelligent ? Pensez-vous vraiment qu’une chose aussi complexe qu’une voiture aurait pu voir le jour par le fruit du hasard ? Il faudrait être complètement idiot pour arriver à une telle conclusion. » Idiot. C’est le mot, merci.

On combat la peine de mort, le dépeçage des bébés phoques, la vie chère, mais on se fourvoye, braves gens. L’Homme est victime de l’Homme, d’un lavage de cerveau nutritif ! Alors pour se libérer de ce joug, une seule solution : adhérer à la secte Carr. A la base, tu es un schizophrène qui sait que manger, c’est bon et utile, mais qu’il ne faut pas abuser, et puis t’aimes ça, mais faut pas abuser, et puis zut. Donc tu vas suivre les instructions (recette proposée par un certain « Dieu » : proposer un contrat -avec à la clé une récompense- avec quelques règles courtes et précises à respecter. Pour des raisons de commodité, Allen a remplacé les tables de pierre par des feuilles de papier. Concept repris par le Code Civil, Secret Story, l’entreprise de Bashung qui ne connait pas la crise) dont la première d’entre elle est : « suivez les instructions ! ». On y pense pas assez.

Mais Allen c’est aussi un mec tout plein de bon sens et de culture. Philosophe, il parle de Dieu en citant John Wayne : « mais comme disait John Wayne, « un fusil n’est qu’un outil, ni meilleur ni pire que celui qui le brandit ! » ». Il parle morale, éthique, « a priori »-se à la Kant et donne des définitions à la Spinozouzou « LES APPORTS : Nos apports élémentaires, c’est à dire le volume et le type de ce que nous mangeons. / LES DEPENSES : Nos dépenses énergétiques et les déchets que nous éliminons. »

Et pourtant, modeste avec tout ça : « Pendant des années, je me suis enorgueilli de mon cerveau logique, analytique, d’expert-comptable. La vérité est que je n’avais pas plus d’esprit qu’une moule géante. » (bonjour les F&S). Un homme qui brillera pourtant par sa jugeote et son humour tout au long du livre, dans cette fameuse technique de la question existentielle/réponse improbable : « comment se fait-il que les éléphants vivent plus vieux que les hommes alors qu’ils n’ont ni maison, ni vêtements, ni docteurs, et qu’ils ne peuvent pas emmagasiner la nourriture ? » «  pourquoi cette répugnance quand nous découvrons un asticot dans une pomme ? Après tout, si on va par là, il doit être constitué à 98% de pomme ! » (ouais et donc les 2% ?).

Un homme qui sait admettre les choses simples (« Pendant des années, j’ai été constipé. »), et poser les vrais problèmes, risquer sa notoriété si méritée pour nous : « Imaginez que vous soyez naufragé sur une île déserte. Un pilote de Canadair repère vos feux de détresse, déverse de l’eau dessus et rentre allègrement à la base en se disant : « Encore un problème de réglé ». Vous pensez que je vais trop loin ? ». Ben en fait, je m’en fous.

Le problème principal d’Allen, c’est qu’il ne peut s’empêcher de faire des phrases aussi li(m)pides que : «  parce que nous ne comprenons pas la raison de nos actions instinctives et que nos actions raisonnées sont basées sur des déductions logiques, chaque fois que notre raison contredit notre instinct, nous croyons logique d’opter pour la raison. », de nommer ses chapitres avec des chiffres romains, et de nous flipper à la page 89 en disant : « je vous parlerai du sport dans le chapitre XXXIX ».

Heureusement, comme ce livre est un peu pour les gens qui veulent maigrir et pas découvrir les ressorts profonds de notre psychologie, les chapitres font en général 2/3 pages. Ouf, parce qu’au chapitre XI ont en revenait quand même à la base : « Pourquoi mangeons-nous ? » (sa réponse : parce qu’il le faut. Je déconne pas.) Allen se fait ensuite plaisir en théorisant la longueur du cou de la girafe, la différence entre un termite et une chèvre, le syndrome du saut en plastique (c’est comme si tu mettais au lieu de l’essence dans ta voiture des bouts de saut en plastique et que tu soufflais dessus), la marge de malbouffe …

Il ne nous interdira rien mais nous dira que quand même, on est pas programmé pour manger de la viande (la preuve, « nous mangeons de la vache. (…) Elle est végétarienne. L’éléphant, la girafe, l’hippopotame (…) sont tous herbivores. Si ces prétendus experts nous recommandent de manger du muscle pour obtenir des protéines, logiquement, ils devraient nous conseiller de manger des os et des dents pour nous procurer le fer et le calcium dont nous avons besoin. En poussant le raisonnement un peu plus loin, pourquoi ne mangerions-nous pas carrément de la limaille de fer et de la craie ? Parce que ce serait ridicule. ») ni du lait une fois adulte (la preuve, « même les vaches n’en boivent pas ! ») mais des fruits (la preuve, « le fait est qu’on survit beaucoup plus longtemps sans manger que sans boire. Alors, ne croyez-vous pas que les aliments riches en eau doivent avoir une meilleure valeur nutritive ? » CQFD.). En gros, ça donne des céréales au jus d’orange (oui oui), et la preuve que la viande c’est pas bon : « revenons à ces sauces avec lesquelles nous agrémentons notre viande : avec l’agneau nous mettons de la menthe, avec le porc de la compote de pommes, avec la dinde, des airelles, avec le bœuf, du raifort ou de la moutarde, avec le poulet, une confiture d’oignons et de sauge, avec la viande froide des cornichons … »

Si avec ça, vous ne maigrissez pas en profitant de la vie, prêts à courir dans les bras de l’homme/la femme de votre vie ! Courir plein de phéromones post-valentiniens, évidemment. Qui voudrait faire cet inutile exercice physique (et pourtant, on libère les phéromones par transpiration, qu’il paraît) ? Comme le dit Allen Carr, « on ne voit pas les escargots et les tortues courir dans tous les sens, et pourtant, il n’y a pas de tortues et d’escargots obèses ». Une prise de conscience extraordinaire pour 6€90 en Pochotèque.

Merci et à vendredi prochain pour : « Le monde est-il français ? »

Merci à Aude pour m’avoir permis de découvrir les oeuvres d’Allen Carr 😉

Pour aller plus loin

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 4.2a)

pizza hut cheloue

“The History of every major Galactic Civilization tends to pass through three distinct and recognizable phases, those of Survival, Inquiry and Sophistication, otherwise known as the How, Why and Where phases. For instance, the first phase is characterized by the question How can we eat? the second by the question Why do we eat? and the third by the question Where shall we have lunch?

The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy

Le chef cannibale soulève le couvercle de la marmite de temps en temps, et avec une énorme fourche, il pique le mec qui est en train de cuire !
– M’enfin! lui dit un autre cannibale, Foutez-lui au moins la paix ! On le fout déjà au court-bouillon, alors si en plus on le torture …
– Quoi !? Mais tu ne vois pas qu’il en train d’bouffer tout le riz !

On vous a dit que pour votre santé, il vous fallait pratiquer une activité physique régulière. Pourtant, vous restez sceptique quant à l’effet d’un trajet maison > boulot en vélib’ (en l’absence momentanée de votre chauffeur personnel, un peu malade à force de se nourrir de pâtes matin midi et soir) face à votre déjeuner « Jaune d’oeuf de poule au caviar, golden oscietre*, gelée de pomme acide aux graines d’anis / Noix de ris de veau en écaille de châtaignes fraîches, fragula liée au beurre de truffe blanche / Poire cuite en croûte en sucre au sésame, glace au miel de sapin, feuillets glacés “à la royale” » à 334 € du lundi au vendredi à l’Hôtel Meurice. Si vous ne savez pas exactement qu’est-ce qu’un/e golden oscietre, une gelée de pomme acide (acétylsalicylique ? Et là tout s’explique, pomme aspirine pour Blanche-Neige qui avait ses règles, perte de sang fluidifié en continu, coma.), un ris de veau en écaille (un serpent ?!), une fragula (une araignée ?) ou encore une truffe blanche (Brice Hortefeux a eu un bon bilan), vous êtes peut-être sauvé. Ou alors vous êtes le chauffeur personnel.

Manger, bouger, c’est notre mot d’ordre jusque sur nos écrans, et pourtant  les contradictions sont nombreuses. Tout d’abord, le faire dans la limite  du raisonnable : ne pas se précipiter sur le premier saut à l’élastique  disponible après une orgie de tripes froides sous prétexte que ça y est,  vous avez enfin les tripes pour. Et surtout, ne pas le faire en même temps : à tout hasard, un saut à l’élastique en mangeant une soupe, c’est une  connerie.

L’hiver des chocolats, foie gras, huîtres, dinde se termine, propice à  l’affolement de la balance. Heureusement, c’était la crise, alors soldes ou  pas, vous avez dû revoir à la baisse les engrenages interminables et  douloureux : avouer du 36, commencer par essayer du 38, rentrer dans du  40, acheter du 42 dans la nouvelle collection. Et pourtant, vous êtes peut-être seul(e) et/ou récemment largué(e) (bonne St Valentin !). Qu’est-ce qui cloche avant Pâques ? Votre compte en banque ? Votre réveil (haha !) Votre intelligence/humour ? Votre façon de vous habiller ? Votre poids ? Tout en même temps ? Il faut réagir ! Étudions ensemble ce que la majorité silencieuse propage dans un grondement sourd comme les spécimen idéaux de la race humaine. A noter que la majorité silencieuse étant par définition inaudible/illisible, je pourrais lui faire dire toutes les conneries que je veux, mais je pense qu’il est bien plus Pareto optimal pour moi de relater les conneries des autres.

Selon une étude des Universités de Durham et St Andrews, « [les hommes] avec des traits plus fins, des lèvres arrondies, des yeux plus larges et des sourcils plus incurvés sont au contraire perçus comme de meilleurs partenaires potentiels pour une longue relation. Les hommes apparaissant en bonne santé sont aussi mieux notés en terme de personnalité que ceux ayant l’air moins bien portants. Et les visages âgés sont généralement vus plus positivement que les plus jeunes. »

Du côté masculin, après divers modèles de beauté (une rétrospective ici : http://www.linternaute.com/femmes/beaute/0704-histoire/presentation.shtml) « Le professeur Singh, psychologue à l’université d’Austin au Texas, (…) vient de découvrir que, pour un homme, le véritable critère d’attirance chez une femme est le rapport entre le tour de la taille et le tour des hanches et que le rapport idéal se situe entre 0,6 et 0,7. ». (Le lien vers l’article est disponible en fin de RCV, mais j’émets déjà une critique : ce chiffre devrait prouver un lien entre beauté et nombre d’or. Le problème c’est que le nombre d’or est 1,618 et des poussières. FAIL donc.)

Un homme intelligent vs. une nunuche, ce serait prouvé depuis 2005 par « les chercheurs des universités de Bristol, Aberdeen, Glasgow et Edimbourg [qui] ont mesuré, (…) le QI d’un millier de garçons et filles âgés de 11 ans et observé, 14 ans plus tard, si ces enfants ont réussi à trouver un partenaire. (…) A chaque fois que les hommes obtiennent 16 points de plus, ils ont 35% de chance en plus de trouver une femme. Pour les femmes, leur chance de vivre une relation stable diminue de 40% à chaque fois qu’elles grimpent de 16 points sur l’échelle du QI. ».

Oui mais en attendant, la minceur reste recherchée, à grands coups de régimes plus fous les uns que les autres. St Nicolas, Noël, Épiphanie, Chandeleur, St Valentin sont passés : il est encore possible de maigrir avant Pâques et surtout, avant l’été. Je n’ai pas le timing de la presse féminine, mais je crois que les suggestions de régime spécial été ne devraient pas tarder. Même TF1, grande chaîne d’information, s’y met déjà en proposant ce Vendredi 20 Février un « Manger mieux : le grand jeu » où des célébrités ont dû répondre à ce genre de questions affligeantes que le tout un chacun peut lire toute l’année dans les magazines féminins sus-mentionnés (qui ne sont jamais que des revues scientifiques de santé et de sciences sociales, n’est-il pas), avec la caution nutrition ultime : Jean-Pierre Coffe.

Jean-Pierre Coffe, c’est un peu le Pierre Bellemare poussé à son paroxysme. Pierre revient chaque année avec son almanach et ses « Nouvelles Nouvelles Histoires Inédites qui font peur », Jean-Pierre revient avec ses recettes et ses sélections : les recettes inratables de Jean-Pierre Coffe ont été un succès, qu’à cela ne tienne, on va sortir les recettes de Fêtes inratables de Jean-Pierre Coffe, le tout en BD ! Et tous semblent avoir un succès d’autant plus inexplicable qu’à première vue, Internet est assez performant comme livre de cuisine géant. Après le JPC philosophe (« le vrai vivre », « le bon vivre », et surtout l’extraordinaire « De la vache folle en général et de notre survie en particulier » de 1997), voici le JPC économiste cuvée 2009 : « Le plaisir à petit prix, bien manger en famille pour moins de 9 € par jour ». Ce que je trouve extraordinaire et qui n’a pas été traité dans les interviews que j’ai pu voir de lui, c’est que le même JP a écrit en 2002 « A table en famille avec 15 € par jour » avec un cynisme de toute qualité retrouvé cette année. Un repas à 15€, le livre à 16; un repas à 9€, le livre à 10.

Mais Jean-Pierre Coffe, finalement, ne nous explique que comment bien s’alimenter, pas comment bien maigrir, si ce n’est en sautant un repas grâce à ses ouvrages. Peut-il réellement lutter contre Allen Carr et sa « Méthode simple pour perdre du poids » ? Véritable marque déposée à lui tout seul, Allen Carr nous propose d’abandonner ces régimes idiots et ces privations.

Nous avons tous et toutes dans nos entourages au moins une personne au régime 90% de l’année, se nourrissant exclusivement de sushis au thon (pour être belle) entre 21h40 et 21h52 le mardi et de coca-cola light le reste du temps, alors que euh … elle n’a rien à perdre.  D’autres ont cédé aux appels de Weight Watchers (du 09.69.32.12.21 donc), ou des régimes « à thèmes ». Régimes à thème sympa : le régime préhistorique, le régime « savon » (Histoire de maigrir, cf ci-dessous) ou encore les régimes d’exclusion : que de l’ananas et du pamplemousse, que de la viande, que de la choucroute, ou encore que de la pizza. Disqualifiée, la pizza japonaise ci-contre : « signée Pizza Hut, la pâte est faite de hot-dogs enveloppés de bacon et de petits feuilletés au fromage fondu. La base est composée de hamburgers, de feuilletés au fromage, de saucisse, de bacon, de jambon, de lardons, de champignons, d’oignons, de poivron, d’ail et de sauce tomate. Vous avez en plus le choix entre deux sauces : ketchup ou sirop d’érable. »

Le livre commence par une photo du Maître et sa bio. Tout de suite, la légitimation par les qualifications : « Allen Carr est devenu expert-comptable en 1958 ». Expert-comptable, un métier respectable, admirable, mais Super Allen est un homme comme les autres comme l’annonce la 2e phrase : « S’il s’épanouissait dans sa vie professionnelle (c’était pas une tanche donc, confirmation), la consommation quotidienne d’une centaine de cigarettes le déprimait ». Mais Super Allen ne va pas tarder à « découvrir ce que l’humanité attendait en écrivant The Easy Way to Stop Smoking », et en créant par la suite des centres d’aides type Weight Watchers. La franchise va être déclinée dans d’autres ouvrages, comme « la méthode simple pour prendre l’avion sans avoir peur », ou encore celui qui nous intéresse, « la méthode simple pour perdre du poids ».

Malheureusement, le rêve prend fin : « Allen Carr est décédé le 29 Novembre 2006 ».

D’un cancer du poumon. (Le marketing jusqu’au bout ! Comme quoi arrêter de fumer, c’est bien, pas commencer, c’est mieux.)

Parce que sinon, c’est vraiment trop long : demain, la partie b !

Pour aller plus loin

A propos des articles cités

  1. Des hommes aux traits effeminés : http://www.princecharmant.info/index.php?2007/10/19/199-les-hommes-aux-traits-effemines-juges-meilleurs-pour-une-relation-serieuse
  2. Article sur le nombre d’or et l’étude du professeur Singh : http://cerveaudroit.ouvaton.org/article.php3?id_article=21
  3. Partenaires et QI : http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=199657
  4. Histoire de maigrir : http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/poids/nu_1432_nut_histoire1.htm
  5. Régime paléolithique : http://www.idiet4u.com/diets/prehistoricdiet.html & http://holfordwatch.info/2008/05/13/the-curse-of-the-paleolithic-diet-when-studies-go-bad. Une TV réalité a failli (je crois) avoir lieu : http://www.guardian.co.uk/media/2006/jun/01/realitytv.broadcasting.
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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 4.1)

st valentin

RCV fait le bilan (en deux parties deux sous-parties) des soldes et des régimes pour la St Valentin; fête par excellence pour montrer à son/sa chéri(e) les fruits de ses efforts à perdre plus de fric que de graisse, mais à gagner des compliments de l’être aimé de façon inversement proportionnelle. L’honnêteté dans le couple, c’est important.

Dans un premier temps, je ne t’oublie pas toi qui de ta tour d’ivoire n’entend que les reproches de la PETA-teuse Eve Angeli pour avoir tué autant d’éléphants sans défenses pour leurs défenses et donc INUTILEMENT. Oui, je m’adresse à toi qui est resté chez toi, hurlant à qui voulait l’entendre que cette fête était bien trop commerciale, bien trop inutile, bien trop couteuse, et puis que de toute façon ta copine s’en foutait de recevoir des fleurs, elle préfère passer des moments tendres avec toi, enfin elle préfèrera quand vous serez ensemble. De toute façon, l’amour a été testé évalué débriefé, on en a fait le tour (jusqu’en manège, c’est dire), ses détraqueurs rendent enfin les armes : l’Ile de la Tentation ne reviendra pas l’été prochain.

Doit-on en déduire que l’on peut ENFIN relâcher nos efforts pour être la plus belle pour aller danser-éhééé, puisque les jolies bimbos et beaux mâles ne font même plus effet sur des couples d’autant plus solides qu’ils n’existent pas en réalité ? C’est la crise (Comme chaque semaine. Je vous préviens dès que ça se termine, promis.), mais est-ce la raison d’un succès qui apparait de plus en plus mi-figue mi-raison ? Si un sondage pour MasterCard Canada a révélé que 80% des sondés comptaient dépenser autant voire plus que l’année dernière à l’occasion de cette fête, seulement 17% des habitants du Royaume-Uni auraient prévu de célébrer la fête des amoureux à l’extérieur, selon Captain Crunch (Capitaine Crise !).

Ce dernier conseillait dans The Sun le “home made“, sondages à l’appui. Il semble que le manque d’argent redonne ses lettres de noblesse aux colliers de nouilles et cendriers coquillages, toute proportions gardées. Encore une fois, le Calamar fut avant-gardiste en vous incitant à rester chez vous. Avant, proposer une petite assiette de spaghettis et des fleurs du jardin à sa dulcinée équivalait à se faire taxer d’asocial, d’égoïste, de radin. Maintenant, elles en redemandent, “c’est si mignon et si personnel”.

Sans faire mon Eric Zemmour, je noterai avec Wikipedia et ses estimations à “référence nécessaire” qu'”on estime qu’environ un milliard de ces cartes sont expédiées chaque année à l’occasion de la Saint Valentin,[réf. souhaitée] chiffre battu seulement par le nombre de cartes échangées lors des fêtes de Noël. On estime aussi que 85 % de ces cartes sont achetées par des femmes.“. En plus, le féminisme, soumis inconsciemment au capitalisme, “s’attache d’abord a détruire l’ancien modèle, en niant l’héritage culturel et naturel de la place des sexes dans la société, le but étant de saper les certitudes, et “rejette le désir sexuel de l’homme, qu’il juge barbare et primaire. L’homme ne doit qu’aimer, la distinction entre amour et désir est niée.“*. Merde alors !

Heureusement, grâce à cet outil de gratuité qu’est Internet (quoi le forfait, ça se pirate une réseau WiFi), des milliers de sites se sont replongés dans un trip psychédélique à la Edith Piaf, nous bombardant de graphisme rosifié aux effigies de Cupidons en tout genre. On peut même polluer les pages iGoogle de son/sa Valentin(e), ou le/la spammer avec des poèmes tous plus gneugneus les uns que les autres (ex : http://poeme.boreal.info/?2009/02/08/420-amoureux-saint-valentin).

En fait, l’amour c’est du bla bla, on est d’accord, alors autant que ce soit du bla bla “joliment” imagé. Imaginez la St Valentin de nos ancêtres, les Lupercales, dont Wikipedia nous fait une description alléchante : “Dans la Rome antique, le jour du 15 février était nommé les lupercales ou festival de Lupercus, le dieu de la fertilité, que l’on représente vêtu de peaux de chèvre. Les prêtres de Lupercus sacrifiaient des chèvres au dieu et, après avoir bu du vin, ils couraient dans les rues de Rome à moitié nus et touchaient les passants en tenant des morceaux de peau de chèvre à la main.” A la place des cupidons, des chèvres, et à la place des dîners en amoureux suite à des heures sur Meetic, des parties de cache-cache entre jeunes gens, ceux qui se trouvent se marient dans l’année. Ca c’est du concept ! Alors ouais, paradoxalement c’est moins rom-antique (haha!), mais ça a quand même de la gueule. Et à qui doit-on la disparition de ce joyeux barda ? A Gélase 1er, l’un des trois papes africains (le complot, déjà), qui aurait aussi lancé la Chandeleur. Ce mec était un organisateur de fêtes globales avant l’heure.

De toute manière, depuis 1496 où Alexandre VI, pape de son état, a fait de St Valentin le patron des amoureux (Alors qu’en fait ce serait St Raphael à prier pour trouver son âme soeur ?), nous tombons inexorablement vers la mièvrerie, des mots doux recouverts de cœurs et de dentelles entre “valentins” aux mariages du 14/02 en passant par les records de bisous simultanés (39 897 personnes à Mexico cette année quand même). Heureusement, un peu de piment a été ajouté avec “l’appel aux femmes à se refuser [aux] partisans [de Vladimir Poutine]” par un mouvement d’opposition russe et “l’initiative d’un site internet qui a distribué gratuitement des “sex toys” à Paris” (AFP).

Et si pour nous, la Saint-Valentin ne donne lieu qu’à des critiques bon enfant sur l’immatérialité de l’amour, car ce n’est SEULEMENT que pour tout le reste qu’il y a Eurocard Mastercard, la fête de l’amour est malheureusement révélatrice de certaines privations de libertés dans d’autres pays. Ainsi, l’Arabie Saoudite, a lancé une fatwa contre la St Valentin (les deux uniques fêtes à célébrer étant l’Aïd el-Fitr et el-Adha), mise en pratique par la drastique police religieuse. Au Liban, la St Valentin a servi de prétexte à une manifestation contre la législation rigide libanaise du mariage. En Inde, des hindouïstes extrémistes ont été accusés d’avoir agressé trois couples non-mariés non loin du Taj Mahal… En bref, c’est mignon tout plein pour nous, c’est symbolique, c’est pas si universel que ça finalement. Heureusement, malgré les divergences de pratiques, l’amour l’est, lui qui est si pur ! Encore faut-il se faire aimer à coup de régimes et de fringues dernière mode, s’entend. Ce sera le sujet de la deuxième partie de l’épisode 4 de Restez chez vous

Pour aller plus loin

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 3)

jdd

Rester chez soi, c’est surfer sur Le Monde un livre à la main. Retour sur les premiers scoops de 2009 et sur ceux de la fin 2008 : Jean-Louis Debré, Jean d’Ormesson, David Abiker, Jacques Généreux, Roger Pol-Droit, Olivier Duhamel, Raphaël Enthoven, Pascal Bruckner, Jean Peyrelevade, Bruno Dive, Fatou Diome, Danielle Thiery, Tonito Benacquista, Daniel Zagury, Jules Grasset s’étaient prêtés avec humour et sympathie au jeu du Calamar lors de la 61e Journée des Dédicaces.

La semaine dernière, nous passions en revue la larme à l’œil les évènements marquants de l’année 2008 avant de passer tout guillerets à l’année 2009, qui se révèle déjà mutine, fidèle à ses promesses. En effet, 2009 c’est l’année du scoop, c’est décidé, c’est la crise, plus de Petit Marseillais Shampooing démêlant Enfants, on nous annonce pêle-mêle que :

  • Ségolène Royal, déjà très chaude pour le prix de l’humour politique, blague en déclarant « oui, j’ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copié ». A noter que Le Monde précise : « Soudain, on lui apporte une enveloppe. A l’intérieur, le ticket béni. Elle ne sera ni au premier rang, ni même au vingtième. Mais elle aura été là, à 200 mètres du lieu ou Barack aura prononcé les mots d’acceptation qui en auront fait le 44e président des Etats-Unis. Elle pourra dire “j’y étais” et se moque bien des commentaires aigres-doux qu’elle pourra susciter, à gauche ou à droite, en France. » A noter que lors de la cérémonie d’investiture en direct à ScPo, Duhamel a interrogé ébahi un 3A situé « non loin » du lieu du crime (euh, de l’investiture). Et oui, un 3A « pas loin » d’Obama, c’est l’hystérie à Sciences Po; une Ségolène Royal « à 200 m » d’Obama, on lui conseille de rester chez elle. Nous sommes ingrats.
  • Très en forme, le Monde toujours rappelle la citation de Sarkozy début Janvier : « Rachida, quand je lui dis quelque chose, elle le fait ». Cette dernière aurait accepté une place de n°2 sur les listes européennes. Étrangement, l’annonce semble plus discrète que celle d’une grossesse ou d’une supposition de paternité…
  • Dans la même lignée, Mesdames, tirez un trait définitif sur vos fous espoirs amoureux, Roger Karoutchi a annoncé officiellement son homosexualité ! Au passage, Voici / Le Monde toujours nous annonce que « Le ministre confie que “le comportement naturel” du président Nicolas Sarkozy, qui invite son compagnon aux réceptions privées et officielles à l’Elysée, au même titre que les conjoints des autres ministres, a “facilité” sa décision de révéler son homosexualité. Le premier ministre, François Fillon, a “le même comportement” pour les invitations à Matignon, explique-t-il. ». Comme d’habitude, on ne passe pas outre l’obligation de désamorcer les possibles accusations d’homophobie. La nouveauté, c’est quand même l’intéressante insinuation d’un Élysée et d’un Matignon salle de fêtes pour politiques las de rester chez eux. On se permet même d’inviter des « secrétaires d’État chargés des relations avec le Parlement ». Mais que fait Bayrou et sa politique de rigueur ?! Ah oui, il reste chez lui, c’est vrai.
  • Celui qui ne reste pas chez lui, c’est évidemment Obama, en charge de sauver le monde. Et ben il est pas rendu. Le Washington Post tire la sonnette d’alarme : pour le nouveau président, « No Facebook to communicate with supporters. No outside e-mail log-ins. No instant messaging. » (Richard Descoings ne pourrait donc pas être président des USA). Pas mal de collaborateurs sans téléphone ni ordinateur, certes, mais surtout, l’équipe habituée à travailler sur Macintosh s’est retrouvée face à des « ordinateurs démodés avec une version de Microsoft datant de 6 ans » (ça s’appelle XP, bonjour). Si leurs projets messianiques louzent, ils auront une excuse. Mais moins que celle des équipes de George Bush : « there were no missing letters from the computer keyboards, as Bush officials had complained of during their transition in 2001. ». Ys, w can.

Mais le début d’année c’est aussi l’entrée dans la période propices aux récompenses. Aussi, Samedi dernier, les habituels NRJ Music Awards se tenaient afin de récompenser les artistes de 2008. Et ben ça a pas loupé : Jenifer et Christophe Maé artistes francophones de l’année, avec un petit bonus « chanson française » pour Christophe, qui, je vous le rappelle, figurait en bonne place sur nos tracts, appelant à l’attacher et à l’abandonner.

Tant de récompense, tant de scoops, c’est évidemment le moment pour se remémorer la « 61e Journée des Dédicaces » de Sciences Po, l’ « événement littéraire » où plus de 100 auteurs avaient accepté de venir supporter quelques heures les allées et venues des pipoteurs à la recherche des stars incontournables, tout en ayant aucun espoir de récompense. Centré sur le polar, joliment décorée par les activistes du BDA, la 61e journée des dédicaces a attiré plutôt moins de monde que l’année dernière, malgré un panel d’auteurs alléchant (pour qui les connaissait).

Le Calamar, présent sur les lieux du crimes, ne fera pas la liste des auteurs présents (pour cela, http://www.bdarts.org/JD/ donne toutes les informations). Il vous fera juste profiter des interviews exclusives qu’il a réussi à obtenir.La question trouvée en 10 minutes fut : « Si vous veniez à Sciences Po, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ? », approved by Roger Pol-Droit.

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Roger Pol-Droit : Celle-ci !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Jacques Généreux : Ah, c’est une question difficile. Mes auteurs favoris sont morts : ce sont Jésus, Freud, Marx. Alors, je demanderais, pourquoi est-ce qu’il écrit ? Est-ce pour la même raison que moi, c’est à dire pour plaire aux femmes ?
CD : Oui, certes, vous plaisez aux femmes qui font de l’économie.
Jacques Généreux : Oui, regardez, j’ai écrit ça. * rires, montre ses livres d’économie*
CD : Donc, vous pensez que Marx a écrit pour plaire aux femmes ?
Jacques Généreux : Oui, probablement.
CD : Et est-ce que Jésus, si tant est qu’on puisse dire qu’il écrivait, faisait de même ?
Jacques Généreux : Et bien, il n’écrivait pas !
CD : Insinuez vous que Jésus ne savait pas écrire ?!
Jacques Généreux : *rires* Ah, mais je n’en doute pas, à l’époque, c’est fort possible.
CD : Bon, alors pensez-vous que Jésus parlait pour plaire aux femmes ?
Jacques Généreux : Et non, car il n’écrivait pas. Je suis cohérent !
CD : Effectivement, CQFD. Merci d’avoir maximisé notre courbe de bien-être !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Tonito Benacquista : Mon auteur préféré c’est Flaubert. Ma question ce serait : à quand le prochain ?
CD : Et vous, à quand le prochain ?
Tonito Benacquista : Pas de pronostics, mais je suis en plein dedans …

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Danielle Thiery : Comment vas-tu ?

Calamar Déchainé *impressionné parce que C’EST DEBREEEE* : Bonjour Monsieur Debré, pourriez- vous nous accorder quelques minutes pour le Calamar Déchaîné ?
Jean-Louis Debré : Pour le Calamar Déchaîné, oui, je connais bien, oui.
CD : Et bien, merci de nous annoncer notre renommée au Conseil Constitutionnel… La question est : si vous pouviez poser une question à votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, laquelle serait-elle ?
Jean-Louis Debré : Quand est-ce qu’on dîne ensemble ? Et puis, qui es-tu ?

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Pascal Bruckner : * hésitation* Probablement « pourquoi écrivez-vous ? »
CD: Et selon vous, quelle serait la réponse ?
Pascal Bruckner : Probablement parce qu’il ne sait rien faire d’autre !

Calamar Déchaîné : Monsieur D’Ormesson, pourriez-vous faire l’honneur de répondre à une question pour le webzine culturel Le Calamar Déchaîné ?
Jean d’Ormesson *me glisse à l’oreille* : Je vais vous faire une confidence. Je n’aime pas trop la culture.
CD *rires* : Oui, mais si vous alliez dans une journée de dédicaces …
Jean d’Ormesson : Je vais rarement aux dédicaces quand ce n’est pas moi qui les signe ! Eventuellement, à une journée des dédicaces, je demanderai à mon auteur “qu’est-ce qu’il fait là” ?
CD : Et vous, qu’est-ce que vous faites là ?
Jean d’Ormesson : Je me le demande !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Jean Peyrelevade : Pour quelle raison écrivez vous ?
CD : Et vous ?
Jean Peyrelevade : Par plaisir !

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
David Abiker, entre bruits de bouches et champagne : Je demanderais à Douglas Kennedy pourquoi est-ce qu’il écrit en se mettant à la place des femmes ?
CD : Jacques Généreux nous a avoué écrire pour plaire aux femmes, quelle est votre position à ce sujet ?
David Abiker : Non, les hommes écrivent pour plaire aux lectrices qui font le marché de l’édition.
CD : C’est donc pour ça, la couverture rose de votre nouveau livre ?
David Abiker : Non. C’est mieux que jaune pipi.

Fatou Diome, très sympathique, fut la seule à nous vanner réellement sur le Calamar, et attend avec impatience qu’on lui fasse goûter du Calamar à notre sauce. (rdv l’année prochaine) A notre question, après un silence, elle nous répond :
Fatou Diome : Et bien, je demanderai à mon auteur préféré, comment il se sent après avoir écrit un livre ?
CD : Et vous ?
Fatou Diome : Je déteste terminer un livre, je commence l’autre alors même que je n’ai pas terminé le premier pour toujours avoir quelque chose en cours … Comme je n’aime pas terminer de lire un livre. Mais la question c’est l’écrivain qui aimerait la poser au lecteur. Qu’est-ce qu’il attend ? Ils sont tous différents ! C’est impossible …

Calamar Déchaîné : Si vous veniez à ScPo, rencontrer votre auteur préféré dans le cadre de la JDD, quelle question lui poseriez vous ?
Olivier Duhamel : Et bien, ayant un de mes auteur préféré à côté de moi, je lui ai proposé de faire un projet ensemble, et ça s’est fait.
Raphaël Enthoven (l’auteur en question): Moi j’aimerais poser une question à Olivier Duhamel : pourquoi est-ce qu’il aime autant Martine Aubry ?
Olivier Duhamel fait alors des messes basses …

Avec Bruno Dive, la discussion fut un peu plus centrée sur son livre, Air Sarko.
CD : Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ? Pourquoi Air Sarko ?
Bruno Dive : Je suis journaliste à Sud-Ouest. J’ai donc eu la chance de voyager beaucoup, et d’accompagner Sarkozy sur une dizaine de voyages, comme j’avais pu accompagner son prédécesseur Jacques Chirac. Je me suis donc dit que c’était un bon créneau pour écrire un livre !
CD : Et quel fut finalement, le voyage le plus intéressant ?
Bruno Dive : Il y en eut beaucoup … Le Tchad, l’Afrique du Sud … Pour les récents évènements, pour Mandela, et aussi parce que c’était le 1er voyage de Carla, chose dont on n’était pas au courant. Nous étions donc assez peu à couvrir le déplacement. La Chine, le Vatican ou encore l’Inde, furent tous intéressants. Mais dans l’ensemble, ce sont des voyages éclairs. Celui en Inde s’est déroulé à une période tendue avec la presse, il y eut un briefing très « règlements de comptes » …
CD : Quel fut le voyage le plus décevant pour le moment, de votre point de vue ?
Bruno Dive : Et bien ce fut celui au Royaume-Uni, où il y eu beaucoup de on-dits et de racontards.

Soudain, un certain Gabriel, membre de qualité de l’équipe du Calamar passa par là.
CD : Cher Gabriel, si vous étiez auteur, qu’est-ce que vous diriez aux gens à cette journée des dédicaces ?
Gabriel : Profitez de la lecture, c’est un moment merveilleux !
Guillaume (ami) : Surtout quand il y a des images.

Mais revenons aux vrais écrivains. Daniel Zagury demanderait pour sa part à son auteur préféré des questions techniques, sur des éventuelles incompréhensions. Le thème de la petite discussion avec lui fut sur son sujet d’écriture : les tueurs en série !
Daniel Zagury : J’ai voulu donner au lecteur le fonctionnement psychologique, l’économie psychique qui pousse à, lui faire sentir la réalité et le distancier d’Hollywood.
CD : Pourrions-nous dire qu’un bon écrivain suit cette économie psychique de la série ? Un serial writer, d’une certaine manière ?
Daniel Zagury : Oui, bien sûr. Le terme de « crimes en série » vient lui-même des feuilletons …

Quant à Jules Grasset, il affirme avoir écrit sur Saint Germain parce qu’il y travaille. Voulant donner au livre un cadre réel, essentiel au vu des inventions qui font le reste de l’œuvre, il s’en est donc inspiré.
CD : Vous ne trouvez pas cela vicieux ?
Jules Grasset : Vous êtes plus forte que moi en psychologie …

A la semaine prochaine ! Nous parlerons régimes et soldes …

Un grand merci à tous les auteurs, ainsi qu’à Aude pour m’avoir assistée dans ma mission.

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 2)

crédit photo : RSF

Jeunes gens, bonjour.

On me la fait pas le coup du « je suis content de passer à la nouvelle année » : on change les calendriers -c’est une dépense-, on fait le bilan -c’est déprimant-, et parfois on le dépose après avoir fait les comptes -c’est pas encourageant-, le tout en se farcissant un mélange grand-maman « chocolat-dinde-huitres-pas-fraiches-mais-avec-du-citron-ça-cache-l’odeur ». Pas très ragoutant, tout ça.

Pourtant, malgré les cris et les pleurs, les manifestations et les rebellions, le Temps avec sa grande Taie a encore fait passer en force cette réforme autoritaire : le passage à la nouvelle année. 2009 s’est donc offerte à nous bras ouverts telle un Christ en pain de sucre, et nous prépare, je l’espère, que de la joie, du bonheur, de la paix, de l’amour et de l’humour sous de beaux ciels étoilés et non pollués.

Et cela dit, 2009 part avec de nombreux désavantages. Non contente d’avoir bénéficié d’un jour de plus, l’année 2008 s’était vue confier par dérogation spéciale la garde d’une seconde supplémentaire.

« Why this extra second? It exists because the rotation of the Earth on its axis,which determines the passing of days and nights, slows down over a long period, mainly as a consequence of Moon-Sun attraction effects. In addition, the Earth is affected by its internal (core, mantle) and external (atmosphere, oceans) constituents. Nowadays, though, time is measured by procedures impervious to our planet’s moods, thanks to around 250 atomic clocks belonging to several countries. Together they are used to calculate UTC. In addition, we have to consider that the length of the day is nowadays 2 ms longer than in the year 1820. »ftp://hpiers.obspm.fr/eop-pc/bul/bulc/leap_second.txt

Évidemment. On est cons.

Après le long XIXe siècle, voici la courte 2009. Handicap temporel, certes, mais 2008 a-t-elle été si extraordinaire que cela ? Que faire pour obtenir la vengeance sur la vie de notre nouvelle amie, l’année 2009 ? Créer une CEPH, une convention d’entrée prioritaire dans l’histoire ? Et bien non Ninon, point du tout Michou, que nenni Henri, loin s’en faut Roberto. Le Calamar vous explique pourquoi, en 2008, vous auriez dû rester chez vous.

  • Évidemment, si on vous dit 2008, vous vous attendez à ce que l’on vous parle de la crise. Raison essentielle de rester chez soi : vous n’avez pas de quoi vous payer une activité hors de votre domicile, ou alors pas d’argent à dépenser.
    Variante : n’ayant plus de domicile, la question de sortir ne se pose plus.
  • 2008, c’est évidemment les jeux olympiques de Pékin. Et puis la crise aussi. Hein. On fera comme si on a pas vu.
    Plus sérieusement, il ne fallait pas sortir de chez soi parce que ça ne servait à rien : c’était retransmis à la télé (qui en hommage à Pékin a été équipée d’une webcam cachée. Des trafics de DVD montrant les spectateurs les plus ridicules sont actuellement en cours en Asie du Sud-Est).
  • Pékin, droits de l’homme; 2008, les 60 ans de la DUDH. Et ben 2009 ce sera les 61ans ! 2010, encore mieux, les 62 ! Et alors 2017, je vous raconte pas. Donc 2008 pouet pouet camembert sur le Pont des Arts. (Mais soutenez Amnesty quand même.)
  • 2008, ce fut l’année de la politique. L’élection du président des Etats-Unis (yes we can), l’élection du président russe (yes Ukraine), les élections municipales en France. Que du lourd (et je ne parle pas d’André Santini).
  • André Santini a balancé Jean-Louis Borloo. Les 10 et 11 Septembre 2008 se tenaient à Villiers-Saint-Christophe dans l’Aisne les 5e journées de la pomme de terre. Notre envoyé spécial Jean-Pierre P. a fait parvenir pour seul article, comme chaque année, une photo de lui, nu dans un champ, une bouteille d’alcool de patate à la main.
  • Autre raison de se bourrer la gueule, la louze européenne de l’équipe de France, et la demande en mariage de Raymond Domenech à sa compagne Estelle Denis. Tiens, une raison d’éteindre la télé.
  • Cinéma cette fois-ci, 2008 donna lieu à la déferlante Ch’tis avec ses 20.449.079 entrées. Raison de ne pas l’avoir vu, et d’être resté chez vous ? Statistiquement, vous en aviez des chances de trouver des gens pour vous raconter l’histoire, les 2 scènes « d’anthologie », et les 3 vannes les plus drôles.
    200 000 entrées pour l’Emmerdeur de Veber avec Berry et Timsit, là, ça devenait du private-film (par opposition à la private joke qui a rarement 22 millions d’euros de budget). Pourtant, y en a qui ont dit qu’il était bien. Oui, mais on sait pas, on l’a pas vu. Dommage !
  • Question télé, la grève des scénaristes américains nous aura privé de pas mal de saisons complètes. La bonne nouvelle, c’est que n’ayant plus rien à pathétiquement tenter de copier, les scénaristes de Sous le Soleil ont mis le point final aux éternelles aventures des plagistes vieillissants.
  • A TF1, on est dans une dynamique de renouveau, aussi PPDA se vit-il indiquer la porte. Une nouvelle tête apparut : Laurence Ferrari ! Idem, que de la nouveauté, la Star Ac 8, Koh Lanta 8, L’Ile de la Tentation 8, Secret Story 2 … Que du bonheur.
  • Et enfin, un hommage à ceux qui ne sortiront plus jamais de chez eux, et qu’on espère bien au chaud dans leur nouvelle demeure : Carlos, Philippe Khorsand, Henri Salvador, Thierry Gilardi, Aimé Césaire, YSL, Guillaume Depardieu, Soeur Emmanuelle, mon poisson japonais queue-de-voile Fizzy, et puis tous les autres.

Une très bonne année 2009 à tous. Meilleurs vœux, meilleures choses.

Vendredi prochain, nous réparerons l’oubli du monde des livres dans ce petit panorama en nous demandant pourquoi la 62e Journée des Dédicaces de Sciences Po a marqué l’histoire de la littérature.

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 1)

obama

Kennedy est un beignet, les pipoteurs sont TOUS born in the USA

Le matin américain à SciencesPo., le Mercredi 5 Novembre (6h – 8h30)

Disclaimer : Le Calamar n’est pas un journal politique. Non, pas de raison que nous aussi, nous sacrifions à l’humeur ambiante du moment, c’est-à-dire à la jubilation postélectorale consécutive à l’élection d’un certain Barack Obama. Et oui, je vous l’apprends peut-être, mais c’est cet homme au nom plus qu’improbable qui a cassé la baraque à frites*, mettant à (pomme de) terre Mc Cain, parti le sourire aux lèvres fêter la défaite au McDo avec sa colistière Sarah Palin (dite « So » Palin) dont le principal fait d’arme était une forte expérience à éponger la graisse d’ours dans son Alaska natal. (Voilà, ça, c’est fait.)

C’est donc en hommage à ce presque-président américain que le (beignet de) Calamar scanderait, les tentacules graisseuses : mangez, bougez, éliminez. Ce à quoi j’ajouterai « À SIX HEURES DU MAT, faut pas déconner ». Si mes collègues se chargeront en ce même lieu virtuel de vous convaincre d’ouvrir vos envies, vos idées de génie, vos chakras, ou quoi que ce soit de moins orthodoxe, REFUSEZ. En revanche, n’hésitez jamais à donner l’impression d’avoir accepté. Benvenuto a SciencesPo.

Si vous étiez allés à la matinale de Sciences Po, organisée en grande pompe par Olivier Duhamel (alias Dudu) et le Facebook de Richard Descoings, qu’y auriez vous vu/entendu ?

Et bien vous auriez vu le « Dudu Hernandez Show » : Dudu danse, Dudu réclame de la musique, Dudu fait le grand écart, Dudu va se laver les mains en bousculant les étudiants interviewés, Dudu embrasse Richie, Dudu organise la rigolade sur Public Sénat (« si quelqu’un veut agiter un drapeau devant la caméra, qu’il le fasse ! »), Dudu lève sa canne (il s’est fait mal à la cheville, pauvre chou …) en rythme.

Au programme donc : Sciences Po retransmettant Public Sénat retransmettant CNN en version HD (Highly Deaf, sans le son donc) ; une visite éclair de Jean-Pierre Elkabbach expliquant que PS est « petit mais avec beaucoup d’ambitions » (PS = Public Sénat, bien sûr) ; des commentaires de Marc Kravetz, Bruno Perreau et Vincent Tiberj ainsi qu’un entretien téléphonique avec Pierre Giacometti, envoyé spécial de Nicolas Sarkozy afin de découvrir les ficelles de la campagne.

Et oui, le fil rouge de la matinée, c’est quand même qu’on doit apprendre de cette élection, de ce déchaînement médiatique et financier (et merci à Roland Dumas d’avoir annoncé l’air grave sur Public Sénat que « c'[était] la crise. »). Que la « clickocratie » (Washington Post) de Barack Obama ait mené à l’étonnant myBarackObama.com, et bien cela choque les Français encore attachés au souvenir de leur éternel président aux mille casse-croûtes, prenant un bain de foule salvateur au milieu des éleveurs de charolaises, lors du plus grand meeting politique français, le Salon de l’Agriculture.

Si Coluche a dit : « On peut toujours trouver plus cons que les supporters : y’a les sportifs. Parce que les supporters, ils sont assis : les autres, ils courent ! », la campagne traditionnelle française et bien c’est DU TERRAIN, les supporters des politiques courant par monts et par vaux, rasant la moitié de la forêt amazonienne pour harceler Marcel, 87 ans, ouvrier fraiseur en petite série à la retraite, à l’aide de tracts alambiqués qui lui rappellent que Sarkozy veut être président (si si), l’entraînant dans des débats sans fins sur le pouvoir d’achat des dentistes du Berrichon, alors que ce dernier ne voulait a priori qu’acheter un kilo de tomates au marché et voter Laguiller comme il l’a toujours fait.

Pourtant, on ne le dit pas assez, les américains ont tout piqué à NOTRE campagne de 2007. Et oui. Hillary est une femme. Novateur ? Ca ne vous rappelle pas une certaine Ségolène R., notamment pour le côté « moi non plus mon parti ne veut pas de moi » ? Ron Paul à moins de 1% des voix, mais, bon sang de bien sûr, c’est GERARD S.! Et ce côté geek sur lequel on bave, pauvres inconscients, Nicolas Sarkozy l’avait déjà inventé avec les « 72 heures de l’UMP » ! Annonçant sur SarkoTV « Il reste 72 heures, il FAUT dialoguer. » (Arrêtez de taper donc), Sarkozy avait lâché son armée de mecs se levant à pas d’heure, pour se planter sur un pont, respirer le bon air pollué du périph et dire : « On a de bonnes réactions, des klaxons, des éclats de rire ».

Et ces opérations à gros budgets ?

* « Opération parkings de supermarchés »
* « Sarkomobile à Dijon et son agglomération »
* « Opération K-Way Bleu à Toulouse » (Ville rose en plus.)
* « Opération Deux Minutes Pour Convaincre » (alors que sur France 2, c’est quand même 120 min, tout augmente)
* « Une voiture à Albi ! » (Merci Sarkozy d’amener la modernité dans cette oubliée de la révolution industrielle)

Voilà pourquoi vous n’avez rien loupé. La vérité sortait du café, des gâteaux gratuits, des messages Facebook de Richie (« Et un message de X qui euh, va se coucher parce qu’il est tard… »). En tout cas SUREMENT pas de l’ambiance de folie lancée par un Duhamel surexcité, réclamant un « Born in the USA » repris en cœur par tous ces glandus matinaux de Sciences Po, encore tout fébriles d’avoir entendu auparavant une autre chanson tout aussi incroyable ; que je vous invite d’ailleurs à écouter en boucle sur http://www.youtube.com/watch?v=PvuQ3KTWF_0. YES WE CAN, alias « YES WE CANNE » (merci RSP).

Non le Calamar ne fait et ne fera pas de commentaires politiques, au mieux il les tentaculera dans les couloirs. Il remercie donc son consultant anonyme pour cette analyse : « la principale différence avec les élections françaises, c’est quand même qu’ici on est tous pour le même. ».

Analyses retrouvées lors de la table-ronde (haha, alors qu’ils n’étaient pas à une table, et même pas en cercle ! Sans compter la pertinence d’infos telles que « je venais ce matin en taxi et mon chauffeur noir était très heureux », dans un débat tellement en perdition qu’il se transforma en cours de Duhamel), nouvelle preuve de l’extraordinaire performance de l’équipe d’RSP, malgré ce « Il est 7h33, le jour se lève à Sciences Po et Obama est élu Président des Etats-Unis ! » hasardeux. SciencesPo. est peut-être à la pointe de la technologie, mais a priori, c’était déjà le cas depuis quelques heures, et je me refuse à accepter Jean-Pierre Elkabbach comme caution « s’il-l’annonce-c’est-que-ce-n’est-pas-encore-arrivé ». On sentait d’ailleurs la fatigue dans les propos de ce même animateur de RSP, hurlant « Il est 6h et tout ce monde à Sciences Po !!! », alors qu’il était quand même 7h55.

Alors, me direz-vous, quel intérêt ? Et bien aucun, bien sûr, si ce n’est d’avoir crée en direct live un groupe Facebook réclamant Barack à Sciences Po. Barack (oui, c’est mon pote, c’est ton pote, c’est ça la nouvelle Amérique, yes we can) à qui l’on s’empressera de remettre le DVD de la matinée, dixit les organisateurs.

A bientôt, sur le plateau des Enfants de la télé, ami(e)s élites de la nation.

* Pour s’excuser de ne pas faire de critique du DVD de Bienvenue chez les Ch’tis, le Calamar rend cet hommage discret mais certain au peuple du Nord et rappelle que les oreilles décollées de Barack Obama mettent sur le même rang Will Smith et Dany Boon pour reprendre le rôle du 44e président au cinéma. A noter que Bienvenue chez les Ch’tis serait repris aux USA sous le titre « Bienvenue chez les blacks » avec … Will Smith. Coïncidence ? Je ne crois pas, non.