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Sept Vies

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Dépressifs, passez votre chemin. Sept Vies s’ouvre sur un Will Smith au visage inhabituellement creusé appelant pour signaler un suicide : le sien.

Pour peu que l’on n’ait pas trop porté attention au synopsis avant de se lancer dans le visionnage, les 3 premières minutes permettent de détester ce personnage qui ne quitte sa sobriété que pour insulter au téléphone un aveugle … Mais évidemment, dans cette fable moderne, il ne faut pas se fier aux apparences.

Ben Thomas va en fait s’engager sur le chemin d’une curieuse quête : trouver sept vies à changer radicalement. Offrir une nouvelle chance, un nouvel avenir, à de « bonnes personnes ». Donner sa moelle épinière, un bout de son foie, son appartement, cet agent de recouvrement fiscal ne recule devant rien pour … pour quoi en fait ? Pour sa rédemption (rien que ça).

Certes, l’intrigue ne tient pas longtemps, et c’est probablement déplorable, bien que j’admette qu’il y a un moment où, quand même, faut cracher le morceau (qu’on passe le message aux scénaristes de LOST). D’autant plus que le film souffre d’un début un peu lent voire totalement embrouillant, où les questions s’amoncellent dans notre tête, à force de blacklister le mot « réponse ». Pourquoi s’évertuer à faire le bien ainsi ? Pourquoi sept personnes ? Et pourquoi celles-là ? Sur quels critères ? Pourquoi se suicider ? Le film s’ouvrait sur « En 7 jours, Dieu créa le monde. En 7 secondes, je détruisis le mien. ». Mais … pourquoi vous faites ça ?

Et soudain, le scénario lâche brutalement assez d’indices et d’informations pour que l’on comprenne instantanément et sans nul doute la destinée du personnage (à un détail près, selon moi). Fin de la tentative de préserver dans une atmosphère mystérieuse et ralentie le secret du personnage, le secret de son passé comme le secret de son avenir pourtant déjà scellé.

Saluons les performances des acteurs, Will Smith et Rosario Dawson en tête. Une histoire triste, une fin prévisible-ment déprimante, pour un personnage devenu altruiste … par la force des choses. Un mélo tire-larmes, une belle histoire de don de soi, voire un acte d’égoïsme transformé en improbable acte extrême d’héroïsme; faites-vous votre idée par vous-même avec Sept Vies, désormais en DVD !

Pour en savoir plus

* Le site du film : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=130769.html
* Le film sur Allocine : http://www.septvies.fr/

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Restez chez vous, la chronique de Maya (épisode 1)

obama

Kennedy est un beignet, les pipoteurs sont TOUS born in the USA

Le matin américain à SciencesPo., le Mercredi 5 Novembre (6h – 8h30)

Disclaimer : Le Calamar n’est pas un journal politique. Non, pas de raison que nous aussi, nous sacrifions à l’humeur ambiante du moment, c’est-à-dire à la jubilation postélectorale consécutive à l’élection d’un certain Barack Obama. Et oui, je vous l’apprends peut-être, mais c’est cet homme au nom plus qu’improbable qui a cassé la baraque à frites*, mettant à (pomme de) terre Mc Cain, parti le sourire aux lèvres fêter la défaite au McDo avec sa colistière Sarah Palin (dite « So » Palin) dont le principal fait d’arme était une forte expérience à éponger la graisse d’ours dans son Alaska natal. (Voilà, ça, c’est fait.)

C’est donc en hommage à ce presque-président américain que le (beignet de) Calamar scanderait, les tentacules graisseuses : mangez, bougez, éliminez. Ce à quoi j’ajouterai « À SIX HEURES DU MAT, faut pas déconner ». Si mes collègues se chargeront en ce même lieu virtuel de vous convaincre d’ouvrir vos envies, vos idées de génie, vos chakras, ou quoi que ce soit de moins orthodoxe, REFUSEZ. En revanche, n’hésitez jamais à donner l’impression d’avoir accepté. Benvenuto a SciencesPo.

Si vous étiez allés à la matinale de Sciences Po, organisée en grande pompe par Olivier Duhamel (alias Dudu) et le Facebook de Richard Descoings, qu’y auriez vous vu/entendu ?

Et bien vous auriez vu le « Dudu Hernandez Show » : Dudu danse, Dudu réclame de la musique, Dudu fait le grand écart, Dudu va se laver les mains en bousculant les étudiants interviewés, Dudu embrasse Richie, Dudu organise la rigolade sur Public Sénat (« si quelqu’un veut agiter un drapeau devant la caméra, qu’il le fasse ! »), Dudu lève sa canne (il s’est fait mal à la cheville, pauvre chou …) en rythme.

Au programme donc : Sciences Po retransmettant Public Sénat retransmettant CNN en version HD (Highly Deaf, sans le son donc) ; une visite éclair de Jean-Pierre Elkabbach expliquant que PS est « petit mais avec beaucoup d’ambitions » (PS = Public Sénat, bien sûr) ; des commentaires de Marc Kravetz, Bruno Perreau et Vincent Tiberj ainsi qu’un entretien téléphonique avec Pierre Giacometti, envoyé spécial de Nicolas Sarkozy afin de découvrir les ficelles de la campagne.

Et oui, le fil rouge de la matinée, c’est quand même qu’on doit apprendre de cette élection, de ce déchaînement médiatique et financier (et merci à Roland Dumas d’avoir annoncé l’air grave sur Public Sénat que « c'[était] la crise. »). Que la « clickocratie » (Washington Post) de Barack Obama ait mené à l’étonnant myBarackObama.com, et bien cela choque les Français encore attachés au souvenir de leur éternel président aux mille casse-croûtes, prenant un bain de foule salvateur au milieu des éleveurs de charolaises, lors du plus grand meeting politique français, le Salon de l’Agriculture.

Si Coluche a dit : « On peut toujours trouver plus cons que les supporters : y’a les sportifs. Parce que les supporters, ils sont assis : les autres, ils courent ! », la campagne traditionnelle française et bien c’est DU TERRAIN, les supporters des politiques courant par monts et par vaux, rasant la moitié de la forêt amazonienne pour harceler Marcel, 87 ans, ouvrier fraiseur en petite série à la retraite, à l’aide de tracts alambiqués qui lui rappellent que Sarkozy veut être président (si si), l’entraînant dans des débats sans fins sur le pouvoir d’achat des dentistes du Berrichon, alors que ce dernier ne voulait a priori qu’acheter un kilo de tomates au marché et voter Laguiller comme il l’a toujours fait.

Pourtant, on ne le dit pas assez, les américains ont tout piqué à NOTRE campagne de 2007. Et oui. Hillary est une femme. Novateur ? Ca ne vous rappelle pas une certaine Ségolène R., notamment pour le côté « moi non plus mon parti ne veut pas de moi » ? Ron Paul à moins de 1% des voix, mais, bon sang de bien sûr, c’est GERARD S.! Et ce côté geek sur lequel on bave, pauvres inconscients, Nicolas Sarkozy l’avait déjà inventé avec les « 72 heures de l’UMP » ! Annonçant sur SarkoTV « Il reste 72 heures, il FAUT dialoguer. » (Arrêtez de taper donc), Sarkozy avait lâché son armée de mecs se levant à pas d’heure, pour se planter sur un pont, respirer le bon air pollué du périph et dire : « On a de bonnes réactions, des klaxons, des éclats de rire ».

Et ces opérations à gros budgets ?

* « Opération parkings de supermarchés »
* « Sarkomobile à Dijon et son agglomération »
* « Opération K-Way Bleu à Toulouse » (Ville rose en plus.)
* « Opération Deux Minutes Pour Convaincre » (alors que sur France 2, c’est quand même 120 min, tout augmente)
* « Une voiture à Albi ! » (Merci Sarkozy d’amener la modernité dans cette oubliée de la révolution industrielle)

Voilà pourquoi vous n’avez rien loupé. La vérité sortait du café, des gâteaux gratuits, des messages Facebook de Richie (« Et un message de X qui euh, va se coucher parce qu’il est tard… »). En tout cas SUREMENT pas de l’ambiance de folie lancée par un Duhamel surexcité, réclamant un « Born in the USA » repris en cœur par tous ces glandus matinaux de Sciences Po, encore tout fébriles d’avoir entendu auparavant une autre chanson tout aussi incroyable ; que je vous invite d’ailleurs à écouter en boucle sur http://www.youtube.com/watch?v=PvuQ3KTWF_0. YES WE CAN, alias « YES WE CANNE » (merci RSP).

Non le Calamar ne fait et ne fera pas de commentaires politiques, au mieux il les tentaculera dans les couloirs. Il remercie donc son consultant anonyme pour cette analyse : « la principale différence avec les élections françaises, c’est quand même qu’ici on est tous pour le même. ».

Analyses retrouvées lors de la table-ronde (haha, alors qu’ils n’étaient pas à une table, et même pas en cercle ! Sans compter la pertinence d’infos telles que « je venais ce matin en taxi et mon chauffeur noir était très heureux », dans un débat tellement en perdition qu’il se transforma en cours de Duhamel), nouvelle preuve de l’extraordinaire performance de l’équipe d’RSP, malgré ce « Il est 7h33, le jour se lève à Sciences Po et Obama est élu Président des Etats-Unis ! » hasardeux. SciencesPo. est peut-être à la pointe de la technologie, mais a priori, c’était déjà le cas depuis quelques heures, et je me refuse à accepter Jean-Pierre Elkabbach comme caution « s’il-l’annonce-c’est-que-ce-n’est-pas-encore-arrivé ». On sentait d’ailleurs la fatigue dans les propos de ce même animateur de RSP, hurlant « Il est 6h et tout ce monde à Sciences Po !!! », alors qu’il était quand même 7h55.

Alors, me direz-vous, quel intérêt ? Et bien aucun, bien sûr, si ce n’est d’avoir crée en direct live un groupe Facebook réclamant Barack à Sciences Po. Barack (oui, c’est mon pote, c’est ton pote, c’est ça la nouvelle Amérique, yes we can) à qui l’on s’empressera de remettre le DVD de la matinée, dixit les organisateurs.

A bientôt, sur le plateau des Enfants de la télé, ami(e)s élites de la nation.

* Pour s’excuser de ne pas faire de critique du DVD de Bienvenue chez les Ch’tis, le Calamar rend cet hommage discret mais certain au peuple du Nord et rappelle que les oreilles décollées de Barack Obama mettent sur le même rang Will Smith et Dany Boon pour reprendre le rôle du 44e président au cinéma. A noter que Bienvenue chez les Ch’tis serait repris aux USA sous le titre « Bienvenue chez les blacks » avec … Will Smith. Coïncidence ? Je ne crois pas, non.